Des étudiants du Conservatoire d’art dramatique de Québec ont présenté le spectacle d’ouverture de la 10e édition du Festival international de théâtre francophone de Trois-Rivières qui se déroule au cours de la fin de semaine à l’école secondaire Chavigny.

Toujours pertinent, le Festival international de théâtre francophone de Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Ce n’est pas le but de l’événement mais il se peut que la 10e édition du Festival international de théâtre francophone de Trois-Rivières suscite des vocations. Ou pas, mais il aura créé des rencontres dont les jeunes se souviendront longtemps.

L’événement se déroule depuis vendredi et jusqu’à dimanche à l’école secondaire Chavigny et réunit plus de 275 participants, accompagnateurs et animateurs. Les organisateurs accueillent neuf troupes de théâtre en provenance de Beauceville, Montréal, Laval, Rouyn-Noranda , Val-d’Or en plus des deux troupes de l’école Chavigny. Et comme le mot international n’est pas qu’une question d’appellation, on accueille aussi trois troupes venant respectivement des Émirats Arabes Unis, de Turquie et de Lituanie.

Chaque troupe présentera une pièce en français d’une trentaine de minutes, pièce qui sera discutée ensuite avec les autres participants. Les jeunes profiteront également d’une série d’ateliers offerts par des comédiens professionnels dont quelques anciens élèves de l’option théâtre de Chavigny. De plus, les jeunes festivaliers ont assisté vendredi soir à une pièce offerte par des finissants du Conservatoire d’art dramatique de Québec.

Le festival est mis sur pied par l’Association québécoise des écoles festives en théâtre (AQEFT) qui est un membre de l’artDRALA, organisation internationale du même type qui réunit des représentants de 23 pays. Le festival trifluvien permettra de déterminer quelle troupe québécoise ira au prochain Festival des festivals, celui de 2020, qui aura lieu à un endroit encore à déterminer.

Ce grand événement annuel s’est tenu à Trois-Rivières en 2009, dans le cadre des fêtes du 375e anniversaire de la fondation de la ville et il est déjà acquis qu’il sera de nouveau présenté au Québec en 2022.

«Compte tenu de notre capacité d’accueil, on pourrait difficilement accueillir plus de quatre troupes étrangères, explique Lysanne Labrecque, enseignante à l’option théâtre de l’école secondaire Chavigny et vice-présidente de l’AQEFT. Les représentants de tous les pays membres voudraient bien venir mais il y a des coûts considérables liés à un voyage outre-Atlantique et tous ne peuvent donc pas se le permettre.» Il reste que le Festival couvre beaucoup de territoire puisque l’an dernier, par exemple, des troupes venaient de Roumanie et d’Italie. Les visiteurs de cette 10e édition proviennent d’écoles de la ville de Kaunas, en Lituanie, d’un lycée de Dubaï et d’une école secondaire d’Izmir, en Turquie.

Si le théâtre est au centre de ce festival, il est clair que celui-ci se veut aussi un prétexte à la rencontre de différentes cultures dans une célébration du théâtre de langue française et de l’amitié internationale. «Pour les jeunes, on pense que c’est de plus en plus pertinent de présenter cet événement, d’indiquer Lysanne Labrecque. Les jeunes communiquent par l’intermédiaire des réseaux sociaux très souvent et n’ont plus tellement l’occasion de se rencontrer en groupe. Tout au cours de la fin de semaine, ils vont se rencontrer pour vrai et se parler pour vrai. On se dit entre nous à la blague que si des couples se forment pendant la fin de semaine et qu’ils s’embrassent lors de la disco, le festival sera réussi. Les jeunes de la Beauce sont ici à chaque année et ils sont près d’une cinquantaine. D’autres sont venus en autobus de l’Abitibi exprès pour cette rencontre. Ils aiment ça. Les jeunes n’ont plus guère de lieux de rassemblement et on leur en offre un. Comme le nombre d’inscriptions monte à chaque année, ça prouve bien la pertinence de présenter ce festival.»

Il n’y a pas que les jeunes qui y reviennent. Plusieurs anciens élèves de Chavigny sont présents en fin de semaine pour offrir des ateliers. «Les animateurs sont très enthousiastes de revenir année après année. Ils se revoient chez les jeunes participants. Par exemple, le spectacle d’ouverture est offert par les finissants au Conservatoire d’art dramatique de Québec et le metteur en scène, David Boily, est un ancien festivalier en provenance de la Beauce qui a joué pour la toute première fois dans le cadre de ce festival. C’est un beau retour d’ascenseur de sa part et ça nous touche beaucoup.»

Mentionnons également la présence de la dramaturge bien connue Annick Lefebvre, qui a notamment travaillé à l’adaptation du texte d’Antigone de Sophocle pour une production qui est présentement offerte au Trident, à Québec. Une de ses pièces sera jouée au cours du Festival international de théâtre francophone de Trois-Rivières et elle a tenu à y assister. Comme quoi le plaisir n’exclut pas une approche sérieuse du théâtre.