Roxanne Duchesne-Roy, collaboratrice de la compagnie Cas Public travaille avec les élèves de l’Académie de danse Mouv pour monter la chorégraphie que les jeunes présenteront en lever de rideau du spectacle 9 que la compagnie professionnelle montréalaise présentera le 2 novembre à la salle Anaïs-Allard-Rousseau.

Spectacle 9 de Cas Public: le langage universel

Trois-Rivières — Si la danse contemporaine gagne constamment en popularité dans la région, on le doit certes à un événement comme le Festival international Danse Encore mais aussi à l’initiative de compagnies de danse comme Cas Public qui s’est donné comme vocation de viser le jeune public et de rendre la danse accessible. Elle le fait encore avec son spectacle 9 qui sera présenté le 2 novembre à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.

Si on cherche à rejoindre tout le monde, cela ne signifie nullement que la chorégraphe Hélène Blackburn a été restreinte dans sa créativité. «Hélène se base toujours sur une grosse recherche, explique Roxanne Duchesne-Roy collaboratrice de la compagnie Cas Public. Il n’a jamais été question de changer son approche avec le désir d’être abordable. La danse est par nature bien plus accessible qu’on le croit souvent.»

La danse n’exige pas forcément de compréhension intellectuelle du propos, simplement une disponibilité à se laisser bouleverser. 

«Beaucoup de gens qui nous voient pour la première fois sortent du spectacle très touchés sans nécessairement être en mesure de l’expliquer. La danse, c’est quelque chose qui se ressent, c’est très viscéral. On demande aux spectateurs de nous faire confiance et de se laisser emporter. Nous, notre mot d’ordre, c’est de ne pas les laisser indifférents.»

Dans le cas de ce spectacle particulier, monté en collaboration avec Kopergietery, il convient de préciser qu’un des danseurs de la compagnie, Cai Glover, est malentendant depuis l’âge de neuf ans. La surdité du danseur a mené la chorégraphe à un questionnement sur les sens, leur lien avec la danse, le langage, la perception. 

«Le langage des signes est ici un élément chorégraphique important et on s’aperçoit qu’en l’incorporant à la danse, on le rapproche de ce qu’est la danse par nature: un langage universel», poursuit Roxanne Duchesne-Roy.

Pourquoi 9? C’est le 9e spectacle de la compagnie qui repose sur des extraits de la 9e Symphonie de Beethoven réarrangée par Martin Tétreault.

Cas Public est reconnue pour sa danse éloquente et le côté fougueux de ses chorégraphies. 

«Hélène cherche toujours à pousser les danseurs à leur limite, hors de leur zone de confort. Ainsi, dans ce spectacle, elle intègre des aspects du langage des signes mais en exigeant beaucoup de virtuosité des interprètes en accélérant la cadence des gestes. Forcément, ces mouvements prennent une autre dimension parce qu’ils ne sont plus parfaits ce qui rend la danse vivante, humaine.»

La musique est retravaillée au goût du jour avec des effets on ne peut plus contemporains de scratching, notamment. 

«Ça fait un peu partie de la démarche de rendre accessible la grande musique à un jeune public, explique la collaboratrice de la compagnie. Ça offre une nouvelle vision sur quelque chose d’intemporel.»

Autre caractéristique de ce spectacle et du travail de la compagnie montréalaise, c’est la collaboration avec de jeunes danseurs locaux. Les membres de l’Académie de danse Mouv se produiront en lever de rideau le 2 novembre dans une prestation de quelque six minutes. La collaboration va même plus loin: Roxanne Duchesne-Roy a travaillé avec ces jeunes sur le thème même du spectacle.

«J’ai suivi sensiblement le cheminement créatif de notre chorégraphe. Les jeunes ont vu 9. Ensuite, je leur ai enseigné une séquence chorégraphique du spectacle. Par la suite, ils l’ont travaillée par eux-mêmes, la modelant à leur façon. Je ne suis intervenue que pour les guide, éviter qu’ils s’éloignent trop de la tâche donnée. C’est le résultat final qu’ils présenteront le soir du spectacle.»

«J’ai été très impressionnée par eux. Comme je travaillais avec des élèves de première secondaire autant que de cinquième, je pouvais voir différentes approches. C’est très intéressant et super touchant, ce qu’ils ont proposé. Ils se sont vraiment beaucoup impliqués. C’est très beau de les voir aller.»

Le spectacle officiel sera présenté en après-midi aux groupes scolaires et le soir au public. La représentation en matinée affiche complet alors qu’il ne reste que quelques billets pour la représentation en soirée. On peut voir un extrait de ce spectacle en consultant le site enspectacle.ca et en cherchant Cas Public.