La comédienne sénégalaise Patricia Gomis est au centre du spectacle Petit bout de bois qui sera présenté au grand public le 2 mai prochain à l’église St. James.

Théâtre avec marionnettes et du cœur

Trois-Rivières — Dans le processus de mise sur pied de leur Fabrique de théâtre insolite, les Sages Fous ont déjà entrepris d’accueillir des compagnies internationales pour qu’elles se produisent chez eux. Après la new-yorkaise Lone Wolf Tribe en décembre dernier, c’est la compagnie sénégalaise Djarama qui offre treize représentations de son spectacle Petit Bout de Bois jusqu’au 2 mai à l’église St. James.

Le spectacle a déjà été présenté dans le cadre du micro-festival des Sages Fous en octobre dernier alors qu’il était en processus de création. Ce que la comédienne Patricia Gomis offre aujourd’hui est le produit fini. Onze des treize représentations trifluviennes s’adresseront à des groupes scolaires et communautaires alors qu’une autre, le 2 mai, s’adressera à des gens fréquentant le Service d’accueil des nouveaux arrivants. Pour ce qui est de la représentation publique, elle aura lieu le jeudi 2 mai à 20 h. Les billets, au coût de 20 $, sont d’ores et déjà en vente soit sur le site des Sages Fous (reservations@sagesfous.com) ou au 819-800-1679. Comme on ne peut accueillir que 100 spectateurs, il est recommandé de réserver rapidement sa place.

Petits Bouts de Bois est, en fait, une coproduction de Djarama et de la compagnie Le Tas de Sable - Ches Panses Vertes, de France. Le spectacle pose un regard décalé sur les chemins que traversent les enfants des rues au Sénégal. Près de 30 000 d’entre eux sont sortis de leur famille pour être confiés à des marabouts devant leur offrir un enseignement coranique mais qui les force aussi à mendier dans les rues des grandes villes.

Le spectacle avec des marionnettes explore leur imaginaire, leurs rêves et cauchemars. Il aborde la question de l’exclusion en s’arrêtant aux dysfonctionnements de nos sociétés et d’une mondialisation galopante. Le tout est enveloppé par une émotion habilement distillée qui en fait un spectacle très touchant.

Si le sujet peut paraître dur, les deux premières représentations offertes à des enfants du primaire ont convaincu les Sages Fous de la justesse de leur choix. «C’est extrêmement touchant et on a pu constater combien c’est venu chercher les jeunes, de confier South Miller, directrice artistique des Sages Fous, au terme des deux premières représentations. On l’a entendu dans les questions que les enfants ont posé à Patricia mais aussi grâce à des petits mots qu’on invitait les enfants à écrire et qui sont d’extraordinaires messages d’espoir et d’amour.»

«C’est mobilisateur pour eux et Patricia leur a demandé d’écrire une lettre aux dirigeants du Sénégal pour la cause. Elle compte les amasser à travers tous les endroits où elle va présenter son spectacle pour ensuite les déposer auprès de son gouvernement.»

Pour ce qui est du choix initial de ce spectacle, il tient surtout à la réception que le public lui a donnée dans le cadre du micro-festival de théâtre insolite. «Quand on aura mis sur pied la Fabrique de Théâtre insolite, on aimerait présenter des spectacles dont au moins une partie aura été créée ici, à Trois-Rivières, et c’est le cas avec celui-ci. Nous ne cherchons pas à avoir une mission sociale mais nous ne refuserons pas non plus des spectacles de ce genre surtout s’ils sont de la qualité de Petit bout de bois.»

Puisqu’on parle de l’éventuelle Fabrique de Théâtre insolite, South Miller assure que le projet va bon train. On en est encore à constituer le dossier pour l’ensemble du projet d’immobilisation avec tous les documents requis par les différents ministères. «On a déjà un dossier de quelque 700 pages mais c’est important d’avoir tous les documents officiels pertinents. Nous savons que le ministère du Patrimoine à Ottawa est intéressé par notre dossier d’où l’importance de tout compléter avant l’élection fédérale de sorte qu’advenant un changement de gouvernement, le dossier sera prêt à être étudié par le prochain.»

«Tout avance très bien mais on savait que ce serait long. Un projet d’immobilisation de l’ampleur de celui-ci peut prendre de cinq à dix ans. Nous, on veut qu’il se fasse en cinq. Nous sommes bien conscients que les divers organismes qui subventionnent ne nous donneront pas 5 M $ sans nous faire travailler. On est là-dessus à temps plein, ce qui nous empêche quelque peu de travailler sur la création, mais le projet en vaut la peine.»