Malgré 35 ans de carrière et plus de 1100 spectacles présentés à travers le monde, l’enthousiasme des membres de The Offspring qu’on verra au FestiVoix vendredi soir, reste intact.

The Offspring: l’enthousiasme refuse de vieillir

Trois-Rivières — Le punk rock de The Offspring demeure tellement populaire qu’on en oublie que le mythique groupe californien existe depuis plus de 35 ans et que ses membres vieillissent. Mais si les quatre musiciens prennent de l’âge au rythme du guitariste solo Noodles, ils vont continuer de fréquenter les scènes du monde entier pendant encore longtemps.

De sa résidence californienne, le musicien se montre d’un enthousiasme inattendu au bout du fil. Et malgré sa mi-cinquantaine, il semble conserver une ferveur qu’on pourrait quasiment qualifier d’adolescente. Alors qu’il profite d’une pause de quelques jours dans la présente tournée du groupe qui l’emmène au FestiVoix ce vendredi, il dit avoir hâte de reprendre du service et franchement, il est convaincant. «Le repos c’est bien, mais ce que je préfère, c’est quand les spectacles s’enchaînent. Dexter (le chanteur du groupe) aime bien quand on ne joue que le week-end mais moi, j’adore partir sur la route pour quatre ou cinq semaines consécutives. On ne se soucie alors pas d’autre chose que du prochain spectacle et musicalement, on est à notre meilleur. De toute façon, comment peut-on se fatiguer de faire ce qu’on aime le plus dans la vie?»

Noodles, de son vrai nom Kevin Wasserman, indique que The Offspring offrira au public trifluvien un bouquet choisi de pièces puisées dans l’ensemble de leurs neuf albums incluant leurs plus gros succès. Ces chansons, constamment reprises à travers les quelque 1100 spectacles présentés par le groupe au cours de sa carrière jalonnée par des ventes de quelque 40 millions d’albums, ne semblent générer aucune lassitude chez Noodles. «C’est bête à dire mais j’adore jouer notre musique, tout simplement. Je peux jouer et rejouer nos plus gros succès sans jamais ressentir de lassitude. C’est vrai qu’on varie le plaisir à l’occasion pour essayer de rafraîchir les choses. Récemment, on a fait une série de spectacles sous forme acoustique, ce qui nous permet de revisiter les chansons, les réinventer un peu si on veut. Et puis, on travaille toujours à essayer d’améliorer l’ensemble du spectacle, rajouter des éléments, peaufiner la mise en scène, etc.»

«Malheureusement, notre toute nouvelle production ne sera pas tout à fait prête pour cet été alors, ce n’est pas cette mouture qu’on va présenter à Trois-Rivières mais le public va en avoir pour son argent. On est toujours susceptibles de changer certaines chansons la journée même mais c’est entendu qu’on va jouer nos plus gros hits en plus d’aller chercher des chansons peut-être un peu moins connues sans compter une ou deux nouvelles.»

Une chose frappe quand on passe à travers le parcours musical de The Offspring, c’est que l’esprit punk rock initial du groupe est demeuré intact à travers les décennies. «C’est vrai qu’il n’y a pas eu de changement de cap en cours de route, convient Noodles. On n’a pas eu notre album Sargeant Pepper’s comme les Beatles. Je ne peux pas dire à quoi ça tient sinon que nous aimons toujours autant cette musique et que notre niveau d’énergie est demeuré le même. Nous avons toujours des chansons dynamiques avec une forte ligne mélodique et quoi que nous tentions, nous en revenons toujours à ça naturellement. Dexter est un si bon compositeur.»

Un des indices offrant peut-être un début de réponse est que les membres de The Offspring continuent de s’abreuver à des classiques. «Récemment, nous avons réécouté beaucoup de Led Zeppelin, un groupe qui a toujours été une référence comme le sont les Ramones. On écoute leurs chansons avec plus d’attention, on décortique davantage pour s’inspirer. Mais en même temps, on écoute aussi des choses nouvelles, des artistes émergents, même dans des styles qui ne sont pas le nôtre. Mon fils de 17 ans me fait écouter toutes sortes de musiques que je trouve vraiment géniales dans le rap, notamment.»

«Au bout du compte, après s’être imprégné de toutes ces influences, quand vient le moment de jouer, ce qu’on recherche, c’est l’abandon: ne plus réfléchir, être complètement dans la musique en oubliant tout le reste. C’est comme ça que le son d’Offspring s’est fait et continue d’exister. Ce sera d’autant plus vrai chez vous que le public du Québec est tellement enthousiaste. C’est fou. Ça nous fait penser beaucoup aux réactions qu’on provoque en Europe. On a de super fans partout dans le monde mais certains publics sont nettement plus démonstratifs que les autres: c’est le cas au Québec et, j’imagine, à Trois-Rivières. On verra bien mais dites bien aux fans qu’on a très hâte d’y être.»

Le message est passé, Noodles.