Sébastien Dionne doit créer 80 costumes pour le spectacle Stone du Cirque du Soleil.

Spectacle Stone: les secrets du costumier

À peine quelques jours avant la première du spectacle «Stone» du Cirque du Soleil à l'Amphithéâtre Cogeco, plusieurs personnes sont déjà à pied d'oeuvre en vue du jour J. Le costumier n'y faisant pas exception, c'est une véritable course contre la montre qui s'enclenche, alors que plus de 80 costumes doivent être créés pour l'occasion.
Même si plusieurs surprises restent encore à venir, ce sont des costumes pour la grande majorité colorés et grandioses, à l'image de Luc Plamondon que pourront retrouver les spectateurs lors de la première du spectacle Stone du Cirque du Soleil. Un costume mystère qui sera seulement dévoilé lors de la première représentation promet d'ailleurs d'être extravagant. 
Un défi de taille qui sera réalisé par le nouveau venu Sébastien Dionne. 
Embauché pour la première fois par le Cirque du Soleil, Sébastien Dionne a été appelé à se joindre à l'équipe par le metteur en scène du spectacle Jean-Guy Legault. Le concepteur de costumes, qui connaît bien le monde du théâtre, fait donc face à tout un défi avec le spectacle Stone.  
 «Dès que Jean-Guy m'a expliqué l'ambiance du spectacle, j'ai tout de suite embarqué dans le projet. Je suis vraiment content de pouvoir embarquer dans cette aventure. D'ailleurs, j'entre dans l'univers du cirque avec une ambiance qui ressemble à ce que j'avais déjà l'habitude de faire, donc c'est très rassurant», avoue Sébastien Dionne. 
À moins de six jours de la première représentation, la fébrilité se fait sentir au sein de l'équipe du costumier. 
Loin d'être en vacances, une grande charge de travail reste encore à faire pour l'équipe de création des costumes, alors que seulement 60 % sont complétés. À mesure que les répétitions avancent, ce sont plusieurs retouches et plusieurs ajustements qui doivent être faits par l'équipe de conception. «Puisqu'il y a beaucoup de changements de costumes pendant le spectacle, on en a entre 80 et 90 à confectionner. Mais même si je suis fébrile et que je compte les jours et les nuits avant la première, ça va très bien et j'aime travailler avec cette adrénaline», mentionne Sébastien Dionne. 
Le travail de création, qui a débuté au mois de janvier, est cependant un travail de longue haleine pour le créateur. 
«J'ai commencé par m'inspirer de plusieurs images et après je suis parti dans plusieurs directions avant de cibler le résultat final. Par exemple, pour un costume, on peut faire huit propositions avant d'opter pour le choix gagnant», souligne Sébastien Dionne.
Même si le chef d'orchestre principal des costumes est le concepteur Sébastien Dionne, une dizaine de personnes s'affairent à la conception des costumes pour le grand jour.
Le cirque, un domaine particulier
Avec des disciplines acrobatiques spéciales, la conception des costumes a dû être pensée
autrement pour permettre aux artistes d'effectuer leurs nombreuses prouesses.
«Nos costumes peuvent être très beaux sur papier, mais je devais aussi penser à la sécurité des artistes puisque chaque vêtement peut atteindre à leur sécurité. Le travail a donc été de proposer des costumes qui s'adaptaient bien avec les mouvements des artistes», soutient-il.
Le concepteur avoue, même si le choix est difficile à faire parmi toutes ses créations, avoir un faible pour le costume de style veston blanc et bleu avec les visages de femmes.
«Dès le départ, j'avais une idée du costume que je voulais créer pour ces deux personnages qu'on appelle les extravagants. Je cherchais quelque chose de très contemporain et baroque, mais avec des motifs pour bien représenter l'univers de Plamondon.»
Bien que plusieurs petits détails soient intégrés aux costumes de Sébastien Dionne, ce dernier est bien conscient qu'ils ne seront pas nécessairement perçus de tous. Malgré tout, ces petites attentions sont plus qu'importantes pour le concepteur.
«J'ai eu une grosse réflexion à ce sujet, mais pour moi, c'est important quand les artistes mettent le costume qu'ils sentent qu'il a été conçu pour eux. Ça les aide à se mettre dans la peau de leur personnage. Je trouve que les petits détails amènent une richesse et les gros détails amènent une structure», conclut-il.