Le directeur général de la Cité de l’énergie, Robert Trudel, estime que les critiques concernant les subventions pour le spectacle du Cirque Éloize n’ont pas leur place.

Trois-Rivières veut sa part de gâteau

Trois-Rivières — La possibilité que la Cité de l’énergie ait accès à des subventions de la part de Tourisme Québec pour que le spectacle du Cirque Éloize, prévu l’été prochain, puisse se tenir est loin de faire l’affaire des intervenants du côté de Trois-Rivières. Si ce spectacle doit obtenir de l’aide financière, il apparaît normal aux yeux de certains que la production du Cirque du Soleil du côté de l’Amphithéâtre Cogeco obtienne elle aussi sa part du gâteau.

C’est notamment l’avis du député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, qui entend plaider pour que le principe d’équité soit respecté. «On a deux événements qui sont à peu près similaires, dans les mêmes dates et le même créneau. Moi, je ne vois pas comment on peut considérer ces deux événements-là de façon différente. On va travailler pour qu’il y ait une équité envers les deux événements au niveau du ministère du Tourisme», plaide-t-il.

Au cœur du débat se trouve la définition même du lieu où sera diffusé le spectacle, ce qui joue un rôle important dans l’application des critères élaborés par Tourisme Québec afin de répartir l’aide financière aux événements de ce genre. Alors que la Cité de l’énergie est considérée comme une attraction touristique, l’Amphithéâtre Cogeco s’inscrit comme une salle de spectacle. Un argument qui ne tient pas la route selon le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.

«Il y a les critères, mais il y a la logique aussi. On a beau dire qu’on ne peut pas subventionner des salles de spectacle, mais ça vaut quand la salle attire une clientèle locale. L’Amphithéâtre n’est pas qu’une salle de spectacle, c’est au niveau de l’événementiel. Au niveau de la Cité de l’énergie, on peut dire que c’est une salle comme la nôtre dans laquelle on monte un spectacle pour la période estivale. Cet argent-là ne servira pas aux expositions ni aux autres attractions de la Cité de l’énergie, il servira uniquement pour le spectacle», constate M. Lévesque.

Selon Yves Lévesque, il est inconcevable de penser que la Cité de l’énergie puisse recevoir une subvention à la hauteur de 80 %, selon lui, alors que l’amphithéâtre trifluvien ne reçoit rien pour le Cirque du Soleil.

«C’est un spectacle également qui attire une clientèle touristique et qui a un fort potentiel de développement économique. Les critères devraient être les mêmes. Il faut que ce soit équitable. Il n’y a pas d’argumentaire pour dire qu’on donne à un, mais pas à l’autre», croit-il.

Tant Yves Lévesque que Jean-Denis Girard entendent plaider la cause devant la ministre Julie Boulet. «On a la chance que notre ministre régionale soit la ministre du Tourisme, donc je suis convaincu qu’on aura une bonne écoute de la part de notre ministre du Tourisme. Ces spectacles, c’est très bien pour la région, ça peut être une belle marque de commerce, mais en termes de soutien financier, je crois que deux événements similaires méritent le même traitement de façon équitable», ajoute Jean-Denis Girard.

Une subvention justifiée pour la Cité de l’Énergie

Une vision qui est toutefois bien différente du côté de la Cité de l’énergie, alors que son directeur général Robert Trudel estime que les critiques concernant les subventions n’ont pas leur place, en raison notamment du créneau spécifique des deux endroits.

«Ce n’est tout simplement pas justifié, car  notre situation est complètement différente. Nous, on est une attraction touristique, contrairement à l’Amphithéâtre. De notre côté, on applique pour des programmes dans lesquels ont est admissible et l’Amphithéâtre fait la même chose», soutient-il.

Par ailleurs, pour Robert Trudel, l’annonce de ce spectacle en début de semaine avant l’approbation de son conseil d’administration n’était qu’une formalité, lui qui a eu facilement l’aval de son C.A mercredi matin, alors que les billets pour le spectacle du Cirque Éloize sont déjà en vente depuis mardi.

Une vente de billets qui dépasse d’ailleurs les attentes à la Cité de l’énergie, après seulement deux jours de vente. «La vente de billets a commencé en trombe mardi. Si on compare aux années précédentes, on constate une nette progression de la vente de billets», précise M. Trudel.

Malgré une subvention qui se fait toujours attendre à la Cité de l’énergie afin de produire le spectacle du Cirque Éloize, Robert Trudel reste tout de même confiant de la suite des choses.

«On n’a toujours pas eu de nouvelles pour la subvention, mais je suis très confiant que la réponse de Mme Boulet va être positive, car elle a toujours bien collaboré avec nous.»

En collaboration avec Amélie Houle