Le projet J’imprime écolo: c’est rigolo! présente une soixantaine d’œuvres qui ont été réalisées par de jeunes artistes de la région. Sur la photo, l’artiste Marie-Pier Demers pose fièrement avec quelques-unes de ses apprenties, soit Béatrice Hurtubise, Maria Josée Sierra et Marie-Soleil Fiset.

S’initier à l’estampe, un cube à la fois

TROIS-RIVIÈRES — Une jolie sirène, une licorne magique, un chat souriant, un extraterrestre mystérieux. Une vingtaine de jeunes artistes ont puisé dans leur imagination pour créer des œuvres uniques et colorées dans le cadre du projet J’imprime écolo: c’est rigolo! Ces petites réalisations cubiques sont présentées à l’Espace 11e BIECTR au centre-ville de Trois-Rivières, jusqu’au 8 septembre.

Les jeunes participants sont généralement âgés de 8 à 9 ans. Ils sont tous inscrits au camp de jour du Centre Loisir Multi-Plus. En collaboration avec la Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières (BIECTR), ces enfants se sont initiés à diverses techniques d’impression grâce à l’accompagnement de Marie-Pier Demers, une artiste et membre de l’Atelier Presse Papier.

Durant six semaines, les apprentis ont notamment visité des expositions et des ateliers de créations afin de développer, entre autres, leurs aptitudes artistiques. «J’avais comme mandat de pouvoir initier ces enfants à l’art. J’ai voulu leur présenter l’art et l’estampe, mais aussi leur donner des mots. C’est beau de voir des œuvres, mais c’est une autre histoire de les voir et de les décrire. En visitant les galeries, j’ai amené les enfants à découvrir le vocabulaire artistique», explique l’artiste trifluvienne.

Entre autres, les apprentis ont visité deux expositions, soit La cuisine du graveur de la Galerie R3 de l’Université du Québec à Trois-Rivières ainsi que celle à l’Ancienne gare ferroviaire.

Ensuite, les jeunes artistes ont été amenés à créer leurs propres pièces en laissant libre cours à leur créativité. «Les garçons, comme les filles, ont eu du plaisir à manipuler les matériaux et à graver dans les œuvres et les matrices. Ils ont écouté attentivement les consignes. En voyant le résultat, on découvre une soixantaine de boîtes tout à fait intéressantes avec des thématiques et des couleurs qui présentent la personnalité de l’enfant», exprime Élisabeth Mathieu, directrice générale et artistique de la BIECTR.

Les initiés ont d’ailleurs utilisé des matériaux recyclés pour créer leurs œuvres. Les matrices ont été réalisées à partir de boîtes de jus ou de berlingots de lait qui ont été récupérées. «Ça ne coûtait rien et c’est très facile pour les enfants. On vient graver avec une pointe sèche et après on pouvait les encrer et les imprimer», soutient Mme Demers.

Chacun des artistes en herbe a créé trois cubes. Le premier sera conservé par la BIECTR et le second sera remis à l’enfant. Le dernier cube qui est non plié sera expédié en Belgique dans une collection.

Pour couronner le tout, les différentes estampes ont été repliées sur elles-mêmes afin de prendre la forme d’un cube. Lors du vernissage de mercredi, les petits artistes se pavanaient fièrement en pointant du doigt leur création.

«J’adore les animaux. Je voulais absolument en dessiner sur mon cube. Aussi, cette journée-là j’avais faim. Ça m’a inspirée, donc j’ai dessiné un beignet sur un autre cube», raconte Béatrice Hurtubise, tout sourire.

C’est la première fois que la jeune fille participe à un projet d’une telle envergure. «Je suis fière de moi parce que j’ai réussi à traverser toutes les étapes qu’il fallait faire. J’ai beaucoup aimé graver et exprimer ce que je voulais», poursuit-elle, les étoiles dans les yeux.

Marie-Soleil Fiset, une participante de 9 ans, explique que quelques cubes voyageront même jusqu’en Europe: «Il y a des cubes qui vont aller en Belgique et il y en a d’autres qui vont rester ici. Ceux qui vont aller en Belgique, ils vont aller dans un musée.»

J’imprime écolo: c’est rigolo! est inspiré du projet Ferme ta boîte qui est une exposition internationale qui est en lien avec la BIECTR. Au total, chaque enfant a réalisé trois boîtes différentes.

«La Biennale garde une boîte et une autre boîte sera remise aux enfants à la fin de l’exposition. Ils pourront garder une trace de cette expérience qu’ils ont eue durant l’été dans le cadre de la 11e Biennale. La troisième boîte non pliée s’en va en Belgique dans une collection», précise Mme Mathieu.

Le vernissage s’est donc déroulé dans la joie et la fébrilité. L’artiste trifluvienne Marie-Pier Demers s’en réjouit: «Je suis tout le temps surprise de ces projets-là. On sait toujours où ça s’en va et ce qu’on va créer, mais les enfants m’ont amené plus loin encore. Avec le vernissage et l’exposition, pour moi c’est la crème. On voit qu’ils sont fiers de leur travail et qu’ils sont bien heureux.»

Ce projet a vu le jour grâce au programme de projets mobilisateurs en médiation culturelle 2019 de la Ville de Trois-Rivières en partenariat avec la Commission scolaire du Chemin-du-Roy et du ministère de la Culture et des Communications du Québec.