L'Institution Kiuna s'associe à Wapikoni pour la création d'un programme collégial en cinéma autochtone. Virtuellement réunis lors de la conférence de presse, on reconnaît Paul Grant, enseignant, Daniel Brière, enseignant, Odile Joannette, directrice générale Wapikoni et Prudence Hannis, directrice associée Institution Kiuna. 
L'Institution Kiuna s'associe à Wapikoni pour la création d'un programme collégial en cinéma autochtone. Virtuellement réunis lors de la conférence de presse, on reconnaît Paul Grant, enseignant, Daniel Brière, enseignant, Odile Joannette, directrice générale Wapikoni et Prudence Hannis, directrice associée Institution Kiuna. 

Soutenir l’effervescence culturelle

L’Institution Kiuna s’associe avec le Wapikoni mobile pour offrir un programme collégial en cinéma autochtone

ODANAK — L’Institution Kiuna a dévoilé jeudi matin un partenariat avec le Wapikoni mobile qui lui permet d’offrir un tout nouveau programme collégial en cinéma autochtone. Dès l’automne 2020, la maison d’enseignement située à Odanak espère attirer une quinzaine d’étudiants dans ce programme préuniversitaire qui mène les étudiants à poursuivre leur cheminement à l’université ou à faire le saut dans le milieu du travail dès la fin de leurs deux années d’études.

«Nos communautés étant en pleine effervescence culturelle, de plus en plus d’étudiants sont attirés par les domaines artistiques. Ce nouveau programme permettra entre autres aux jeunes de poursuivre la démarche entreprise par le Wapikoni mobile et d’obtenir un diplôme», précise Prudence Hannis, directrice associée de l’Institution Kiuna, la seule au Québec destinée aux Premières nations, qui offre notamment un programme en Sciences humaines orienté sur la réalité autochtone.

Le partenariat permet de pousser plus loin encore le travail accompli par le Wapikoni mobile depuis 15 ans déjà. Le plan de cours permettra de toucher à de multiples aspects de la technique et de la création mais contribuera également à développer l’éthique cinématographique dans le contexte culturel et historique des Premières nations.

«En alliant un programme collégial à la méthodologie du Wapikoni en matière de formation, nous pourrons pousser encore plus loin le perfectionnement de nos talentueux créateurs et créatrices. Ensemble, nous voulons développer et inspirer la relève cinématographique autochtone afin de voir émerger une signature artistique qui placera notre souveraineté narrative au cœur de la pratique. Je suis également emballée par l’idée de pouvoir accueillir au sein de nos équipes de mentors ces étudiants et étudiantes, et futurs diplômés et diplômées», mentionne Odile Joannette, directrice générale du Wapikoni mobile.

La demande pour une main-d’œuvre autochtone qualifiée est bien réelle, constate Mme Joannette. Le bassin de finissants permettra non seulement à l’organisme de répondre à ses propres besoins en ressources humaines mais aussi de répondre aux différentes sollicitations qui lui sont faites afin de combler les besoins particuliers de l’industrie. «Autant les universités, que les producteurs de longs métrages ou les médias télévisuels cherchent la relève autochtone. On le sait qu’il y a de la place dans le marché et dans l’industrie pour que les futurs étudiants puissent trouver leur place. On sait aussi qu’il y a de la passion pour la création», poursuit Mme Joannette. «Je dis souvent: ‘‘On reconnaît le cinéma américain, on reconnaît le cinéma français et je rêve du jour où l’on reconnaîtra le cinéma autochtone’’.»

Preuve que l’enthousiasme est partagé par de nombreux acteurs du milieu cinématographique, une caméra professionnelle a été offerte par la réalisatrice Angie Pepper O’Bomsawin afin de permettre aux étudiants d’avoir accès à de l’équipement de qualité.