Chloé Leriche, la cinéaste d'Avant les rues.

Un autre prix pour Avant les rues

La cinéaste Chloé Leriche a de quoi avoir le sourire accroché aux lèvres. Son premier film vient tout juste de décrocher un autre prix. Avant les rues, un film en langue atikamekw, a été sacré meilleur film québécois de l'année 2016 par les membres de l'Association québécoise des critiques de cinéma (AQCC). Ce n'est pas la seule raison de célébrer pour la Trifluvienne d'origine, elle a également mis en branle l'écriture de son deuxième long métrage.
Il s'agit du neuvième prix pour le long métrage, et ce, sans compter les mentions spéciales. Il revêt toutefois une importance particulière.
«Chacun des prix est prestigieux, mais celui de la critique ne vient pas des pairs. Ce sont des tripeux de cinéma, du monde qui en mangent, qui réfléchissent d'une autre manière au lien entre le cinéma et notre société. Quand on regarde la liste des films qui ont gagné ce prix, je peux vous dire que c'est tout un honneur», a lancé la cinéaste.
Pour Chloé Leriche c'est plus qu'une tape dans le dos et ce prix, il fait plaisir et il est très valorisant pour les Atikamekws.
«C'est évidemment leur culture, mais aussi leur travail. Ils sont vraiment fiers eux aussi», a-t-elle mentionné.
La liste des récompenses pourrait encore s'allonger. Avant les rues est six fois en nomination au prochain gala des Prix Écrans canadiens qui se tiendra le 12 mars.
Le film figure dans les catégories meilleur film, meilleure réalisation, interprétation féminine dans un rôle de soutien (Kwena Bellemare Boivin), interprétation masculine dans un rôle de soutien (Jacques Newashish, meilleure chanson originale (Nikan Boivin - Sokecimoyekw) et meilleures images (Glauco Bermudez).
Nouveau projet
Pendant que son premier long métrage continue d'accumuler les récompenses, Chloé Leriche a annoncé qu'elle avait commencé à travailler sur un autre projet. 
On en sait bien peu sur le synopsis de cette deuxième oeuvre, on ne veut pas vendre la mèche, mais elle impliquera encore une fois des Atikamekws. C'est une association naturelle, assure-t-elle.
«Je m'inspire librement d'un événement tragique réelle», a-t-elle timidement dévoilé.
«J'ai tellement eu de bons rapports avec les communautés autochtones. Tant que le film n'était pas sorti, je ne savais pas comment les communautés autochtones allaient réagir. Là, je sais que j'ai un lien fort avec eux», ajoute-t-elle.
L'approche pourrait être quelque peu différente, enrichie d'une première expérience exceptionnelle. 
«J'ai une expérience que je n'avais pas avant», soutient Chloé Leriche 
«Je me sens beaucoup plus libre et plus solide. J'ai l'impression que j'ai tellement eu une grosse vague d'amour que ça m'a beaucoup aidée. J'ai l'impression que je vais moins douter de tout. J'ai une autre énergie».
Toutefois, aucun échéancier n'a été établi pour la production et la sortie du deuxième film. 
«Avant les rues, il m'a fallu huit ans pour le faire. J'ai un échéancier dans ma tête, mais... [...] Le temps c'est le luxe que je peux m'offrir», assure-t-elle.
Entre-temps, son premier film sera disponible en DVD sur les tablettes de la librairie l'Exèdre à Trois-Rivières dès lundi et dans plusieurs autres endroits dès le 21 mars.