Des prestations de musiciens tels que le paniste Yannick Nézet-Séguin (photo) emporteront doucement les foules, même à distance, alors qu'elles seront diffusées en direct sur le web.
Des prestations de musiciens tels que le paniste Yannick Nézet-Séguin (photo) emporteront doucement les foules, même à distance, alors qu'elles seront diffusées en direct sur le web.

Un concert en direct avec Yannick Nézet-Séguin… au piano!

Sous une brise fraîche, le long du fleuve, le Domaine Forget de Charlevoix invite tous les amoureux de la musique classique à prendre une pause et à savourer le troisième et dernier événement de sa série Les Concerts Évasion. Diffusées en direct sur le web, le 2 août, dès 17h, les prestations des musiciens tels que Yannick Nézet-Séguin (piano) et Kerson Leong (violon) emporteront doucement les foules, même à distance.

En plus de ceux-ci, Yukari Cousineau (violon), Pierre Tourville (alto) et Vincent Bergeron (violoncelle) s’exécuteront sur la scène du Domaine Forget. Un concert du violoniste Kerson Leong, enregistré préalablement à l’Église de Saint-Irénée, sera aussi diffusé. 

Les cinq artistes interpréteront de la musique de chambre dont chaque partie est dédiée à un musicien. «Ce sont des occasions qui sont assez rares pour moi, de me mettre au piano et de jouer avec des musiciens qui sont aussi mes amis. Ce sont surtout des membres de l’Orchestre métropolitain et aussi Kerson Leong, qui était notre artiste en résidence l’année dernière», raconte Yannick Nézet-Séguin, pour qui cette prestation virtuelle est également une chance d’exercer son art malgré la pandémie et les nombreux concerts annulés. 

«Le plat principal» du spectacle sera d’ailleurs composé du Quintette pour piano et cordes de Johannes Brahms, un compositeur allemand. Une œuvre classique, très chère à Yannick Nézet-Séguin qui la joue depuis toujours : «C’est une de mes pièces préférées que j’aime revisiter à intervalle régulier. Pour cette fois-ci, ça fait trois jours que nous sommes au Domaine.» 


« On a eu l’occasion de vraiment travailler dans le détail, d’approfondir la pièce sans les contraintes de la vie rapide où il faut être productif à toute minute. Ça nous a fait du bien de s’arrêter avec la nature et de prendre le temps de bien faire les choses. »
Yannick Nézet-Séguin

L’homme, que l’on voit la plupart du temps avec son chapeau de directeur de l’Orchestre Métropolitain de Montréal, de l’Orchestre philharmonique de Rotterdam et de l’Orchestre philharmonique de Londres, est heureux de pouvoir, le temps d’un spectacle, remettre son tout premier chapeau de pianiste. 

«Je n’ai jamais arrêté de jouer, mais, aujourd’hui, je suis souvent plusieurs mois, voire même un an, sans avoir le temps de toucher le piano. Ce qui n’est pas recommandé ! Normalement, je devrais rester plus en forme, lance-t-il spontanément en aparté. Mais, justement, dans les derniers mois, jouer du piano plus régulièrement m’a apporté beaucoup. Au lieu d’être sur un podium et de donner les indications aux autres, j’ai pu être parmi les autres et produire le son moi-même, c’est très satisfaisant», indique-t-il, tout en racontant que, lors de ses études, le piano n’était, pour lui, que l’instrument qui le mènerait à sa future carrière de chef d’orchestre. 

À l’instar des deux premiers concerts, Françoise Davoine, animatrice à la radio de Radio-Canada et passionnée de musique classique, animera le spectacle composé de prestations musicales en direct ainsi que d’entrevues exclusives. 

Le numérique, un ami complémentaire 

En attendant que les règles sanitaires s’assouplissent encore, le chef d’orchestre croit qu’il est nécessaire d’enregistrer les spectacles dans de vraies salles avant de les diffuser sur le web. 

«Je pense que de faire une transition [entre les vidéos maison et les spectacles en salle] avec du contenu exclusif, enregistré dans d’excellentes conditions visuelles et sonores, […] ça peut donner quelque chose qu’on ne peut pas avoir quand on est [physiquement] dans une salle de concert. On peut donner l’impression de se promener autour des musiciens, d’être plus proche des instruments, de voir différents angles ou encore d’entendre de façon plus rapprochée», explique Yannick Nézet-Séguin, qui insiste toutefois pour dire que le numérique ne remplacera jamais les spectacles vivants. 

Surtout pas dans une salle comme celle de Charlevoix : «Le Domaine Forget de Charlevoix, c’est évidemment un de nos joyaux au Québec. C’est une salle de concert avec l’une des plus belles acoustiques. C’est un endroit magique.»