Angel Forest sera au Grenier du Magasin général Le Brun le 16 juin.

Un anniversaire et une fête pour Angel Forrest

Angel Forrest entretient une sorte d'obsession pour le chiffre 11 au point d'en faire le concept de base de son dernier album, Angel's 11. Superstition tant que vous voudrez, ça lui a valu trois Maple Blues Awards il y a une semaine à Toronto. Le public trifluvien aura droit au spectacle de cet album le 11 mars, jour même du 50e anniversaire de la chanteuse.
Dire qu'elle s'en promet pour l'occasion est un euphémisme. À l'origine prévu comme une prestation en trio, elle a décidé de donner du tonus à son spectacle: ils seront cinq sur scène, peut-être six. Pariez pour six. «Hey! C'est ma fête de 50 ans: pas question de me priver! C'est l'fun d'ouvrir le band et d'ajouter des guitares électriques. On va chanter les chansons du dernier album mais d'autres aussi et du Janis. On va avoir du fun
En trio, la voix rauque de la chanteuse s'appuie sur deux guitares acoustiques. Quand l'envie lui prend d'enfler le son, elle remplace une guitare acoustique par une électrique ou deux, ajoute une basse et une batterie. Le niveau d'énergie est toujours élevé, même en acoustique, mais le rythme monte d'un cran», explique-t-elle dans son français légèrement cassé.
Le répertoire? Il ne change pas vraiment selon la formule. «Les chansons les plus rock de l'album, on les fait aussi en acoustique et ça brasse en masse», indique Denis Coulombe, conjoint de la chanteuse mais également son guitariste, coauteur et cocompositeur. «On peut tout faire en acoustique parce que c'est comme ça qu'on a composé nos chansons, poursuit Angel. J'aime cette formule parce qu'elle laisse beaucoup de place à ma voix. Mais quand c'est électrique, je vais danser plus, je vais avoir des moments avec chacun des musiciens, je vais aller dans la foule, etc. L'énergie n'est pas la même.»
Les fans trifluviens auront quasiment droit à une première à la salle Anaïs-Allard-Rousseau puisqu'il est extrêmement rare qu'Angel et sa bande présentent leur spectacle électrique en salle. 
«Les gens vont chanter, les femmes vont enlever leurs souliers et elles vont danser: on fait notre musique avec le public et c'est ça qui est l'fun. C'est ouvert: tout peut arriver.»
Denis Coulombe croit que sa conjointe va être déchaînée le 11 mars: ce sera son anniversaire, ils seront tout juste de retour de vacances en Italie et puis Angel Forrest entretient une affection particulière pour Trois-Rivières. Sa mère est née ici et bien qu'elle ait déménagé jeune, elle revenait chaque année au Sanctuaire Notre-Dame du Cap avec la famille. «C'est proche de mon chez-moi ici.»
Ses fans sont aussi très nombreux. Elle est toujours un puissant argument de vente pour Trois-Rivières en Blues. À cause, bien sûr, de sa voix puissamment expressive forgée par trente ans de métier et aussi une passion dévorante pour le blues.
«Je me donne complètement sur la scène. C'est viscéral. Je ne peux pas trop planifier un spectacle parce que c'est l'émotion qui prend le dessus.»
«Bien sûr, plus jeune, je ne faisais pas trop attention à ma voix mais ça fait longtemps que j'ai compris combien elle est précieuse. J'en prends un soin extrême parce que je sais qu'en spectacle, je vais me pousser au maximum. J'ai besoin de constamment dépasser mes limites musicales et artistiques. Il faut que la musique aille toujours plus loin.»
Elle croit que le public le sait et explique ainsi sa fidélité. Elle n'a sans doute pas tort. Seulement, il n'y a pas que le public. Aux Maple Blues Awards, les grands prix canadiens du blues, elle vient de remporter pour une quatrième année consécutive, un record, le titre de meilleure interprète féminine de l'année. Elle est plus fière encore du titre d'auteure et compositrice de l'année pour Angel's 11.
«J'ai réussi le défi d'écrire onze chansons pour onze guitaristes différents dans lesquelles on les reconnaît bien. Je suis super fière de cet album aux musiques très variées.»
Elle peut lui être redevable, également, parce qu'il lui a ouvert plusieurs portes. «Aux Maple Blues Awards, on a participé à un spectacle pour les gens de l'industrie et je n'ai jamais signé autant d'engagements. On s'en va bientôt en Espagne pour onze jours, après le spectacle de Trois-Rivières, on repart pour la Suisse pour la même durée. J'ai aussi des spectacles prévus à travers le Canada. C'est incroyable.» En passant, elle sera aussi au magasin général Lebrun le 8 avril.
Angel Forrest vit une belle période de sa vie. La proche cinquantaine lui sied bien.