"Incendies" sera présentée les 7,8,9,10,14,15 et 16 décembre.

Sorties de la semaine

Incendies: explorer la profondeur

Mylène Renaud est zen. En tout cas, c’est ce que suggère le ton de sa voix en entrevue téléphonique. Pourtant, à quelques jours de la première d’Incendies qu’elle met en scène au Théâtre des gens de la place, on aurait compris que ses émotions puissent être exacerbées. Sa volonté de faire découvrir ce texte, récemment présenté au cinéma, lui sert de phare dans le tumulte. 

Cette histoire qui lui tient tant à cœur, est celle de Jeanne et Simon Marwan. À la mort de leur mère, on leur remet une enveloppe destinée à leur père (qu’ils croyaient mort) et une autre à leur frère (dont ils ignoraient l’existence). Le séisme engendré par ces révélations ébranlera le destin des jumeaux au plus profond de leurs racines.

«L’œuvre est, selon moi, bien différente de celle de Denis Villeneuve. Il y a une trame modifiée par rapport au film. Même si on l’a vu il n’y a pas si longtemps, je crois que c’est une œuvre nécessaire», affirme-t-elle. En tant que metteure en scène et directrice artistique, elle fait le pari que cette proposition permettra de renouveler le public avec la référence au réalisateur originaire de Bécancour. «On veut aller chercher des gens qui ne sortent pas nécessairement au théâtre.»

Pourtant, le traitement qui sera réservé sera évidemment bien différent. Les défis sont nombreux pour celle qui signe sa première mise en scène au TGP. «Souvent, on cherche à illustrer. C’est tellement un grand texte que je voulais garder le tout sobre et simple pour faire toute la place aux mots et aux interprètes. Ce serait facile avec tous les lieux et personnages qui sont évoqués de tomber dans la surcharge. Mon défi, ç’a été de retrouver la simplicité des mots et de l’émotion et de rester authentique.»

Si elle aspire à la simplicité, le chemin n’est sans doute pas simple. Avec 16 comédiens qui interprètent 22 personnages, il faut créer une cohésion pour arriver à un résultat probant. «J’ai essayé d’établir un climat de respect et de rigueur. Les interprètes ont un niveau de jeu équivalent. La pièce est portée par le groupe. Le théâtre c’est un acte collectif, un travail d’équipe.»

«Malgré le fait que ce soit un gros drame, on se trouve à avoir du plaisir dans le travail parce que chacun est conscient du message qu’on porte et de l’utilité.»

L’utilité est certainement d’explorer ces zones sombres. On est loin de la légèreté même si Mylène Renaud souligne qu’il y a un peu de lumière.

«C’est un constat déchirant de l’espèce humaine. Notre façon d’agir qui est prise dans le cercle de la colère, il en est question beaucoup dans la pièce. Je trouvais aussi significatif de miser sur l’importance du pardon. On parle aussi beaucoup de trouver sa vérité. Notre vérité il faut la découvrir et il faut la trouver dans la vie. Rester dans les regrets, les remords, la violence et la colère, ça nous empêche de nous développer en tant qu’être humain.»

La pièce sera présentée les 7,8 et 9 décembre à 20 h, le 10 décembre à 14 h et les 14, 15 et 16 décembre également à 20 h à la salle Anaïs-Allard-Rousseau.

Colin Moore

À (re)découvrir

L'énigmatique Colin Moore

Colin Moore n’est pas le dernier venu. Il roule sa bosse depuis près d’une décennie et a lancé son dernier album en 2012, donc techniquement, il y a eu plusieurs occasions de le découvrir, mais s’il est passé sous votre radar musical, voilà votre chance. 

Par ailleurs, on ne saurait vous blâmer d’avoir échappé à son charme puisque depuis 2012, il n’a vraisemblablement pas sorti d’album ni offert de nouvelles chansons. Pourtant, il s’est produit à plusieurs reprises depuis cette effervescente période de sa carrière.

L’Anglo-Montréalais, qui s’exprime aussi en français, a effectivement connu tout un succès à la sortie de ses deux premiers opus. D’ailleurs, la photo figurant sur la pochette de son album aurait très bien pu être prise sur la route du Pied-de-la-Côte à Maskinongé, non loin du Magasin général Le brun où il se produira vendredi. On sent presque l’odeur des plants de maïs chauffés par le soleil et la brise qui, à cet endroit, souffle généralement toujours d’ouest en est. 

C’est le deuxième passage de Colin Moore au Grenier et les vieilles planches de la place se souviennent sûrement encore de sa voix rauque enveloppée par son folk rock.

Sorties en rafale

Théâtre:

Chat en poche

J.-Antonio-Thompson, le 5 décembre à 20 h

Incendies

Théâtre des gens de la place | Salle Anaïs-Allard-Rousseau, les 7, 8, 9 décembre à 20 h et le 10 à 14 h

Humour

Philippe Bond

J.-Antonio-Thompson, le 6 décembre à 20 h

Peter Macleod

J.-Antonio-Thompson, les 7 et 8 décembre à 20 h

Adib Alkhalidey

Ingénu(e) en rodage | Théatre Belcourt, le 8 décembre à 20h et Théâtre du Cégep de Trois-Rivières, le 9 décembre à 20 h

Musique

Colin Moore

Folk | L’Grenier du Magasin général Lebrun, le 8 décembre à 20 h

Daniel Boucher trio

Folk | L’Grenier du Magasin général Lebrun, le 9 décembre à 20 h

École de musique Jacques-Hétu

Trouvons le bon père Noël | Cégep de Trois-Rivières, le 7 décembre à 19 h 15

Orchestre symphonique de Trois-Rivières

Messie | J.-Antonio-Thompson, le 9 décembre à 20 h

Le chœur des pèlerins

Sur le chemin de Bethléem | Théâtre du Cégep de Trois-Rivières, le 10 décembre à 14 h

Nicolas Jobin

Tutti! De Lascaux au disco | Maison de la culture Francis-Brisson, 10 décembre à 16 h