Après avoir reçu le prix Excellence de la Société des Musées du Québec, le Musée des Ursulines et sa directrice Josée Grandmont ajoutent à leur collection le Prix d’histoire du Gouverneur général du Canada.
Après avoir reçu le prix Excellence de la Société des Musées du Québec, le Musée des Ursulines et sa directrice Josée Grandmont ajoutent à leur collection le Prix d’histoire du Gouverneur général du Canada.

Un autre prix pour le Musée des Ursulines

TROIS-RIVIÈRES — Après une année 2019 faste, le Musée des Ursulines connaît un magnifique début de 2020. L’Institution trifluvienne vient en effet de remporter le Prix d’histoire du Gouverneur général pour l’excellence des programmes communautaires. La direction de l’établissement recevra le Prix des mains de Son Excellence Julie Payette le lundi 20 janvier lors d’une cérémonie à Rideau Hall.

Le Prix vise à honorer les projets novateurs qui incitent les communautés à explorer des aspects uniques de leur passé et à les faire découvrir. Il s’accompagne d’une bourse de 2500 $.

Le projet qui a été déposé l’été dernier sous le titre de l’initiative «1699-2018» comprend deux volets. On retrouve d’abord une vidéo à 360° produite à partir des témoignages recueillis lors d’entrevues avec les dernières sœurs résidant au couvent et d’une recherche historique approfondie effectuée dans les archives de la congrégation. Dans la seconde partie, le recours à la modélisation 3D et à la photogrammétrie, ainsi qu’à des tablettes électroniques, des écrans tactiles et des casques de réalité virtuelle permet de représenter le couvent des Ursulines tel qu’il était en 1715, 1897, 1962 et 2018.

«Avec ce projet, a indiqué Janet Walker, présidente et directrice générale de la Société Histoire Canada, le Musée des Ursulines de Trois-Rivières a réussi à rapprocher le passé et le présent en racontant des histoires qui enrichissent notre compréhension du Canada.»

Inutile de préciser que la directrice du Musée, Josée Grandmont, était comblée par ce nouvel honneur qui vient s’ajouter au prix Excellence de la Société des Musées du Québec, reçu à l’automne, de même qu’à l’agrément de la part du ministère de la Culture et des Communications qui s’accompagne d’une nouvelle aide financière à son fonctionnement. «Dans le contexte de tout ce qui est arrivé en 2019 avec le déménagement des religieuses et le changement de propriétaire pour le monastère après plus de 300 ans, ça nous apparaissait comme le bon moment pour déposer, pour la première fois, un projet pour ce Prix. D’autant que je savais que c’était un projet de grande qualité alors, disons que les astres étaient alignés. Si un projet pouvait nous valoir la chance de remporter un prix aussi prestigieux, c’était celui-là. N’empêche qu’on a été vraiment surpris et emballés quand on a appris qu’on l’avait obtenu.»

«C’est un prix qui est bien connu dans le milieu muséal et qui est prestigieux; personnellement, je ne connais pas d’autres institutions l’ayant décroché. J’ai eu la confirmation de son obtention peu avant une réunion du conseil d’administration; les membres savaient que nous étions parmi les finalistes mais disons que j’étais particulièrement excitée de leur annoncer la nouvelle. Ils étaient super contents, ç’a été un très beau moment.»

Pour la directrice générale qui n’est qu’à quelques années de la retraite, ce Prix arrive comme une consécration. «C’est l’aboutissement de nombreuses années d’investissement. Déjà, quand on a reçu le soutien du Programme d’aide au fonctionnement pour les institutions muséales, je me disais que je pourrais me retirer avec la satisfaction d’avoir contribué à mener le Musée jusque là. Avec les prix récents, j’ai encore plus l’impression d’un aboutissement de nos efforts. À travers les années, on a toujours continué à développer parce que les religieuses ont toujours été là pour soutenir notre super équipe. Là, on en récolte les fruits.»

C’est aussi en équipe que la direction ira recevoir le Prix à Rideau Hall alors que la directrice sera accompagnée de Sœur Yvette Isabelle, présidente du conseil d’administration et des consultants avec lesquels le Musée des Ursulines a travaillé pour mener à bien les projets primés. Josée Grandmont a aussi été invitée à prononcer une allocution d’une dizaine de minutes la veille de la remise des Prix.

L’honneur est d’autant plus satisfaisant qu’il est d’ampleur nationale et qu’il rappelle que la présence des Ursulines à Trois-Rivières a marqué l’histoire du Canada. «C’est la Nouvelle-France, rappelle Josée Grandmont. Marie-de-l’Incarnation est arrivée à Québec 30 ans après la fondation de la ville et les Ursulines sont venues ici 60 ans plus tard, en 1697. Trois-Rivières n’était encore qu’un tout petit bourg d’une trentaine de familles et les Ursulines y ont ouvert la toute première école pour jeunes filles en plus d’ouvrir un premier hôpital. C’est dans les livres d’histoire.»

Cet honneur constitue aussi un bel élan pour permettre au Musée de poursuivre sa mission même si les religieuses ont aujourd’hui quitté le monastère. Une toute nouvelle exposition qui sera inaugurée en mars viendra d’ailleurs marquer ce renouveau après une pause des activités du Musée entre le 20 janvier et le 4 mars, histoire de permettre la mise en place de cette nouvelle exposition.