Pour amorcer sa 25e saison, le Théâtre des Gens de la place présente la pièce Le prénom, mise en scène par Éveline Charland.

TGP: Le prénom pour lancer la 25e saison

La fébrilité est grande pour les artisans actuels et passés du Théâtre des Gens de la place à l'aube de l'ouverture de cette 25e saison qui s'amorce avec la pièce Le prénom.
«Il y a un effet happening, ce qui profite aussi à la visibilité de la pièce. Tout le monde était excité. Il y a aussi beaucoup de gens qui ont gravité autour du TGP depuis les 25 dernières années et qui ont bien hâte de revenir nous voir», racontait Éveline Charland qui a le bonheur de lancer la saison 2017-2018.
L'oeuvre française écrite par Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière sera la 11e mise en scène d'Éveline Charland. C'est un coup de coeur qu'elle a eu en voyant le film qui mettait notamment en vedette un certain Patrick Bruel.
«J'avais vu le film quand il est sorti (en 2012) et, tout de suite en sortant du cinéma, je me suis dit que c'était une pièce de théâtre, avant même de savoir que c'en était une à la base, avec le huis clos, la montée dramatique. J'avais même déjà en tête les comédiens. Ça s'avère que ce sont les mêmes!»
Une équipe de rêve formée des chevronnés Martin Bergeron (Claude), Martin Francoeur (Pierre), Cindy Rousseau (Anna), Marie-Andrée Leduc (Élisabeth) et François Laneuville (Vincent). 
«J'avais le goût de me donner un gros bonbon, notamment en choisissant cinq comédiens avec qui je suis habituée de travailler pour pousser plus loin dans l'interprétation.»
L'histoire est celle d'une bande d'amis qui se retrouvera pour un souper où l'un des couples présents annoncera le prénom qu'il a choisi pour son rejeton. Le débat entourant cette décision entraînera une succession d'échanges désopilants qui dériveront du sujet initial.
«Il y a l'histoire du prénom du bébé qui est drôle mais ce n'est que le point de départ, ce n'est pas toute la pièce. C'est le début d'une enfilade de conflits. Ça devient une catastrophe cette soirée-là», raconte Éveline Charland qui avoue adorer ce genre d'ambiance.
«J'adore faire vivre, vivre et sentir des malaises au théâtre. Ç'a aussi un effet très comique.» 
Celle qui a, entre autres, signé la mise en scène de Durocher, le milliardaire et Appelez-moi Stéphane retrouve un filon qu'elle aime bien exploiter. «C'est un peu le même genre de thématique de gens qui sont à la recherche de ce qu'ils sont ou qui essaient d'être quelque chose. Les personnages dans Le prénom ont ça aussi. Ils discutent beaucoup chacun de leur personnalité, ils se critiquent.»
Éveline Charland a fait le choix audacieux de présenter la version française de la pièce. «Je trouve que la version québécoise, adaptée par Juste pour rire il y a quelques années, ne donne pas tout à fait le même effet que la version française. On était plus dans le théâtre d'été. Peut-être que c'est aussi l'humour français qui est différent. J'aime beaucoup les pièces françaises avec cet humour-là.»
Un choix qui vient avec un niveau de difficulté relevé pour les comédiens qui doivent assimiler cette façon de parler.
«Ce qui est le gros défi avec l'accent, c'est que par exemple si on déroge un peu d'une réplique, il y a un danger que les mots improvisés soient à connotation québécoise.»
Néanmois, Éveline Charland est très satisfaite du travail effectué par ses comédiens qui doivent aussi composer avec une scénographie très chargée. «Les comédiens doivent s'habituer au décor, on se retrouve vraiment dans un appartement parisien avec beaucoup d'affaires beaucoup de petits détails dans la décoration, beaucoup de livres évidemment parce qu'on est chez un couple d'intellectuels.»
«Ils ont été capables de se sortir de leur page de texte et de vivre dans le lieu et à être confortables.»
Les représentations auront lieu les 7, 8, 9, 14, 15 et 16 septembre à 20 h et le 10 septembre à 14 h à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.