La pièce «Soudain l’été dernier» sera présentée à la salle Anaïs-Allard-Rousseau durant deux week-end.

TGP: La vérité, toutes les vérités

TROIS-RIVIÈRES — Pour sa deuxième mise en scène au Théâtre des Gens de la place, Étienne Bergeron est allé puiser dans le répertoire d’un auteur qu’il affectionne particulièrement, Tennessee Williams.

«J’ai toujours aimé Tennessee Williams. J’ai été l’un des comédiens de la Ménagerie de verre présentée il y a quelques années dans une mise en scène de Patrick Lacombe», raconte-t-il d’emblée. C’est ainsi qu’il a jeté son dévolu sur Soudain l’été dernier.

«J’avais le goût de restaurer cet auteur avec cette pièce qui est un peu moins connue. Quand je l’ai lue, elle m’a tout de suite interpellé notamment par les thématiques qu’elle aborde.»

«C’est une pièce où on tente de démêler le vrai du faux, où les personnages essaient d’imposer leur vérité. Ça m’intéressait ces questions-là des personnes qui sont en position de pouvoir et qui essaient d’imposer leur vérité à d’autres personnes. Les personnes marginalisées qu’on va réduire au silence pour ne pas entendre leur vérité comme s’il n’y avait qu’une seule vérité absolue et que les autres ne devaient pas être exprimées.»

La pièce raconte l’histoire de Catherine qui est traitée comme folle après avoir été témoin de la mort du fils de madame Venable, une riche aristocrate qui veut la faire taire à tout prix.

L’une des répliques de madame Violet Venable résume d’ailleurs très bien l’esprit de la pièce qui a interpellé le metteur en scène. «Elle dit: "Ma vérité pas la vérité!" Elle affirme ça concernant des événements auxquels elle n’a même pas assisté pour faire taire Catherine qui essaie aussi de s’exprimer mais que personne ne veut écouter. C’est vraiment cet aspect de la prise de parole qui m’intéresse.»

Contrairement à sa première mise en scène au TGP, Sa Majesté des mouches, le défi qu’impose Soudain l’été dernier n’est pas dans la scénographie, qui est d’une grande simplicité, mais davantage dans la livraison du texte qui prend une grande importance.

«Ce n’était pas voulu comme ça mais c’est vrai que cette fois-ci c’est l’inverse. C’est vraiment le texte qui est mis de l’avant. Tennessee Williams travaillait beaucoup le texte. Le choix des mots et l’emplacement des virgules sont importants. On a passé beaucoup de temps à travailler l’interprétation. Comme je travaille en littérature, de travailler un texte, de l’approfondir, d’aller chercher toutes les nuances et de trouver tous les niveaux de sens, c’est vraiment important pour moi.»

Cette pièce lui permettait parfaitement de mettre de l’avant son expertise. «Au début, ç’a été un gros travail au niveau de l’interprétation parce que c’est une pièce où il ne se passe pas grand-chose. On relate des événements qui ont eu lieu dans le passé et qu’on raconte. Donc, c’est beaucoup dans le jeu des comédiens que ça se passe plus que dans la scénographie qui est relativement simple.»

Il lui restait à trouver les bonnes personnes pour porter cette mission. Étienne Bergeron a tenté d’avoir un certain équilibre dans sa distribution notamment en ce qui concerne l’expérience. «J’ai choisi certains noms connus comme Carole Lafrance et Marie-Hélène Rheault qu’on a vues souvent au TGP et qui sont des comédiennes solides sur qui je peux compter mais je me suis également servi des auditions pour découvrir des nouvelles personnes.»

Parmi ces nouveaux talents, il mentionne Laurence B. Lemaire qui interprète Catherine, l’un des rôles principaux. «J’espère qu’elle va continuer à faire du théâtre, que ce soit au TGP ou ailleurs à Trois-Rivières, ç’a été un coup de cœur pour tout le monde. En tout cas, sur scène, elle est vraiment éblouissante.»

À quelques heures de la première générale à la salle Anaïs-Allard-Rousseau, le metteur en scène semblait en pleine maîtrise. «Comme la mise en scène et la scénographie sont relativement simples, tout est sous contrôle. Il y aura quelques petits ajustements à faire mais pour le reste, j’ai l’impression que c’est l’une des fois où on est le plus prêt.»

Le rideau se lèvera sur la première le jeudi 6 décembre à 20 h. Des représentations sont prévues le 7, 8, 13, 14 et 15 décembre à 20 h ainsi que le 9 décembre à 14 h.