L’historien Yannick Gendron, à gauche, a uni ses efforts à ceux du documentariste Pierre Saint-Yves pour produire le film Sur les traces de Bochart qui sera diffusé pour la première fois dans le cadre de Ciné-Campus jeudi soir.

«Surt les traces de Bochart»: l’histoire qui prend vie

TROIS-RIVIÈRES — Après le lancement du bouquin L’énigme de Trois-Rivières, le travail de l’historien Yannick Gendron sera diffusé sous une nouvelle forme avec la présentation du documentaire Sur les traces de Bochart signé par Pierre Saint-Yves dans le cadre de Ciné-Campus le jeudi 26 septembre, 19 h 30, à la salle Léo-Cloutier du Séminaire de Trois-Rivières.

Le film d’une cinquantaine de minutes présente les grandes lignes de la thèse défendue par l’historien trifluvien à savoir que Théodore Bochart Du Plessis serait le véritable fondateur de la ville de Trois-Rivières plutôt que La Violette mais il l’illustre en montrant certaines phases de cette fastidieuse recherche.

Le film s’arrête notamment à la vie de Bochart après ses séjours en Nouvelle-France, montre les lieux où il a vécu, donnant au personnage une nouvelle dimension: une existence en somme.

«Je vois le documentaire comme une mise en images de ce que je dévoile dans le bouquin, considère Yannick Gendron. C’est une façon concrète de présenter le XVIIe siècle. Je le vois comme un outil complémentaire. On connaît les personnages de notre histoire pour la vie qu’ils ont eue en Nouvelle-France, mais c’est intéressant de voir qu’ils ont aussi eu une vie en métropole. Dans le cas de Bochart, d’ailleurs, c’est à son retour définitif en France qu’il s’est peut-être le plus illustré.»

Autre avantage, souligne l’historien, c’est que le documentaire a le grand mérite d’offrir d’autres voix à la narration que la sienne. «On a été sélectifs en donnant la parole à des historiens ayant des choses pertinentes à dire qui viennent étayer ce que j’avance. On y remarque que Pierre a un passé de journaliste et il a su donner les grandes lignes de ma théorie par ma voix tout en donnant une grande place aux spécialistes des différentes questions qu’on aborde. On aurait pu faire une minisérie avec le matériel qu’on avait mais Pierre a su bien ramasser les idées.»

Il faut dire que Saint-Yves est bachelier en histoire et il a mis sa formation à contribution.

«Je suis content de la rigueur de ma démarche, soutient-il. Je pense avoir su rendre un sujet aride plus accessible tout en respectant le sérieux du travail de Yannick. Je pense que son livre est déjà accessible mais le documentaire va contribuer à diffuser sa théorie auprès d’un plus vaste public.»

«J’ai travaillé fort avec très peu de moyens financiers pour rythmer le documentaire. On ne voulait pas d’une simple série d’entrevues: il fallait les doser tout en apportant de la variété dans les sujets abordés, les intervenants et les images. Quand on montre le château où a habité Bochart, par exemple, je trouvais intéressant de montrer ce que les occupants d’aujourd’hui y font.»

Le créateur souhaite évidemment la plus grande diffusion possible à son œuvre.

«Je ne sais pas sur quelle plateforme ça peut se faire mais son format de 50 minutes pourrait bien s’insérer dans une plage horaire à la télévision. J’ai ma propre chaîne YouTube alors, on va l’y retrouver mais je vais devoir réfléchir à comment le diffuser ailleurs. Qu’on aborde plusieurs sujets dont l’implication des protestants en Nouvelle-France fait qu’il n’intéressera pas que les gens de la région.»

L’entrée pour cette projection sera gratuite pour les membres de Ciné-Campus mais ouverte aux non-membres au coût de 8 $.