En mai, c'était la grande soirée d'ouverture du Satyre Cabaret-Spectacle. Dès juillet, les gestionnaires avaient lancé un cri du coeur afin de trouver de nouveaux investisseurs.

Satyre: près d'un million $ en créances impayées

La mise en faillite du Satyre Cabaret-Spectacle a été officialisée comme prévu mardi matin. L'entreprise qui gérait la salle de spectacle de la rue des Forges avait accumulé 940 000 $ en créances impayées depuis le début de ses opérations en mai dernier.
Le certificat officialisant la mise en branle du processus de faillite a été émis par le Bureau du surintendant des faillites. Un avis a également été envoyé aux différents créanciers auxquels l'entreprise doit de l'argent.
Selon le syndic responsable du dossier, Yannick Bourassa-Milot de la firme Raymond-Chabot, les principaux créanciers sont les gouvernements fédéral et provincial, la Banque Royale ainsi que les administrateurs de l'entreprise. Ces derniers auraient pour leur part englouti une somme d'environ 200 000 $ dans cette aventure.
«Ils ont avancé cet argent de leur poche pendant les opérations», explique M. Bourassa-Milot.
Certains entrepreneurs ayant participé à la rénovation de la salle de spectacle qui était inoccupée depuis la fermeture du Maquisart il y a près de 10 ans ont pour leur part confié au Nouvelliste qu'ils n'avaient pas été payés pour les travaux qu'ils avaient effectués.
Pour ce qui est des employés, ils toucheront la totalité des sommes que leur doit leur ancien employeur. En vertu du Programme de protection des salariés du gouvernement fédéral, ils sont protégés pour les salaires impayés, les vacances et les préavis de licenciement jusqu'à concurrence d'environ 3900 $.
«Dans ce dossier, il n'y a aucun employé à qui l'employeur doit un montant supérieur [à la protection maximale du programme]», poursuit le syndic.
Pour ce qui est des clients qui avaient acheté des billets pour les spectacles à venir, M. Bourassa-Milot leur conseille de demander un remboursement auprès de leur compagnie de carte de crédit, s'ils ont utilisé ce mode de paiement.
Selon lui, ces compagnies ont des assurances dans des cas comme celui-là. Mais pour ceux qui auraient payé leur billet en argent comptant, ils se retrouveront sur la liste des créanciers ordinaires. Les chances qu'ils revoient un jour la couleur de leur argent sont donc pratiquement nulles.
Le syndic responsable du dossier ajoute qu'une assemblée des créanciers se tiendra dans 21 jours.
Les problèmes financiers du cabaret-spectacle qui a vu le jour dans le vaste local situé au coeur du centre-ville de Trois-Rivières ont commencé pratiquement en même temps que son ouverture.
En juillet, les gestionnaires avaient lancé un cri du coeur afin de trouver de nouveaux investisseurs. Cet appel à l'aide avait alors été entendu et des personnes s'étaient montrées intéressées à s'impliquer financièrement pour assurer la viabilité de l'endroit.