D’abord journaliste, ensuite psychologue clinicien, le Nicolétain d’adoption Serge Niquette présente maintenant son tout premier roman: L’étreinte de la Vénus de Milo.

Serge Niquette: captiver et démystifier la psychothérapie

TROIS-RIVIÈRES — Originaire de Drummondville mais Nicolétain d’adoption, Serge Niquette s’est fait connaître dans la région comme journaliste à la télé de Radio-Canada pendant quelques années avant de se réorienter vers la psychologie clinique au tournant du siècle. Il ajoute aujourd’hui une nouvelle corde à son arc en publiant un tout premier roman intitulé L’étreinte de la Vénus de Milo.

Le récit, édité chez Mots en toile, se décline en deux temps dont on pourrait dire qu’ils rejoignent les deux pans de la vie professionnelle de l’auteur. Dans un volet principal, on suit une intrigue qui entraîne le héros, chercheur à l’UQTR, dans une aventure scientifique auprès de fondamentalistes religieux américains basés à Los Angeles alors que dans le second volet, on suit cet intellectuel dans le déroulement d’une psychothérapie.

«Ce qui m’a incité à écrire le roman, explique Serge Niquette, c’est que j’aime raconter des histoires et je voulais d’abord et avant tout écrire un récit qui soit captivant et agréable à lire. La portion qui a trait à la psychothérapie tient à mon désir, en tant que psychothérapeute, de la démystifier et peut-être effacer certaines faussetés souvent véhiculées. Cependant, si j’ai inclus ce second volet, c’est qu’il sert mon récit et lui donne du rythme en présentant deux réalités distinctes qui se répondent l’une, l’autre.»

L’intrigue concernant le chercheur universitaire tient de la science-fiction nourrie par quelques faits réels alors que le volet de la démarche thérapeutique se veut très fidèle à la réalité du psychologue. «J’ai été très rigoureux, explique l’auteur, et à la lumière des remarques de mes collègues qui ont lu le roman, ça passe le test. Évidemment, j’ai fait en sorte que ce ne soit pas aride et que ça se lise bien mais je n’ai pas fait de compromis sur les paramètres de l’intervention thérapeutique.»

Comme il est animé d’une grande curiosité scientifique, on peut aussi se fier à la rigueur des observations de cet ordre qui émaillent le récit. «J’ai écrit un roman comme ceux que j’aime lire. J’aime les bonnes histoires et j’aime apprendre alors, pour répondre à cette dernière exigence, je me suis basé sur ce que je connais bien.»

«Pour ce qui est de l’aspect de la psychothérapie, j’aimerais bien que le roman puisse servir à initier des jeunes qui ne sont pas familiers avec cette pratique, par exemple. En termes littéraires, l’avantage d’inclure cet aspect dans la vie de Jacob, mon personnage principal, permet au lecteur de s’attacher à lui. Sans ça, il pourrait n’être qu’un scientifique un peu froid et arrogant mais là, j’amène une vulnérabilité qui fait qu’on est touché par son destin.»

Une des caractéristiques de L’étreinte de la Vénus de Milo est qu’il se déroule principalement à Trois-Rivières et dans sa région immédiate. Les Mauriciens reconnaîtront les lieux et devront admettre qu’un environnement exotique n’est pas une condition sine qua non pour capter l’attention des lecteurs. «Je suis un régionaliste, admet Serge Niquette. J’adore Québec et Montréal mais j’ai toujours été heureux d’habiter ici où je me suis bâti une vie enviable. Quand j’étais journaliste, j’ai animé depuis les studios de Trois-Rivières une émission diffusée partout au Canada sur les ondes de RDI. Dans mon roman, je me suis amusé à situer la vie de mon personnage principal entre Trois-Rivières et Los Angeles. Jacob aime L.A. mais préfère habiter ici, là où il se sent vraiment chez lui. J’en ai fait un chercheur de l’UQTR très estimé par d’autres travaillant à la prestigieuse UCLA parce que je pense que ça peut très bien arriver dans la réalité. Ce n’est pas le prestige d’une institution non plus que sa taille qui font la qualité des chercheurs et des travaux qui s’y font.»

Serge Niquette a carrément eu la piqûre pour l’écriture et a déjà en tête les paramètres d’un second roman. «L’expérience a été extraordinaire. Il est généralement admis que le premier roman est le plus difficile mais l’écriture est devenue plus aisée en cours de route. Il m’a fallu réécrire la fin de mon roman à la demande de mon éditeur et ça s’est fait très facilement. J’ai adoré me laisser porter par mes personnages. Après un certain temps, ils t’habitent tellement qu’ils finissent par avoir leur propre vie en toi. C’est vraiment une expérience spéciale.»

Le roman est présentement disponible mais pas sur les rayons des libraires. On peut cependant le commander n’importe où. On ne sait pas pour l’instant si les bibliothèques de la région en feront l’acquisition, ce qui n’est cependant pas exclu. Il serait franchement dommage qu’un roman de qualité ayant la région comme décor ne se retrouve pas dans les bibliothèques locales.