Félix-Antoine Leroux, alias Horg, et Éric Brousseau, Seba, seront de passage au Trou du diable de Shawinigan le 16 novembre.

Seba et Horg: faire sa place et la garder

TROIS-RIVIÈRES — On se demande qui du public ou du duo Seba et Horg est le plus excité en prévision du spectacle au Trou du diable à Shawinigan. Pour le public, c’est une occasion en or de voir la paire à l’origine du vers d’oreille Vintage à l’os alors que pour les deux Montréalais, c’est une opportunité d’aller à la rencontre des gens pour lesquels ils ont écrit cet album.

«On s’adresse au peuple, à la coiffeuse, à Reynald le garagiste, à mon père, au monde pogné dans le trafic qui ont une job de bureau», mentionne Seba en entrevue téléphonique.

C’est d’ailleurs cette proximité avec les gens, cette accessibilité et cette volonté de rester authentiques qui motivent Éric Brousseau et Félix-Antoine Leroux dans leur musique. Ils font également l’éloge de plusieurs petits coins du Québec sur leur album. «On a une chanson sur le disque qui s’appelle Rivière-du-loop où on célèbre non seulement les petites cantines, mais également les petits coins du Québec. On a fait l’album pour ça. On aime aller voir les gens en région, on tripe pas vraiment Montréal.»

Le hip-hop accessible, avec une tangente poétique, a fait la renommée de Seba et Horg dont les parcours se sont réunis pour Grosso-modo.

«J’écoute beaucoup de hip-hop, mais je ne viens pas vraiment de ce milieu-là. J’ai travaillé dans le théâtre. J’ai écouté beaucoup de heavy métal. J’ai été disquaire longtemps. Horg, lui, a bâti sa carrière en faisant des beats et des scratchings pour plusieurs artistes hip-hop, dont Samian. Il sentait aussi qu’il avait fait le tour de ça. Souvent, tu as l’impression dans le rap que les rappeurs s’adressent aux autres rappeurs et que ce sont des codes et des signes qu’ils comprennent mais je trouvais que ça tournait en rond. On voulait parler aux gens et enlever toutes les références au hip-hop. La seule référence c’est dans Vintage à l’os où on dit: «il a porté ses jeans à l’envers dans le temps de Kris Kros.»»

Copains de Cégep qui se sont recroisés plusieurs années plus tard, ils forment une équipe fusionnelle dans leur objectif et dans leur création.

«Travailler avec Horg c’est vraiment intéressant parce que je fais des beats tout comme lui et on est tout les deux DJ. Chaque processus créatif qu’on traverse, on se comprend mutuellement et on sait exactement par où on passe. Donc, à chaque fois que je chantais quelque chose et qu’il me suggérait de la chanter d’une autre manière, je lui faisais confiance parfaitement. C’est vraiment une complicité. C’est le fun d’avoir quelqu’un qui te remet en question. Ç’a été difficile par bout. Même que sur Vintage à l’os ç’a été vraiment difficile, on s’est pratiquement chicané parce qu’on voulait trop raconter d’affaires», rigole-t-il.

En fin de compte, leur volonté de mener à bien ce rêve qu’ils convoitaient a vite eu raison de leurs divergences.

«Le projet d’album nous tenait vraiment à cœur. DJ Horg ça fait des années qu’il travaille dans l’ombre, il apporte énormément pour le hip-hop, mais ça n’a jamais été clairement reconnu.»

Éric Brousseau, alias Seba, savoure pleinement le succès récolté, il l’espérait tant.

«Ça fait du bien que la réception soit là. On l’a vraiment écrit pour le monde. C’est le fun que le plus de gens possible l’entendent. J’ai lancé beaucoup de choses, j’ai eu beaucoup d’espoir et il y a des trucs qui ont moins marché», raconte celui qui a maintenant une vie tranquille en marge des débordements qu’il a déjà connus. Après avoir vu s’échouer plusieurs rêves et projets, il savait que Grosso-modo était peut-être sa dernière chance. Il ne voulait surtout pas que ce dernier tour de piste se termine dans le mur. «Ça ne me tentait pas nécessairement de ressortir un album. On l’a sorti et c’est cool! Ç’a valu la peine.»

La plus grosse barrière est tombée pour ces deux artistes aux multiples talents, ils ne sont plus des inconnus qui tentent de faire leur place.

«On s’est assez implanté dans la tête du public et dans la culture populaire. On a fait En direct de l’univers dernièrement, on a passé au Show de Rousseau et on a chanté à la Saint-Jean-Baptiste à la télévision. On est assez installé. Je sais que mes prochains projets, les gens vont savoir qui je suis.» C’est une base sur laquelle ils comptent bâtir leurs nombreux projets à venir.

«C’est plus facile parce que je sais que les gens m’écoutent maintenant. Je sais exactement ce que les gens attendent de moi et ça m’aide beaucoup dans ma création. Je sais où je m’en vais. Par contre, je suis attendu alors je ne peux pas faire n’importe quoi.»

Une chose est certaine, c’est qu’ils seront attendus avec impatience au Trou du diable le 16 novembre à 21 h.

Les billets sont en vente sur le pointdevente.com.