Mélanie Whissell, metteure en scène, et Emmanuelle Brousseau, auteure et cometteure en scène, présentent Nous sommes les enfants du hangover 95 dans le cadre du Fringe Festival de Montréal à compter du 6 juin.

«Un feu qui nous fait avancer»

TROIS-RIVIÈRES — Même si elle est partie depuis quelque temps de Trois-Rivières, Emmanuelle Brousseau a encore un certain attachement pour son coin de pays. La preuve en est que c’est dans la cité de Laviolette que se déroule l’intrigue de la pièce Nous sommes les enfants du hangover 95 qu’elle a écrite et qui sera présentée dans le cadre du Fringe Festival de Montréal.

«Dès le début, je ne voulais pas que ça se passe à Montréal et comme je venais de Trois-Rivières, je trouvais ça intéressant d’ancrer l’histoire dans ma ville natale. Je suis partie de mes connaissances mais je suis retournée à Trois-Rivières avec ma codirectrice artistique, Mélanie Whissell et on a fait le tour de tous les panneaux pour trouver des points qui s’insérait dans notre histoire.»

Emmanuelle Brousseau est diplômée de l’École nationale de théâtre et possède déjà, à 25 ans, sa propre compagnie de théâtre Cabinet d’ingéniosités qui en sera à sa troisième participation au Fringe Festival de Montréal avec cette pièce qui raconte l’histoire de quatre personnes complètement disparates qui travaillent dans un bar menacé de fermeture. Elles tenteront de sauver l’établissement mais pour y arriver, elles devront se mettre d’accord sur la façon de faire et le faire ensemble.

Bien que l’action se déroule dans un bar qui a connu des heures de gloire dans les années 80-90, la nostalgie n’est pas le moteur principal de son œuvre théâtrale. La question qui est à l’origine de la pièce prend sa source dans la politique. «Quel héritage nous a été légué depuis les référendums ? Entre la Révolution tranquille et le deuxième référendum, on sentait une montée. Il y avait de l’espoir qui a complètement chuté depuis le deuxième référendum. C’est revenu un peu avec le printemps érable ou avec les marches pour le climat mais ce n’est pas pareil.»

Dans le défi que décident de relever les quatre comparses, il y a une forte symbolique sociale. «C’est vraiment en dessous», souligne-t-elle en ajoutant qu’aucune allusion n’est faite dans le spectacle.

«À travers ça, on voit un peu le reflet de notre société québécoise, où on est aujourd’hui et où on veut s’en aller. Ça se reflète aussi dans les personnages, dans la manière qu’ils réagissent et qu’ils se comportent dans le bar. Certains sont très motivés, d’autres ont tellement essayé avec les années et ils sont cyniques. Ça explore aussi comment les gens vont essayer de se rejoindre malgré la division, malgré les générations et toutes les communautés qui composent le Québec. Si on veut avancer, il faut avancer ensemble», martèle la jeune femme qui est allée à la rencontre des étudiants du Cégep de Trois-Rivières pour avoir leur vision.

«Il faut se demander aujourd’hui où on en est et où on veut aller. On a besoin de repenser à ça aujourd’hui avec les données qu’on a. Forcément, ce qu’on voulait avant n’est pas la même chose aujourd’hui. Il faut trouver un feu qui nous fait avancer.»

La pièce est présentée à six reprises en juin au Studio multimédia du Conservatoire. La première a eu lieu le 6 et les autres représentations restantes se tiendront le 10 à 21 h, le 15 à 14 h 30 et le 16 à 19 h 30. Elle se croise les doigts pour que la pièce soit éventuellement présentée à Trois-Rivières.