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Les codirecteurs artistiques Sylvain Robert et Roxanne Pellerin ont mené le projet Personnages confinés depuis plusieurs mois et le résultat de leur travail, en capsules vidéo est disponible sur le site de la compagnie de théâtre trifluvienne et sa page Facebook.
Les codirecteurs artistiques Sylvain Robert et Roxanne Pellerin ont mené le projet Personnages confinés depuis plusieurs mois et le résultat de leur travail, en capsules vidéo est disponible sur le site de la compagnie de théâtre trifluvienne et sa page Facebook.

TNC: le théâtre autrement

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — La célébration du 100e anniversaire du Théâtre des Nouveaux Compagnons est entrée en collision frontale avec la pandémie de coronavirus qui a chambardé tous les plans. Appelée à se réinventer, la direction de la compagnie a tout de même pu mettre sur pied un projet tout à fait intéressant sous le titre général de Personnages confinés.

Il s’agit de courtes capsules vidéo d’une durée pouvant aller jusqu’à 4 minutes, dans lesquelles des comédiens de la région interprètent un monologue qu’on doit à un auteur de la région. Le tout est filmé en plan-séquence dans une mise en scène qui replace habilement le monologue dans son contexte. Depuis le 1er décembre dernier, à chaque mardi soir sur le coup de 19 h, une nouvelle capsule est dévoilée sur la page Facebook des Nouveaux Compagnons de même que sur le site internet de la compagnie trifluvienne (tnc.quebec).

Jusqu’ici, 11 de ces monologues ont été diffusés sur un total de 17, fruits du travail de 14 auteurs de la région. La formule mise de l’avant par Roxanne Pellerin qui a fait appel au réalisateur trifluvien Sylvain Robert pour agir comme codirecteur artistique implique que chaque comédien a travaillé en compagnie d’un mentor dans son étude du texte.

«L’idée, explique-t-elle, c’est qu’on voulait se rapprocher le plus possible de l’expérience du théâtre puisque par nature, nous sommes une compagnie de théâtre. Plutôt que de laisser les comédiens travailler seuls leur texte, on voulait qu’ils aient une interaction avec un mentor pour recréer la collégialité qu’on retrouve au théâtre. Ça s’est fait de façon virtuelle, par la force des choses, mais ça a permis un échange et une interaction précieuse qui ont rapproché ce travail de l’expérience dont nous sommes privés depuis le début de la pandémie.»

«Le projet permet à des artistes de la région de vivre le plaisir du jeu et même si ça se fait à distance, c’est intéressant. Ça nous fait découvrir une autre façon de faire qui a ses avantages et sa richesse. Ça a quand même impliqué 26 comédiens et mentors, ce qui est considérable.»

Une autre facette très intéressante du projet vient de ce qu’on a impliqué des auteurs d’ici. «On a fait un appel via la Société des écrivains et écrivaines de la Mauricie, explique l’instigatrice. On a reçu des dizaines de textes, beaucoup plus que ce à quoi on s’attendait. Nous étions très heureux du résultat, de la diversité de l’offre, mais aussi de voir que les auteurs ont été si enthousiastes à y participer. Il ne s’agit pas forcément de textes écrits expressément pour le projet, mais souvent d’une adaptation d’un extrait tiré d’un roman ou d’un autre type d’ouvrage. Tous les textes présentent des univers foncièrement différents les uns des autres.»

«On a fait une sélection dans une volonté d’avoir une belle variété de textes, mais aussi un peu en fonction des interprètes. On ne voulait pas avoir que des textes dramatiques ou de la comédie. On les a proposés aux interprètes en octobre et les tournages ont commencé à la mi-novembre. Les tournages se poursuivent toujours, d’ailleurs. On présente les capsules complétées par série de quatre qui sont annoncées en même temps et lancées sur le web à raison d’une par semaine. En tout, il en reste encore sept à dévoiler.»

Bien que très énergivore et exigeant en temps de travail, le projet demeure emballant pour ses meneurs de jeu. «L’implication de Sylvain a octroyé un niveau de qualité qui fait une grande différence. Comme il s’agit d’un nouveau médium pour nous, c’est un apport inestimable. De plus, on a quand même été en mesure de conserver un cachet qui rapproche la démarche du théâtre grâce au plan-séquence qui implique quelque chose de vivant qui n’est pas modifié au montage. Oui, c’est exigeant, mais on est tellement satisfait du produit qu’on songe quand même à la possibilité d’une deuxième saison pour Personnages confinés.»

«C’était important d’offrir un niveau qualitatif qui puisse satisfaire aussi bien le public que les artisans et franchement, je pense qu’on y est arrivé. Entre l’idée que j’en avais au départ et le résultat que je constate aujourd’hui, il y a une bonne différence qui me ravit. Mon projet initial impliquait quelque chose de plus dépouillé, mais bien que ça demeure sobre, et grâce à l’expertise de Sylvain, on a pu raffiner le produit.»

La perspective d’une deuxième saison apparaît d’autant plus légitime que Roxanne Pellerin se dit très heureuse de la réaction du public. «À chaque nouvelle sortie, on constate qu’il y a des gens qui l’attendent le mardi à 19 h. On peut compter une bonne centaine de visionnements dans l’heure qui suit la publication, ce qui est très bon. Les commentaires qu’on reçoit sont aussi très élogieux alors, on se dit que ça répond à une demande.»

«Un des avantages de la formule, c’est que les capsules demeurent disponibles à long terme pour le visionnement aussi bien sur la page Facebook que sur le site des Nouveaux Compagnons. On se demande si on ne pourrait pas, dans le futur, les regrouper dans un quelconque document qui donnerait une référence précise au public pour retourner les consulter.»

Si la célébration officielle et concrète du 100e anniversaire des Nouveaux Compagnons devra attendre, elle est assurément bien entamée par ce projet riche et novateur. Cent ans, apparemment, c’est tout jeune.