C'est avec beaucoup d'enthousiasme que l'équipe des Nouveaux compagnons a dévoilé la programmation de sa 98e saison. On reconnaît, devant, Ève Lisée, directrice artistique, Annie Trudel, Robert Turcotte et Adamo Ionata, les trois metteurs en scène pour cette année et, derrière, Yves Deguire, président de la troupe.

Théâtre des Nouveaux Compagnons: un bon vent s'amène

C'est un bon vent tout frais qui souffle sur le Théâtre des Nouveaux Compagnons en cette 98e saison d'existence de la troupe. La brise rafraîchissante se fait sentir tant au niveau de la programmation que parmi le trio de metteurs en scène qui lui donneront vie.
Tout d'abord, c'est la pièce Silence en coulisses, du Britannique Michael Frayn, qui ouvrira cette saison 2017-2018 du 9 au 18 novembre à la salle Anaïs-Allard-Rousseau. C'est ce qu'on pourrait décrire comme une métapièce. Alors que se déroule une pièce bien traditionnelle, l'histoire pivote pour exposer les coulisses et tout ce qui s'y passe à l'abri des regards des spectateurs. 
C'est d'ailleurs avec beaucoup d'enthousiasme que l'expérimentée metteure en scène Annie Trudel parlait de ce projet qui lui permet de faire entrer le public dans cet espace à l'ombre de la scène. «Je rêvais de faire une pièce où on voyait ce qui se passe dans les coulisses, j'ai fait beaucoup de technique et j'ai touché à tout. J'avais envie de faire découvrir au monde ce qui s'y passe.»
C'est donc avec patience qu'Annie Trudel a décrypté les (très) nombreuses didascalies de la pièce. «C'est un très gros défi puisqu'il faut timer tout ce qui se passe dans la pièce qui se joue à l'arrière de la scène, alors qu'on expose les coulisses en avant-scène. C'est assez complexe!», mentionne Mme Trudel, qui souligne également le travail réalisé par son équipe.
«J'ai une distribution extraordinaire. Il y a une grosse mécanique à installer, beaucoup de rythme. C'est une comédie alors il faut que ce soit drôle et que ça fonctionne.»
Du 19 au 22 janvier 2018, ce sera la pièce Pillowman de Martin Mc Donagh qui s'établira dans la salle Louis-Philippe-Poisson qui créera une ambiance de huis clos propice pour cette oeuvre qui navigue dans les eaux noires de l'humour.
Cette brise de nouveauté se fera particulièrement sentir avec cette première mise en scène d'Adamo Ionata qui compte plus de 20 ans d'expérience comme comédien. «Toutes les subtilités du texte m'ont attiré. Il y a beaucoup de références aux contes des frères Grimm dans un univers qui ressemble beaucoup à La métamorphose de Franz Kafka. C'est un peu glauque, on ne sait pas trop où on est. On est un peu dans le brouillard.»
La pièce raconte l'histoire d'un écrivain incarcéré avec son frère, dans un régime totalitaire parce que ses histoires horrifiantes ont des ressemblances troublantes avec des incidents qui surviennent dans la ville. «Ce qui est intéressant dans cette pièce, c'est qu'il y a trois sujets différents: l'intrigue policière, la relation entre les deux frères et tout le questionnement de l'artiste et la vraie raison de son art.»
Puis, pour clore cette saison toute en fraîcheur, on fera place à une grosse comédie burlesque Le génie amoureux, une pièce québécoise de Sophie Clément et Marcel Leboeuf qui se tiendra à la salle Anaïs-Allard-Rousseau du 12 au 21 avril. 
Un génie sorti d'un vase provoquera de nombreuses situations saugrenues et tombera amoureux d'une jeune femme. Un coup de foudre impossible car l'amour entre humain et génie est interdit. C'est à Robert Turcotte qu'a été confié le mandat de la mise en scène, une première pour lui. «Martin Drainville m'a toujours inspiré», raconte celui qui devait trouver un comédien capable d'incarner le rôle du génie. «Gabriel Godbout, il a tout pour faire ça! Maintenant, il reste juste à mettre de la dentelle autour.»
Présenter ce genre de pièce à la fin de la saison froide allait de soi pour Robert Turcotte. «On sort de la torpeur de l'hiver et je souhaite que les gens débranchent leur cerveau pour aller voir un vaudeville pour rire de bon coeur.» Tous les détails de la programmation sont disponibles sur le site tnc.quebec.
Le 100e anniversaire approche
Il y a déjà un an qu'un comité d'une dizaine de personnes planche sur les festivités entourant le 100e anniversaire. Parmi ce qui a été avancé durant la conférence de presse, Jean-François Pinard, porte-parole pour le comité, a parlé d'un projet de documentaire-reportage. Comme les démarches sont toujours en cours, les projets ne seront annoncés que l'an prochain. 
Pour le moment, l'équipe est à la recherche de financement et lance un appel au public qui aurait en sa possession des photos, vidéos ou costumes qui serviront à souligner cet anniversaire. Il est possible de contacter le comité au 100ans@TNC.quebec.