Sarah Barbieux et Sylvain Chiasson ont fait le choix de reporter les festivités du 40e anniversaire de la troupe Caravane à l’an prochain.
Sarah Barbieux et Sylvain Chiasson ont fait le choix de reporter les festivités du 40e anniversaire de la troupe Caravane à l’an prochain.

Troupe Caravane: célébrer son quarantième... en quarantaine!

SAINT-PAULIN — L’année 2020 s’annonçait festive pour la troupe Caravane qui devait célébrer cette année ses 40 ans d’existence. Pour ce faire, trois journées de festivités devaient avoir lieu les 24, 25 et 26 juillet au Rond Coin de Saint-Élie-de-Caxton. La pandémie de la COVID-19 en aura toutefois décidé autrement, forçant du même coup la troupe qui jongle avec les arts de la scène et de la rue à célébrer cet anniversaire bien spécial... en quarantaine.

Mais comment peut-on célébrer un anniversaire lorsqu’on est confiné à la maison et que l’on doit respecter les mesures sanitaires en vigueur ? Pour la troupe Caravane qui s’est installée dans la région en 1991, plusieurs choix s’offraient à elle. Entre l’annulation complète des festivités, la présentation virtuelle de l’événement ou encore le report des activités, c’est la dernière option qui semblait être la mieux adaptée aux circonstances.

«Toutes nos activités devaient se faire dans une grande proximité, donc c’était évident quand on a vu l’ampleur de la pandémie qu’on ne pouvait pas fêter notre 40e anniversaire et qu’on ne pouvait pas condenser tout ça pour le faire virtuellement. J’ai discuté avec notre agent et il m’a dit, tu sais Sarah, les Jeux olympiques ont reporté leurs activités à l’année prochaine. Avec la troupe, on s’est donc consultés et on a dit oui, c’est ce qu’on va faire aussi. Et quand ça fait 40 ans que tu existes, une année de plus, ce n’est pas grand-chose», explique la fondatrice de la troupe multidisciplinaire, Sarah Barbieux.

La troupe Caravane se spécialise dans les arts de la rue et de la scène.

Ainsi, ce sont toutes les festivités, tant l’exposition de photos, le 5 à 7 qui se voulait rétrospectif que le spectacle de musique et de danse flamenco qui sont reportées à l’an prochain.

Mais sera-t-il toujours d’actualité de célébrer le quarantième anniversaire, un an plus tard, alors que la troupe aura finalement 41 ans? Cette question, c’est celle que Sarah Barbieux, son conjoint Sylvain Chiasson et les autres membres de la troupe se sont posée. Mais qu’à cela ne tienne, cet anniversaire n’avait d’autre choix pour toute la troupe que d’être célébré, et ce, même si l’événement aura lieu une année plus tard que prévu.

«On reporte nos festivités, mais on ne voulait pas non plus les annuler complètement parce que pour nous, célébrer le 40e anniversaire d’une troupe qui n’est pas subventionnée, c’est quelque chose. De plus, étant donné que notre spécialité est pas mal la fête, on trouvait ça trop triste de juste tout annuler. On aurait très bien pu le faire et on en a discuté ensemble, mais finalement, ce n’était pas une option», souligne Sarah Barbieux.

La troupe prend part à des événements de tout genre.

Bien que l’on pourrait penser que c’est avec une grande déception qu’on en vient à prendre une telle décision, loin de se laisser abattre, c’est avec beaucoup de résilience que la troupe entrevoit ce report du quarantième anniversaire.

«On n’a pas senti qu’on devait se battre pour fêter notre quarantième à tout prix. La troupe a plutôt choisi de rester sensée et d’aller vers la résilience. On se disait que les gens allaient comprendre et on doit faire confiance à l’avenir», précise Mme Barbieux.

Toujours en route

Toujours en route, tel devait être le nom donné à cet événement anniversaire. Ironique pourront dire certains, alors que le titre s’appliquera aussi bien aux festivités qui se dérouleront en 2021. C’est d’ailleurs ce constat un peu loufoque qu’en fait la fondatrice de la troupe.

Tous les événements de la troupe ont été annulés pour la période estivale.

«À chaque anniversaire, je donne un nom à cet événement et le plus drôle, c’est que celui de cette année qui devait s’appeler Toujours en route va aussi très bien fonctionner l’année prochaine, malgré les circonstances», se plaît-elle à mentionner.

S’adapter aux changements

Évidemment, qui dit report des activités dit également toute une logistique pour remettre à plus tard la tenue d’un événement similaire. En effet, plusieurs questions peuvent se poser afin de savoir comment vont se dérouler les festivités en 2021 et de quelle manière elles seront présentées.

Il est toutefois encore difficile à l’heure actuelle pour Sarah Barbieux d’en définir tous les tenants et aboutissants.

Les créations uniques de la troupe ont l’habitude d’impressionner lors de leur passage.

«On va probablement aller dans la même formule que cette année, mais évidemment, ça va dépendre si le Rond Coin va encore être disponible pour nous recevoir par exemple. Mais forcément, il va y avoir des choses qui vont changer. D’ailleurs, les dates ne sont pas encore prévues pour 2021, puisqu’il est encore difficile pour l’instant de faire une programmation, mais on a encore le temps de penser à ça.»

D’ailleurs, en un an, tout peut encore arriver et la vie telle qu’on la connaît pourrait très bien ne plus jamais être la même. Parlez-en à Sarah Barbieux! Toutefois, malgré l’incertitude qui plane toujours sur l’industrie culturelle, une chose est certaine, ce ne sont pas les changements qui font peur à la fondatrice de la troupe Caravane pour l’avenir.

«Les changements, on n’en a pas peur et on va s’adapter. Il faut aussi s’attendre à ce que le milieu au complet se transforme et on va certainement trouver des façons pour s’ajuster. De mon côté, j’aime me dire que dans la vie, les choses sont constamment appelées à changer. C’est selon moi souvent dans ces périodes de crise qu’on ouvre la porte à des changements positifs. Qui sait, peut-être qu’il va y avoir de belles surprises qui vont ressortir de cette pandémie», conclut-elle.