Moi?, le tout premier spectacle solo de l’humoriste Yves Pelletier, sera présenté le 5 mai au Théâtre du cégep de Trois-Rivières.

Un authentique touche-à-tout

TROIS-RIVIÈRES — Dès le moment où Yves Pelletier a annoncé qu’il allait présenter un premier spectacle en solo, il a suscité une grande curiosité tant dans le public que chez les observateurs professionnels. Les Trifluviens auront réponse à leurs questions le 5 mai, 20 h, au Théâtre du cégep de Trois-Rivières alors que les Shawiniganais devront attendre au 29 septembre pour savoir de quoi il en retourne.

Les échos et critiques de ce spectacle qui a officiellement pris son envol en janvier dernier sont positifs. Même au sein de RBO, Yves P. Pelletier était déjà singulier et les années n’ont rien changé à la chose. Le titre, Moi?, est déjà un indice de la quête d’identité qui sous-tend le spectacle et le contenu, varié et même éclectique, témoigne de la personnalité de l’humoriste à nul autre semblable.

Après trois mois de représentations, il se dit d’ailleurs très heureux non seulement du contenu de son spectacle mais de la réception du public. «Le projet s’est développé de façon très organique à partir de mon envie de retrouver la scène en solitaire. Je suis vraiment très content du contenu. Ce n’est pas un spectacle parfait, mais c’est très exactement à l’image de ce que je voulais et le ton, surtout, est celui que je souhaitais. C’est un spectacle qui me ressemble et qui est authentique.»

Bien sûr, l’humour, sous différentes formes, en est le tissu essentiel mais l’auteur et interprète est heureux d’y avoir inclus une touche personnelle qui relève davantage de l’émotion. «Bien sûr, je fais du stand-up, du récit, je fais des blagues et j’ai le goût de déconner mais il y a aussi des moments où j’ai envie de dire des choses sur un autre ton et j’en suis très fier. D’autant plus que j’ai vraiment une très belle écoute de la part du public. Les gens sont sensibles à ce que je leur offre et selon ce que je peux constater, ils l’apprécient.»

Moi? reflète par sa variété une facette de la personnalité de son auteur, touche-à-tout enthousiaste et plutôt candide. «J’ai fait toutes sortes de choses dans ma carrière: de l’humour, j’ai animé des émissions, j’ai fait des films, beaucoup de voyages et toutes ces choses continuent de me passionner. Ça fait partie de moi. Le spectacle reflète mon fort côté éclectique non seulement dans les sujets que j’aborde mais aussi dans la façon que j’ai de les présenter. Derrière tout ça, on sent mon envie très simple de m’amuser et le fait que j’aime profondément les gens. J’adore me promener au Québec pour aller à la rencontre du monde.»

Yves Pelletier travaille présentement à l’élaboration d’un film documentaire et dans la rigueur et la solitude qu’exige ce boulot, les spectacles sur scène s’inscrivent comme de bienfaisantes pauses. «Chaque spectacle est un cadeau que je me fais», résume-t-il.

Alors que la technique du stand-up est privilégiée par de plus en plus d’humoristes sur scène, l’approche Yves Pelletier tient moins à une technique qu’à un partage sincère de l’être qu’il est. «J’ai des bouts de stand-up mais je fais aussi du récit, je reprends des personnages que j’ai créés à travers RBO. Je dirais que les 90 minutes du spectacle se divisent à peu près également entre des personnages et de la narration. Évidemment, même dans mes récits, j’ai beaucoup de gags, je joue avec la langue, etc.»

Ses fans auraient sans doute provoqué des émeutes s’ils n’avaient pas eu l’occasion de revoir M. Caron, Stromgol ou le bulletin de nouvelles pour les malentendants or, ils sont tous de l’aventure tout comme Capharnaüm, personnage aussi créé au sein de RBO mais plus récemment. «Je constate que des gens de tous les âges viennent assister au spectacle: des parents avec leurs enfants et même des grands-parents. Ça me fait profondément plaisir de voir qu’il y a une pérennité dans ce que je fais et que ça passe d’une génération à une autre. Je me rends compte que ce n’est pas nécessaire d’avoir connu mes personnages pour les apprécier. Ils sont drôles en eux-mêmes sans que de jeunes spectateurs aient les références du passé.»

Avec l’expérience, l’humoriste note sa propre capacité à s’adapter à chaque public, aux réactions différentes dans chacune des salles devant un gag ou un autre. «Je m’adapte sans changer le spectacle mais à chaque endroit où je vais, j’aime lire le journal local pour savoir ce qui intéresse les gens, ce qui se passe dans ce coin-là et j’ai l’impression de faire une vraie rencontre différente à chaque soir.»

Les billets pour le spectacle sont disponibles via la billetterie de la salle Thompson.