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Résultat de dix années de recherche universitaire menée à l’UQTR, l’ouvrage <em>Non-publics de la culture. Six institutions culturelles de la Mauricie</em> à l’étude a officiellement été lancé mardi.
Résultat de dix années de recherche universitaire menée à l’UQTR, l’ouvrage <em>Non-publics de la culture. Six institutions culturelles de la Mauricie</em> à l’étude a officiellement été lancé mardi.

Science et culture réunis dans un ouvrage pour connaître le non-public

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières – On a procédé mardi au lancement d’un livre qui, avant même sa publication, a eu un impact considérable sur le milieu culturel de la région. Cet ouvrage qui est le fruit d’un important projet de recherche sous la direction des professeurs Marie-Claude Lapointe et Jason Luckerhoff de l’UQTR s’intitule Non-publics de la culture. Six institutions culturelles de la Mauricie à l’étude et il est publié aux Presses de l’Université du Québec.

Le livre fait la synthèse d’une recherche empirique d’une dizaine d’années réalisée en collaboration avec six organismes culturels de la Mauricie : le Comité de protection des œuvres d’Ozias Leduc, le Musée québécois de culture populaire, le Salon du livre de Trois-Rivières, la Maison de la Culture de Trois-Rivières, Ciné-Campus Trois-Rivières et le FestiVoix, chacun faisant l’objet d’un chapitre de l’ouvrage.

Depuis longtemps, les institutions culturelles de la région se sont intéressées à leur clientèle, ils l’ont sondée, consultée pour connaître ses intérêts, ses besoins. Mais, faute de moyens, ils se sont peu attardés aux gens qui ne les fréquentent pas. Or, ce que les chercheurs appellent le non-public est aussi un public potentiel or, tous les organismes culturels cherchent à augmenter leur fréquentation.

Les codirecteurs de l’étude ont placé leur confiance en Olivier Champagne-Poirier, un étudiant amorçant son parcours vers le doctorat en communication pour le mener à bien. Celui-ci a dirigé des entretiens auprès de 466 participants répartis entre 159 entretiens individuels et 44 de groupe auprès de gens ne fréquentant pas certaines institutions culturelles pour en connaître les raisons. Aux dires d’Olivier Champagne-Poirier, il s’agit là d’un très grand nombre d’intervenants pour pareille étude, ce qui la rend d’autant plus pertinente.

Mais l’intérêt de cet exercice rigoureux tient aussi au maillage qu’il a permis entre l’institution de haut savoir trifluvienne et les organismes culturels régionaux grâce notamment à l’implication de Culture Mauricie dans tout le processus.

«Nous sommes très fiers d’avoir collaboré à ce projet et d’avoir pu créer un pont entre le monde du savoir et les organismes culturels, d’indiquer le directeur général de Culture Mauricie Éric Lord. Le secteur culturel en est un de pointe et on constate depuis longtemps qu’il a besoin d’informations stratégiques pour assurer son développement. Beaucoup de gestionnaires culturels ont des idées trop vagues sur les raisons pour lesquelles on ne les fréquente pas. La science est ici venue valider des hypothèses et apporter des réponses.»

Un maillage très concret s’est fait entre chercheurs et organismes culturels sur le terrain, les deux s’apportant une aide mutuelle. Marie-Claude Lapointe indiquait d’ailleurs dans un communiqué que depuis 2012, le nombre d’initiatives conjointes entre l’UQTR et le milieu culturel a sensiblement augmenté. Comme une étude de cette ampleur se réalise sur plusieurs années, les conclusions auxquelles les chercheurs en sont arrivés concernant chaque organisme ont été communiquées à ces derniers depuis quelques années déjà. Sur la base de ces précieuses informations, ceux-ci ont ainsi mis en place de nouvelles stratégies pour rejoindre des clientèles qui leur échappaient jusqu’alors.

«Ce qui est extraordinaire de notre point de vue, ajoute Éric Lord, c’est qu’au départ, on avait simplement l’intuition que l’étude pourrait avoir des retombées concrètes et positives pour les organismes participants mais aujourd’hui, on le constate très clairement. Ça a amené des changements importants chez plusieurs d’entre eux et certains ont vu leur fréquentation augmenter considérablement. Je prends l’exemple du Salon du Livre de Trois-Rivières qui a réorienté sa promotion auprès du public et qui connaît des records de fréquentation depuis. Ils ont découvert qu’entre le message émis et la perception, il peut y avoir une importante distorsion de sorte qu’ils ont rajusté le tir.»

«Dans le cas du FestiVoix, les réponses ont été différentes. L’étude a confirmé que leur orientation était la bonne mais qu’il ne leur servait à rien de tenter d’attirer certaines clientèles potentielles parce qu’ils n’arriveront pas à les convaincre de fréquenter le FestiVoix. Ça aussi, c’est une donnée précieuse à avoir: ça permet de cibler la promotion.»

«Pareilles études auraient autrement été extrêmement coûteuses à réaliser mais grâce à ce projet de collaboration dont Culture Mauricie a pu organiser le montage financier, les organismes y ont eu accès à moindre coût.»

«On a vu, lors du lancement du livre, que ça suscitait énormément d’intérêt et de questions dans le milieu culturel et on va voir si on ne pourrait pas mettre sur pied d’autres événements autour de ça. Ce que révèle l’ouvrage sur certains cas d’espèce est pertinent pour l’ensemble des organismes culturels. Ça démontre assurément l’intérêt de s’interroger non seulement sur les motivations du public qui les fréquente mais aussi sur celles de ceux qui ne les fréquentent pas.»

«Pour notre part, de poursuivre le directeur général de Culture Mauricie, nous sommes ravis de constater les retombées positives parmi nos membres et que ce lien entre l’université et le milieu culturel pourrait favoriser d’autres projets de recherche tout aussi pertinents dans le futur.»

L’ouvrage Non-publics de la culture. Six institutions culturelles de la Mauricie à l’étude est disponible par les librairies l’Exèdre et Poirier de même qu’à la COOP de l’UQTR de même qu’en versions papier et numérique via le site de référence sur les non-publics de l’UQTR au uqtr.ca/nonpublicsculture. La plateforme permet notamment d’en apprendre davantage sur le projet grâce à des entrevues avec divers collaborateurs, des références du livre, des liens vers des textes disponibles sur le web. Elle est particulièrement intéressante pour les responsables d’établissements culturels ou les chercheurs mais également l’ensemble du public.