C’était il y a tout juste un an, à l’annonce du rachat du cinéma Le Tapis rouge par un duo formé de Jo~el Côté, à gauche, de Paul Langevin, au centre en compagnie de l’ancien propriétaire et fondateur, Jacques Foisy.Photo: Stéphane Lessard
C’était il y a tout juste un an, à l’annonce du rachat du cinéma Le Tapis rouge par un duo formé de Jo~el Côté, à gauche, de Paul Langevin, au centre en compagnie de l’ancien propriétaire et fondateur, Jacques Foisy.Photo: Stéphane Lessard

Tapis rouge: une année pour le moins mouvementée

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
Trois-Rivières – Ce dimanche 30 août, cela a fait un an, jour pour jour, que Joël Côté et Paul Langevin ont pris possession du cinéma Le Tapis rouge. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont vécu une année initiale pleine de rebondissements.

«Disons qu’on a appris qu’en affaires, il faut s’attendre à l’inattendu, commente Joël Côté. On a connu aussi bien le meilleur que le pire. Bien sûr, la pandémie de COVID-19 se classe dans cette dernière catégorie mais en septembre dernier, on a connu le meilleur alors qu’avec le film Il pleuvait des oiseaux, on a vécu le plus gros succès de l’histoire du Tapis rouge.»

«On peut dire que ç’a été notre E.T. ou notre Avatar à nous. Le film a conservé l’affiche pendant pas moins de 18 semaines et on a fait pratiquement salle comble à toutes les représentations pendant un mois et demi à raison de quatre représentations quotidiennes.»

«Jamais on ne se serait attendu à ça. On en était encore, Paul et moi, à se familiariser avec toutes les dimensions de nos tâches et ça nous est tombé dessus comme une grande bénédiction. Ce qui a été le plus bénéfique, c’est que ça a amené une forte clientèle de gens qui n’allaient plus dans les salles de cinéma depuis longtemps dont plusieurs qui ne connaissent même pas le Tapis rouge. Ça nous a donné une erre d’aller extraordinaire.»

Évidemment, à l’autre bout du spectre, les propriétaires ont été frappés de plein fouet par la pandémie de COVID-19. «Avant d’acheter le cinéma, on avait élaboré sept scénarios, allant du plus optimiste au plus pessimiste. Nul besoin de dire qu’on avait jamais imaginé quelque chose comme la COVID-19. Je dois avouer qu’avec Paul, à un certain moment, on a été très inquiets parce qu’on était dans le noir total sans percevoir de lumière au bout du tunnel.»

Heureusement pour eux, la réouverture a été possible avant que tout espoir soit anéanti. «La fermeture a été un dur coup mais depuis qu’on a rouvert nos portes en juillet, on est très contents parce que la courbe de fréquentation est en constante augmentation. Évidemment, le magnifique été qu’on a eu n’a pas poussé les gens à fréquenter les salles de cinéma mais notre clientèle nous est revenue de façon progressive et présentement, ça va super bien. On est repartis pour de bon.»

«À l’heure actuelle, on fait nos frais. On ne roule pas sur l’or, avec une capacité diminuée de 45%, mais on s’en tire bien ce qui nous donne bon espoir pour l’automne alors que l’offre de films est riche et que la météo va ramener encore plus de gens vers les salles de cinéma. Il est important de mentionner qu’on a eu un gros coup de pouce du propriétaire de la bâtisse que nous occupons, Pierre Barakett, qui s’est avéré un précieux partenaire dans les circonstances.»

Les deux propriétaires ont été heureux de constater que le public a été rassuré par les mesures d’hygiène mise de l’avant. «Ça représente beaucoup plus de travail pour nous avec un nettoyage complet des salles entre chaque représentation mais on voit que le public est rassuré puisque les gens reviennent après une première visite.»

«Désormais, c’est assurément la qualité des films à l’affiche qui dicte si les gens viennent ou pas et avec des films comme Nadia, butterfly, La déesse des mouches à feu, Jukebox, De Gaulle ou Maria Chapdelaine qui s’en viennent à l’automne, ça se présente très bien.»

À ce titre, Joël Côté s’estime chanceux. «Nous avons l’avantage de ne pas dépendre essentiellement de grands distributeurs américains qui ont pas mal le pied sur le frein présentement. Au niveau de l’offre, notre créneau de films de qualité accessibles n’a pas été tellement affecté par la crise.»

Après un an, les deux hommes d’affaires estiment avoir développé une bonne connaissance de leur clientèle mais ne sont pas à l’abri de surprises. «Présentement, La bonne épouse marche très fort et on a été surpris de l’excellente performance du documentaire Les Rose qu’il nous a fallu déménager dans la plus grande salle devant l’affluence. On a d’ailleurs remarqué la présence de plusieurs étudiants pour ce film, ce qui va dans le sens de ce qu’on note depuis la réouverture : la clientèle tend à se diversifier avec une hausse du côté des 18-25 ans, ce qui nous réjouit énormément.»

Quand on lui demande de cibler ce qu’il retient le plus de cette première année comme propriétaire de cinéma, Joël Côté ne réfléchit pas longtemps. «C’est l’attachement des gens envers le Tapis rouge. On a eu tellement de messages d’encouragement aussi bien à la fermeture que lors de la réouverture. On sent qu’on est solidement ancré dans la communauté et qu’un lien affectif fort s’est créé entre le public et notre cinéma et ça, ça me touche beaucoup.»