Comme metteur en scène du spectacle <em>À pleines voiles</em> présenté jeudi soir à l’Amphithéâtre de la Cité de l’énergie, Bryan Perro s’estime privilégié de pouvoir compter sur une abondance exceptionnelle de talents.
Comme metteur en scène du spectacle <em>À pleines voiles</em> présenté jeudi soir à l’Amphithéâtre de la Cité de l’énergie, Bryan Perro s’estime privilégié de pouvoir compter sur une abondance exceptionnelle de talents.

Spectacle À pleines voiles: le simple bonheur de se retrouver

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES – À en juger par la voix du metteur en scène Bryan Perro au téléphone à la veille de la présentation du spectacle À pleines voiles, l’événement n’a pas attendu la présence du public pour prendre son envol. L’enthousiasme du manitou permet d’entrevoir un événement foncièrement réjouissant jeudi soir, 19h30, à l’Amphithéâtre Québécor de la Cité de l’énergie.

Il faut dire que le metteur en scène préside à une réunion de talents comme on n’en voit guère. Quand on peut compter sur Fred Pellerin, Sylvain Cossette, Cindy Bédard, Jacques Newashish, Valérie Carpentier, Les Trifluviennes, Rémi-Pierre Paquin, Steve Hill, Valérie Milot, Baptiste Prud’homme, Philippe Sly, Laura Niquay, Les Fauves et Stéphanie Bédard pour donner de l’âme à un spectacle, on ne peut qu’être enthousiaste. «Pour être honnête, ce n’est pas le défi de ma carrière, va-t-il jusqu’à admettre. Avec autant de talent à ma disposition, je n’ai pas l’impression d’avoir à travailler bien fort.»

«Une chose qui m’a étonné, c’est à quel point les artistes moins connus sont extraordinaires. Peu de gens dans le groupe étaient familiers avec Philippe Sly quand il s’est présenté à la répétition. Quand ils ont entendu chanter ce baryton, tout le monde était bouche bée. C’est un peu hallucinant de constater à quel point tout le monde est bon sur ce plateau.»

Perro s’avançait pourtant en territoire inconnu en assurant la supervision d’un spectacle essentiellement musical. «Disons que Jeannot Bournival est le grand maître d’œuvre au niveau musical et il a encore accompli un boulot fantastique. Ce n’était pas évident de marier autant de genres musicaux différents: on passe de la chanson pop, au folk, au blues, au country, aux chants traditionnels autochtones à travers lesquels se greffent des textes poétiques mais il y a quelque chose de très cohérent dans ça grâce aux arrangements de Jeannot. Il a su déceler la parenté entre ces genres différents qui se marient remarquablement bien.»

«Sur l’ensemble du spectacle, une courbe dramatique se crée et le sens n’est pas donné par une logique narrative, un style musical ou des individus mais par une vision artistique de l’ensemble.» Si on peut identifier une ligne directrice, Perro suggère une descente de la rivière Saint-Maurice depuis la Haute-Mauricie jusqu’au fleuve. «Tout le spectacle est porté par ces images-là, par le courant de cette descente de la rivière qui représente l’âme de la région.»

Bryan Perro connaît chaque secret du plateau de l’Amphithéâtre Québécor qu’il a exploité pendant de nombreux étés de sorte qu’il sait en tirer l’immense potentiel. «On va profiter des décors de NEZHA en plus des décors naturels mais je n’ai pas cherché à les utiliser à outrance, confie-t-il. On ne va exécuter qu’une seule rotation complète du plateau. Je connais tout le pouvoir de cette bête qu’est l’amphithéâtre mais l’idée n’est pas d’en mettre plein la vue avec des effets visuels : je veux créer une ambiance qui va porter les spectateurs.»

À pleines voiles se veut un spectacle de retrouvailles de plusieurs artistes avec la scène et des spectateurs en chair et en os. Cette ambiance de fête était, semble-t-il, très évidente dès la répétition de mercredi. «Ça jase, ça rit... C’est très bon enfant comme ambiance sur le plateau. On sent tellement que tout le monde est super heureux d’enfin reprendre contact avec leur travail. Tout est plaisir dans le groupe, tout le monde est hyper motivé et excité. C’est fantastique de travailler sur un plateau où tout le monde est aussi heureux. Ce retour sur scène après plusieurs mois pourrait être stressant mais comme tout le monde rigole, on ne sent aucun stress. Je pense que cet esprit, ça va déborder jusque dans le spectacle comme tel.»

«Ce que je sens de la part de tout le monde, c’est le pur et profond plaisir d’être là, réunis, à faire ce qu’ils aiment le plus bien avant toute autre considération comme la paie, la visibilité ou la popularité.»

Il semble bien que le sentiment sera réciproque avec les 200 personnes qui seront réparties dans l’amphithéâtre puisque les billets se seraient vendus en quelque 11 minutes à l’ouverture des guichets. Un événement, dites-vous?

Rappelons que le spectacle sera enregistré pour être diffusé le 24 septembre à 19h sur la page Facebook de la Cité de l’énergie mais également sur celle des nombreux partenaires du milieu touristique comme économique de la région. On diffusera alors sept capsules vidéo présentant, par l’intermédiaire de Mauriciens, leurs endroits et attractions coup de cœur sur l’ensemble du vaste et riche territoire.