Six interprètes se partagent tous les rôles de la revue musicale Salut 2019! qui sera de passage à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture le 21 décembre. Parmi eux, deux Trifluviens d’origine: Jessica Léveillée-Lemay, deuxième à partir de la gauche et Tommy Joubert, dernier à droite.

Salut 2019!: un adieu sans regret

Trois-Rivières — Les revues humoristiques de fin d’année font désormais partie de la culture québécoise et c’est sans doute la raison pour laquelle le passage de Salut 2019! à Trois-Rivières est très attendu. La principale raison est que deux Trifluviens font partie de cette revue: Jessica Léveillé-Lemay et Tommy Joubert.

C’est pendant la pause d’une répétition précédant une représentation au Monument national de Montréal qu’ils ont donné une entrevue au Nouvelliste le 6 décembre dernier. Autant dire qu’ils étaient totalement immergés dans l’effervescence qui accompagne pareil projet.

«C’est sûr que c’est une expérience unique pour des comédiens, dit Tommy Joubert. Le spectacle est constitué d’une cinquantaine de sketches et nous participons chacun à quelque chose comme 20 et 30 sketches différents. Je n’ai jamais autant couru dans des coulisses! Il n’y a pas un seul moment de pause parce que quand on n’est pas en scène, on est en train de se changer en vitesse pour le numéro suivant.»

Le défi est d’autant plus grand qu’ils ont dû travailler non seulement des textes mais également les chansons et chorégraphies; c’est une revue musicale, ne l’oublions pas.

«Nous ne sommes pas tous nécessairement des danseurs naturels, lance Tommy dans un rire trahissant qu’il parle de lui. Les chorégraphies et les chansons sont sans doute ce qui est le plus difficile mais en même temps, c’est un spectacle extrêmement ludique.»

«Heureusement, c’est un spectacle sur lequel on travaille depuis longtemps puisqu’on a commencé les répétitions dès le mois d’août dernier, précise Jessica Léveillée-Lemay, finissante, tout comme son partenaire de jeu, de l’école Chavigny et du cégep trifluvien. Ça nous a donné le temps de maîtriser les chansons et la danse. C’est beaucoup de travail mais c’est un spectacle qui est tellement agréable à jouer. Chaque représentation est comme un marathon parce qu’on n’a pas un seul moment de pause mais malgré tout le boulot, c’est énergisant.»

Le spectacle est évidemment satirique et constitue une rétrospective humoristique des principaux événements de l’année. «C’est hyperpolitisé et franchement, ça peut être un peu cru à certains moments mais toujours dans un esprit très léger. On rit vraiment de tout le monde sans discrimination: il n’y a pas de parti-pris. La seule priorité, c’est que tout le monde dans la salle passe une excellente soirée.»

Les sujets traités, on les devine assez bien: on a vécu la même année que les concepteurs du spectacle, après tout. Il est question de la loi sur la laïcité, des procédures de destitution de Donald Trump, des inondations du printemps, de Greta Thunberg et, évidemment, des élections. «L’avantage de faire la revue d’une année électorale, c’est qu’à travers ce seul sujet, on touche bon nombre de personnages majeurs de l’actualité et plusieurs sujets.»

L’exercice implique presque par définition un volet d’imitations, une autre facette qui a ses exigences bien spécifiques. «Précisons d’abord que personne n’a la prétention d’être un imitateur, dit Tommy. Par contre, ça fait partie de notre métier de comédiens que d’être observateurs et d’avoir un œil pour la parodie. Le truc, ce n’est pas de chercher à être identique mais de trouver un élément caractéristique qui permet d’identifier l’individu instantanément. Je dis cela mais certaines imitations sont tout simplement parfaites; je pense à celle que Jessica fait de Valérie Plante, notamment. D’un autre côté, moi, j’imite Elizabeth May, alors, vous devinez que c’est plus approximatif!»

«Comme c’est ma deuxième année avec ce spectacle, j’ai développé un peu plus cette facette, soumet Jessica. Ça nous oblige à travailler l’observation et en cela, un spectacle comme celui-ci, c’est une école de jeu incroyable. Ce qui compte, c’est qu’on le fait dans le plaisir, sans chercher à ridiculiser qui que ce soit. On est essentiellement dans l’autodérision.»

Les deux apprécient l’atmosphère particulière de la comédie où le contact avec le public est très étroit. «C’est quelque chose de particulier, d’être à l’écoute du public pour sentir ses réactions et travailler en fonction des rires. Jusqu’ici, on a présenté Salut 2019! au Monument National, à Montréal, dans un contexte de cabaret intime et chaleureux et ça fonctionne à merveille. C’est très agréable.»

Le spectacle comporte un autre aspect stimulant: le fait qu’il sera présenté 16 fois dont bon nombre de représentations en tournée, incluant un arrêt à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières le 21 décembre. «Au moment de retourner à Trois-Rivières, on va être super bien rodée. J’ai particulièrement hâte à cette représentation, avoue Jessica Léveillé-Lemay. On va vraiment être dans l’esprit des Fêtes.»