La première soirée de la 31e édition du Salon du livre de Trois-Rivières a déjà réservé au public une passionnante discussion en compagnie du président d’honneur de l’événement, le très éloquent Normand Baillargeon, ici à droite, qui a discuté des mots, outils indispensables à la pensée critique en compagnie de l’animateur de la rencontre, Martin Francoeur.

Salon du livre: un p’tit air de renouveau

Trois-Rivières — La 31e édition du Salon du livre de Trois-Rivières est bien partie et aucun signe de blues de l’après 30e n’a été observé. Même que si un quelconque phénomène s’est manifesté, il se présenterait plutôt avec des symptômes contraires: le Salon 2019 s’est donné des airs pimpants de renouveau avec ses nouveaux locaux plus aérés, mieux éclairés et quelques nouveautés qui relancent l’intérêt.

Revenons quand même à l’essentiel. On procédait jeudi à 17 h à l’inauguration officielle de l’événement en présence de nombreuses personnalités. Au delà du pur protocole plutôt insipide, on aura eu l’occasion d’apprécier certaines sorties véritablement inspirantes. Le plaidoyer en faveur du livre de Normand Baillargeon était non seulement d’une grande élégance, il était extraordinairement convaincant. Il apparaît déjà que ce choix du comité organisateur pour la présidence d’honneur est extrêmement judicieux et d’une très grande pertinence.

Comme on fait également une place toute spéciale à la littérature autochtone dans le cadre de l’événement, on retient également la courte allocution du Grand chef de la nation autochtone Constant Awashish. Touchante non seulement pour la prosodie de la portion initiale offerte en atikamekw mais surtout pour l’espoir qu’elle inspire. «J’ai envie de croire, a-t-il notamment dit, que la soif de savoir se confond avec la soif de se connaître. Ça pourrait être l’occasion de reconstruire des ponts là où le silence a construit une distance au cours des années.»

Comme de coutume, on a profité de cette activité dans le nouvel Espace Radio-Canada pour remettre les différents prix du SLTR. Les prix illustration jeunesse ont été décernés à Anne Villeneuve pour Cher Donald Trump dans la catégorie album, à Julie Rocheleau pour ses illustrations de L’étrange fille au chat pour le petit roman illustré et à Delphie Côté-Lacroix pour Jack et le temps perdu du côté de la relève. Pour ce qui est du tout premier prix BD, il a été remis à Francis Desharnais pour La Petite Russie aux Éditions Pow Pow.

On se souvient par ailleurs que le prix Adagio remis à tous les deux ans à un auteur de la Mauricie ou du Centre-du-Québec qui a marqué la scène littéraire d’ici et d’ailleurs par la qualité exceptionnelle de son travail d’écriture a été décerné à François Ricard.

Pour le simple plaisir, on se doit de mentionner la magnifique idée derrière Cher Donald Trump, titre particulièrement intrigant au départ. L’auteure, Sofie Siers, a imaginé un jeune garçon qui n’en peut plus de partager sa chambre avec son frère. Ayant entendu Donald Trump parler de son projet de mur, il décide d’en construire un dans sa chambre. Pour ce faire, il écrit une série de lettres au président américain pour avoir des conseils et lui faire part de ses réflexions. On adore.

La Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie profite toujours de la première soirée du Salon pour remettre ses prix Michelle-Roy pour l’excellence du français dans la presse écrite et son prix L’Oreille enchanté visant la télévision et la radio. C’est notre confrère Martin Francoeur, éditorialiste au Nouvelliste, qui a remporté le premier alors que Josée Bourassa, de ICI Première, a gagné le second.

Par ailleurs, l’écrivaine en résidence Marjolaine Beauchamp a présenté au public présent le premier des quatre textes qu’elle rédigera au cours du Salon. En présentant son texte, elle a demandé l’indulgence des auditeurs; on se demande bien pourquoi. Elle a offert un texte vibrant, inspiré, poétique et incarné en hommage à l’expression de chacun. Un texte dur et tendre qui s’élève du quotidien beige pour aspirer à l’envol par la grâce d’un leitmotiv: «Parle!» Si tous ses textes se maintiennent à ce niveau, la 31e édition sera celle de la secousse émotionnelle. Les textes seront disponibles quotidiennement sur le site Internet du Salon du livre (www.sltr.qc.ca).