The Offspring a offert toute une performance à la foule survoltée.

The Offspring: le plus gros succès de l’histoire [VIDÉOS]

TROIS-RIVIÈRES – La météo a encore fait des siennes vendredi soir au FestiVoix. Une violente, très violente tempête de décibels s’est abattue sur la scène principale et les probables 18 000 à 20 000 personnes qui y étaient entassées les unes par-dessus les autres.

C’était comme si tout ce que la région compte de fêtards avaient décidé de s’agglutiner pour se payer une cure d’énergie brute menée par un groupe, The Offspring, passablement démonté. Pour des gars qui traînent leur talent pour le pop rock accrocheur à travers le monde depuis 35 ans, ils ont d’exceptionnelles réserves. Il faut bien admettre que le public a constitué toute une borne de recharge avec ces milliers de corps qui bondissaient, bras en l’air, sur les tempos rageurs du groupe californien.

Dexter Holland et Noodles ont blagué sur le sujet en début de soirée quand le chanteur a demandé à son guitariste à combien il estimait la foule. «C’est incroyable. Je dirais 1 700 000! C’est un record de tous les temps et c’est vous qui l’avez établi» a lancé Noodles aux fans. Vous êtes fantastiques!»

On a quand même préféré leur petit laïus sur le fait que les Québécois sont les plus sexy de tous les habitants de toutes les provinces du monde et que les plus sexy des Québécois sont les Trifluviens. C’est clair que ces gars-là se tétaient une invitation à revenir jouer au FestiVoix. Personnellement, je ne dis pas non. Il y a une vingtaine de milliers de personnes qui ne disaient pas non également.

Le dg du FestiVoix Thomas Grégoire a été catégorique sur le fait que c’est le plus gros spectacle qu’il ait vu à l’événement. On a même dû bloquer l’accès au site quelques minutes avant le début du spectacle pour permettre une circulation du public, avant de le rouvrir. On n’y avait été contraints qu’une fois dans le passé lors du spectacle des Cowboys fringants il y a trois ans. Mais à l’époque, le site pouvait accueillir moins de monde.

Malgré l’enthousiasme qu’ils suscitent chez les fans, les Cowboys n’ont jamais créé autant d’excitation que ce qu’on a pu voir vendredi soir. À l’avant-scène, les fans devenaient hystériques dès que la batterie de Pete Parada et les guitares de combats s’unissaient pour marquer le rythme saccadé et caractéristique de la majorité des chansons du groupe, presque toutes de petits concentrés d’énergie délinquante.

Entre 18 000 et 20 000 personnes ont assisté au spectacle du groupe The Offspring.

Un a pu voir des fans se lancer dans du body surfing, de nombreuses bouteilles de plastique voler au-dessus de la foule, des jets de liquides lancés d’un peu partout. On a même vu un homme surexcité monter sur la scène pour aller toucher la guitare de Noodles en pleine action. Était-ce planifié? Peut-être bien, mais c’était diablement divertissant.

Ce qui est certain, c’est qu’aucune captation de quelque sorte que ce soit aurait pu rendre justice à la ferveur qu’on a sentie dans cette foule compacte. Toute une soirée dont le fleuve va se souvenir longtemps.

Ce n’est pas parce qu’on reçoit la visite d’un groupe qui a vendu 40 millions d’albums qu’on va oublier les autres artistes de la programmation qui en ont, eux, vendu 10 000. Je pense qu’on peut honnêtement parler de méchant contraste pour qualifier l’ensemble de la soirée de vendredi. Quand on pense qu’on a commencé la soirée avec Safia Nolin pour la terminer avec Offspring, c’est un peu comme changer sa Fiat 500 contre un Hummer en termes de dépense énergétique.

Notez, Safia Nolin a offert une très jolie prestation marquée par un sens de l’humour que je ne lui connaissais pas. Un choix parfait pour la cour de la Vieille prison très achalandée en cette parfaite température de 5 à 7. Ce n’est pas parce que certaines de ses chansons donnent l’envie furieuse de prendre un rendez-vous d’urgence avec son psychothérapeute que la Mme Nolin rechigne à rigoler, enlevez-vous immédiatement cette notion erronée de la tête.

Par contre, l’Olivier du meilleur stand-up de la soirée revient sans contredit à Philippe Brach, impayable sur la scène du couvent des Ursulines. Un sens de la répartie d’enfer, le jeune homme qui s’est permis quantité d’excellentes blagues et même des séances de questions-réponses avec le public.

Pourtant, son folk/rock/pop rocambolesque (répétez ça dix fois consécutives le plus rapidement possible puis prenez deux aspirines) ne manque ni de mordant ni d’une poésie un peu trash.

Un mot encore sur la scène des Voix libres et sa musique du monde. S’il n’y avait qu’une poignée d’amateurs le premier soir, c’était nettement mieux vendredi pour Capitale du Samba. Ambiance encore envoûtante agrémentée d’une délégation brésilienne qui ne s’est pas gênée pour danser pendant toute la représentation. Charme indéniable. Je vous parie une canicule en juillet contre une tempête de verglas en février que ça va devenir la scène chouchou de l’événement d’ici pas longtemps.