Adoptée par le grand Paul Daraîche, Cindy Bédard fait maintenant partie de sa garde rapprochée en tant que choriste et guitariste dans le cadre de l’actuelle tournée du monument de la musique country québécoise.

Sir Paul et Cindy

TROIS-RIVIÈRES — Par sa simplicité, son honnêteté, Cindy Bédard trace les traits de sa personnalité. La fonceuse qui a pris des risques pour faire ce métier trop souvent ingrat, elle est aussi une fille modeste pleine de doutes. Au point où c’est parfois aux autres de lui confirmer son talent.

Le plus bel exemple est celui de son association avec le grand Paul Daraîche, figure emblématique du country québécois. «Pour moi, Paul, c’est l’incarnation même des valeurs du country. C’est un musicien extraordinaire qui a une carrière incroyable mais qui est demeuré très modeste. Il ne cherche pas à flasher mais à simplement être lui-même. C’est un gars généreux et sincère à l’opposé du paraître. Il chante parce qu’il serait incapable de vivre sans chanter.»

Elle connaissait Paul Daraîche depuis toute jeune. Ces dernières années, elle l’a côtoyé au Festival western et dans divers événements. «On s’est rencontré au premier gala country à Saint-Quentin en 2014 alors que j’avais été nommée révélation de l’année. Ç’a été comme un coup de cœur réciproque. À l’émission Microphone avec Louis-Jean Cormier, chaque artiste présentait ses coups de cœur et pour Paul, ce coup de cœur, c’était moi! Moi qui l’appelle le «Jésus du country», je n’en revenais pas.»

«Quand on se croisait dans des événements, je lui disais toujours à la blague que s’il partait en tournée, je voulais partir avec lui. Un dimanche, il m’a appelée. «Hey la p’tite Bédard! Tu viens-tu en tournée avec moi? Tu ferais ma première partie mais pas juste ça: tu serais ma guitariste et ma choriste.»

Stupeur. «Choriste, je n’avais jamais fait ça et je ne suis pas une si bonne guitariste non plus. J’ai appelé son directeur musical en lui disant que je n’avais pas bien compris ce qu’il voulait dire. Ça n’avait pas de sens pour moi. Il m’a dit que c’est moi que Paul voulait et personne d’autre. C’est un vrai cadeau.»

«Paul ne m’a pas adoptée instantanément. Il m’a vue arriver dans l’industrie et m’a regardée aller pour voir si j’étais vraie. Avec le temps, il a bien vu que j’ai un amour sincère pour cette musique-là. Avec toute l’équipe, ça marche super bien. Ça tient à une sorte d’esprit de famille qu’on a ensemble.»

Elle est donc la choriste et guitariste attitrée du Jésus du country dans le cadre d’une tournée débutée à l’automne mais interrompue à la fin de l’année quand Paul Daraîche a dû se faire opérer à cœur ouvert. Rassurez-vous, Jésus est ressuscité et la tournée a repris. Même que le spectacle du retour était présenté à la salle Thompson le 3 mars dernier. «On sent une différence depuis son retour: il a plus de voix et de souffle. On repart la tournée au rythme initialement prévu avec une série de spectacles en Acadie dans les prochaines semaines.»

«Les salles sont pleines et sur scène on ressent tout l’amour que les gens ont pour Paul. C’est extraordinaire mais c’est dangereux pour moi: je dois me concentrer quand je joue avec lui. C’est facile pour moi de partir à rêver au chemin parcouru. Je suis sur scène avec le grand Paul Daraîche que j’écoutais avec mon père dans son camion quand j’étais petite. Le premier show qu’on a fait ensemble cet automne en Gaspésie, je me demandais si c’était vrai. Quand mon père est venu voir le spectacle, il était super émotif de me voir sur les planches avec son idole.»