La directrice du Musée POP Valérie Therrien a fait l’expérience de la réalité augmentée avec animation 3D, un des trois prototypes implantés au Musée POP et qui seront désormais offerts aux visiteurs de l’institution pour bonifier leur visite.

Un coup de main de la technologie

TROIS-RIVIÈRES — Un an après l’annonce de sa création, le Muséolab accouche de trois prototypes nés de l’imagination et du savoir-faire des gens du Musée POP et des créateurs au sein d’entreprises du DigiHub. Ces nouveautés technologiques sont installées, fonctionnelles et font maintenant l’objet d’une période d’essai auprès du public qui pourra donner son opinion sur celles-ci et participer à leur amélioration.

Depuis l’annonce de l’association entre le DigiHub et le Musée POP, ce dernier s’est penché sur ses besoins et a identifié des enjeux à prioriser pour orienter les concepteurs. Les trois axes retenus sont: comment donner aux visiteurs un autre accès que les expositions à la collection du musée, comment améliorer l’accueil des visiteurs et comment bonifier leur expérience dans les expositions.

Trois innovations ont été présentées à la presse lundi après-midi. Hologo de l’entreprise du même nom, est un système d’affichage holographique qui permettra d’utiliser les images 3D pour informer et orienter les visiteurs à l’intérieur du Musée d’une façon plus dynamique ou même ludique.

Un autre prototype permettra aux visiteurs de voir, sur des tablettes fournies par le Musée, des animations en 3D et en réalité augmentée de certains objets de la collection du Musée. On doit cette innovation aux entreprises Concept numérique, Expertise Laser 3D - ISCAN et Miralupa. Grâce à l’animation, on pourra présenter l’objet dans le contexte de son utilisation. Pour offrir un exemple particulièrement éloquent, le fameux et monumental marche-à-terre installé à la base de l’escalier menant au second étage du Musée pourra, avec une tablette, être vu en action tel qu’il fonctionnait quand des chevaux en assuraient la force motrice.

La troisième innovation appelée Culture Go et réalisée par Rum & Code, est une application web qui ne nécessite aucun chargement préalable et permet la création de micro-expositions et la diffusion d’informations sur les lieux, artéfacts, œuvres d’une exposition ou tout autre point d’intérêt. Par exemple, en s’arrêtant devant un élément d’une exposition, les visiteurs pourront avoir accès via leur téléphone à toutes sortes d’informations supplémentaires sous forme de textes, d’images ou d’animations.

«On a voulu penser au musée de demain, voir comment la technologie peut répondre à des besoins et des défis pour les musées, d’expliquer Valérie Therrien, directrice du Musée POP. On a trois innovations qui n’en sont qu’au début de leur mise en place: on compte les améliorer pour les amener plus loin. Ça peut être une amélioration de plates-formes, une plus grande facilité d’utilisation ou de nouvelles fonctions qu’on pourrait intégrer. On invite donc le public à venir collaborer à ce processus en donnant son opinion.»

Un partenariat avec l’UQTR fera en sorte qu’un groupe d’étudiants colligera les données reçues des visiteurs pour leur donner une forme applicable. Lors d’activités spéciales, des observateurs seront mandatés pour noter les réactions des visiteurs et aider à déterminer si ces nouveaux outils sont au point. Cela dit, s’ils peuvent être améliorés, ils n’en sont pas moins installés définitivement.

Quatre expériences de réalité augmentée sont offertes au public de même que six expériences avec des codes à scanner pour ajouter de l’information sur certains éléments.

«Il faut aussi comprendre que ça ne transforme pas l’expérience de base, indique Valérie Therrien. C’est un ajout que les gens sont libres d’utiliser ou pas. On pense cependant que le public va avoir envie de les essayer. Par ailleurs, ça ne change pas notre vocation de base en tant que musée: nous ne changerons pas notre contenu ou l’orientation de celui-ci mais nous allons enrichir l’expérience.»

Par ailleurs, illustration de la collaboration à la base de la démarche, les entreprises impliquées profiteront de l’expérience de la mise en place au Musée POP pour faire connaître leur produit, l’améliorer et en peaufiner la mise en marché. «C’est une grande fierté de voir ce que les entreprises de chez-nous ont créé dans ce processus du Muséolab, d’indiquer Claudine Drolet, chargée de projet en patrimoine et muséologie numérique au DigiHub. Je suis vraiment heureuse de voir la collaboration créée entre le DigiHub et le Musée POP mais aussi entre les entreprises de l’incubateur qui travaillent ensemble dans ce projet et d’autres un peu partout au Québec.»

Pour le Musée, ces éléments de nouveautés devraient permettre à l’institution d’être plus pertinente, plus attractive auprès du grand public et en particulier auprès de jeunes générations. Comme ces prototypes sont originaux et exclusifs, ils pourraient s’imposer et susciter l’intérêt d’autres institutions du même type, ouvrant un marché aux entreprises mauriciennes tout en faisant du Musée POP un chef de file dans la confrérie des institutions muséales.