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Le Trifluvien Sylvain De Carufel a fait un amalgame des influences qui ont marqué son intense parcours musical pour présenter son projet musical Baudry avec un premier EP intitulé <em>The Fractal Sea</em>.
Le Trifluvien Sylvain De Carufel a fait un amalgame des influences qui ont marqué son intense parcours musical pour présenter son projet musical Baudry avec un premier EP intitulé <em>The Fractal Sea</em>.

Sylvain De Carufel sort The Fractal Sea: sa propre voix

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
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C’est sous le pseudonyme de Baudry que le Trifluvien Sylvain De Carufel a lancé son tout dernier projet musical. Une aventure foncièrement personnelle qui révèle sa créativité à ceux qui ne le connaissaient pas bien. Le projet a pris la forme d’un mini-album offert sous le titre The Fractal Sea et qu’on peut trouver sur la page Bandcamp de l’artiste au baudry.bandcamp.com.

Ce que révèle The Fractal Sea, c’est un musicien habité par un rock pur et dur mais en même temps, un créateur éclaté manifestement influencé par une certaine musique britannique des années 60 et 70.

Il raconte ainsi le processus créatif qui l’a guidé. «D’abord, il faut dire que je suis avant tout un chanteur de rock. Comme le travail avec le groupe Jardin mécanique est sur pause depuis quelques mois, j’avais envie de ce projet complètement personnel. J’ai tout fait par moi-même dans mon petit studio. Je pense que j’avais peur de me lancer dans une aventure aussi personnelle mais dès que la décision a été prise, je me suis simplement abandonné aux idées qui me venaient en tête. On peut dire que je me suis réinventé.»

Des idées, il en avait qui mijotaient, de toute évidence, puisqu’il calcule que de la composition des chansons jusqu’au produit final qui compte cinq œuvres, il ne lui a fallu que deux mois. «Avec la pandémie, j’avais davantage de temps à y consacrer et ç’a été mon projet phare pendant ces deux mois. Ça constituait une très grosse charge de travail, mais l’aspect créatif n’a pas été un problème. Mine de rien, avec 20 ans de métier dans le corps, je commence à avoir du bagage.»

On le connaît pour ses projets comme Pragma ou Jardin mécanique mais aussi pour sa participation à des groupes hommage consacrés à Aerosmith, Supertramp ou Harmonium. Ce qui ressort ici, cependant, ce sont ses influences personnelles. Il en cite quatre. «Je suis un très grand fan des Beatles et on le reconnaît dans ce EP. J’ai aussi été influencé par Aerosmith, les Doors et Jimi Hendrix. J’ai bifurqué un peu du rock progressif de Jardin mécanique pour aller dans la direction du rock classique avec un intérêt marqué pour la musique de fin des années 60 et le début des années 70.»


« Je pense que j’avais peur de me lancer dans une aventure aussi personnelle mais dès que la décision a été prise, je me suis simplement abandonné aux idées qui me venaient en tête. On peut dire que je me suis réinventé. »
Sylvain De Carufel

On y entend même des accents de rock psychédélique si assumé qu’il inspire l’identité visuelle The Fractal Sea. «J’aime, dit-il, l’ouverture d’esprit dont les musiciens et le public faisaient preuve à cette époque.»

Pour arriver à créer en deux mois un album, fut-il de seulement cinq chansons, il faut forcément être très inspiré. «Ce qui est extraordinaire, c’est que quand je me suis mis à la composition, je ne me suis jamais posé de questions. Je n’ai pas essayé de réinventer la roue, j’ai simplement suivi mon flot créatif. Je me suis fait plaisir et la musique s’est rapidement imposée à moi.»

«Ce qui me semblait évident, je le mettais. C’était finalement très spontané comme processus mais ça témoignait de tout le travail musical que j’ai fait au cours des années. Au sein des groupes hommage dans lesquels j’ai beaucoup joué, qu’on le veuille ou non, on décortique la musique, on s’en imprègne et ça nourrit forcément.»

On a beau parler des influences, il reste que les cinq chansons de Fractal Sea reflètent différentes approches. «Mon album préféré dans la vie est Sargent Pepper’s des Beatles sur lequel les chansons vont dans toutes sortes de directions différentes. C’est vrai aussi des différents albums de Queen que j’aime aussi beaucoup: chaque chanson semble être une entité unique avec son ambiance propre. C’est ce qu’on retrouve sur The Fractal Sea dans une sauce rock mais avec des emprunts à des genres inhabituels.»

Ce sera également le cas pour les EP à venir puisqu’il en a deux dont la composition est complétée et qui n’attendent que de sortir au grand jour dans le cadre d’une stratégie de marketing bien établie. «Je suis passionné par le marketing sur le Web et j’ai élaboré toute une approche pour ce projet musical. J’aurais pu sortir simplement des chansons une à une mais j’ai un attachement pour le concept d’un album qui témoigne d’une identité artistique particulière. Je compte sortir un autre EP à l’automne.»

Son approche est loin d’être unique et ce qu’il remarque, c’est qu’il est en train de se créer une communauté de fans qui le suivent sur le Web. «On est à une époque où tous les styles se côtoient. Avec Internet qui te met en contact avec le monde entier, il y a de la place pour tout. Même si mon style peut sembler niché, je vais toucher des fans de ce style à travers la planète. Mon objectif est de créer une communauté en diffusant essentiellement ma musique sur Internet. Je veux faire des spectacles quand ce sera possible mais j’aimerais avoir un revenu web qui me permettrait de ne faire que les spectacles que j’ai envie de faire.»

Comme il nourrit aussi une passion pour le visuel, il vise à produire un vidéoclip pour chaque chanson. «J’adore faire de la scène mais j’aspire à un mode de vie plus sain. Au cours des six dernières années, j’ai maintenu un rythme de quatre spectacles par semaine, pas toujours dans les meilleures conditions. À 39 ans, j’ai du plaisir à être à la maison et à manger les légumes sortis de mon réfrigérateur plutôt que du McDo sur la route. Le travail en studio tant pour la musique que le visuel est très attrayant à ce titre et me donne tout l’espace d’expression dont j’ai besoin.»

Ça explique sa décision de revenir s’établir à Trois-Rivières avec la qualité de vie que cela implique après un exil d’une dizaine d’années à Montréal. «Avec une petite famille, c’est une qualité de vie que j’apprécie énormément d’autant que ça ne me limite aucunement côté professionnel.» Comme quoi le rock classique et un mode de vie sain ne sont pas incompatibles.

Visitez la page Bandcamp de Sylvain De Carufel au baudry.bandcamp.com.