Le directeur du Musée des cultures du monde Christian Marcotte présente une première exposition choisie dans le contexte de la nouvelle appellation de l’institution de Nicolet. Il s’agit D’Apollon à DeGeneres qui retrace des couples homosexuels et lesbiens à travers l’histoire.

Un effort de sensibilisation à l’homosexualité

TROIS-RIVIÈRES — Le Musée des cultures du monde entre pour de bon dans sa nouvelle mission en présentant une exposition qui n’aurait pas pu être présentée quand il était encore le Musée des religions du monde. L’exposition s’intitule D’Apollon à DeGeneres et présente des couples homosexuels et lesbiens qui ont marqué l’histoire.

L’exposition a été conçue et réalisée par la Fondation Émergence qui a pour mission d’éduquer, d’informer et de sensibiliser la population à la réalité des personnes qui se reconnaissent dans la diversité sexuelle et la pluralité des identités et des expressions de genre. Cette exposition est constituée de panneaux informatifs qui présentent une cinquantaine de couples homosexuels ou lesbiens depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, des gens qui ont marqué l’histoire dans divers domaines.

Il s’agit de la première exposition qu’on peut attribuer à Christian Marcotte dans sa fonction de directeur du Musée des cultures du monde de Nicolet puisque les expositions présentées jusqu’ici avaient été programmées avant son arrivée. Il explique ainsi son choix: «On avait un trou dans notre programmation et on a regardé tout ce qu’il y avait d’expositions itinérantes disponibles qu’on pourrait présenter. Josée Wingen, notre coordonnatrice aux expositions, a vu celle-ci qui semblait très intéressante et on s’est dit: pourquoi pas?»

Même que la chose arrive à point au moment où l’équipe est justement en pleine réflexion pour définir l’orientation du musée sous sa nouvelle appellation. «Le Musée des religions n’aurait pas pu présenter pareille exposition mais pour nous, désormais, je pense que ça s’inscrit très bien. Concrètement, la nouvelle mission reste à préciser, notamment à travers nos choix d’expositions, et je pense que celui-ci y contribue très bien. Est-ce que c’est caractéristique de ce que nous allons faire à l’avenir? Je ne peux pas le dire de façon définitive; on réfléchit toujours sur les paramètres de notre mission. Ce qui est sûr, c’est que cette exposition reste dans la tradition de notre institution de porter le visiteur à la réflexion et dans ce cas précis, ça concerne une question culturelle au sens large.»

Il reste lucide quant aux réactions que le sujet pourrait peut-être provoquer. «Nous sommes conscients que ça pourrait froisser ou même choquer certaines personnes mais tout y est présenté sans chercher à choquer. Ça dit simplement que les couples homosexuels existent depuis toujours. Ça peut parfois susciter l’étonnement par rapport à certains personnages historiques mais ça reste de bon goût et ça ne cherche en aucune façon à provoquer. Je connais la Fondation Émergence et je sais qu’ils ne vont jamais dans cette direction; ils demeurent fidèles à une mission d’éducation et de sensibilisation.»

«De notre côté, de poursuivre le directeur, ce n’est absolument pas notre optique de chercher à allumer des feux. L’exposition est présentée de façon sobre et très convenable pour être accessible au grand public. J’espère que socialement, on a passé le stade d’être choqués par un sujet comme l’homosexualité quand il est traité avec bon goût. On essaie simplement de favoriser la tolérance et dans notre façon de faire ou dans nos choix de sujets, on demeure toujours soucieux de ne pas dépasser la ligne de la controverse.»

L’exposition vient avec du matériel pédagogique pour les visites scolaires qu’on commence tout juste à offrir aux écoles de la région; le Musée des cultures du monde n’a pas encore eu de demandes à ce titre. L’exposition sera présentée jusqu’au 10 mai prochain.