Décidément utilisé à toutes les sauces, le président d’honneur du Salon du livre de Trois-Rivières 2019 Normand Baillargeon, au centre, était de la table ronde sur les tendances gastronomiques d’hier à aujourd’hui en compagnie de Christian Bégin, à gauche, et du chef Jean Soulard.

Salon du livre: les groupes scolaires explosent

Trois-Rivières — Pas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps, deux jours ne font pas un Salon du livre. N’empêche, les premiers indices de fréquentation sont très encourageants pour la direction. On a carrément fracassé un record avec les visites scolaires qui ont atteint le chiffre de 5000 élèves, du jamais vu et une hausse de 18 % par rapport à l’an dernier.

La directrice Julie Brosseau et la coordonnatrice à la programmation Éveline Charland étaient carrément émues par ce résultat en fin d’après-midi vendredi. «Il y a deux ans, on était à 3700, clamait la directrice. On espérait en accueillir 4500 mais 5000, on n’en revient tout simplement pas. De nombreuses inscriptions ont été enregistrées à la dernière minute alors on a été un peu surprises par le chiffre final.»

«Je soupçonne que quand tout se déroule bien une année, que l’accueil a été bon, que les activités ont été appréciées comme ç’a été le cas l’an dernier, le mot se passe entre professeurs et l’année suivante, d’autres groupes se joignent.»

«On a aussi eu de nouvelles écoles, d’ajouter Éveline Charland. À ce nombre, on commence à s’approcher de notre limite physique d’accueil pour que tout le monde soit confortable.»

S’il est bien tôt pour s’aventurer sur la fréquentation globale, il reste que les dirigeants sont satisfaits. «On a eu un gros jeudi soir en terme d’affluence. Les exposants sont super contents, les ventes sont bonnes, on a une riche programmation, de belles nouveautés et je pense que les gens sont curieux de venir voir les installations du CECi. Les Trifluviens ne viennent pas en congrès au CECi alors, voici une occasion pour eux de découvrir ce nouvel équipement et aussi le nouvel aménagement du Salon lui-même.»

La Fab à dessin a été déplacée dans les nouveaux aménagements du Salon du livre. Elle se trouve à gauche au fond du couloir qui accueille les visiteurs. Vendredi après-midi, c’est l’illustratrice trifluvienne et invitée d’honneur Mathilde Cinq-Mars qui s’exécutait devant public.

«Quand les exposants sont arrivés pour s’installer, ils ont dit: wow! Ils ont trouvé que c’était beau, vaste, lumineux. Ils s’entendent pour dire que visuellement, c’est très attrayant.»

Un élément qui y contribue même s’il n’est pas dans l’espace directement dévolu au Salon lui-même, c’est l’exposition D’illustres auteurs dans le Hall du temps du CECi au rez-de-chaussée qui s’est enrichi de quatre nouvelles affiches vendredi pour porter leur nombre à 18. Pour ceux qui entreront par la porte donnant sur la rue Notre-Dame, il vaut la peine de se rendre au fond du couloir devant eux, à la hauteur du café Starbuck pour jeter un coup d’œil sur cette exposition impressionnante.

Julie Brosseau se refuse obstinément à anticiper la fréquentation du Salon en fin de semaine, même à la lumière de l’excellent début de l’événement à ce chapitre. «Bien sûr, c’est très bien parti mais la température joue toujours un rôle important sur le nombre de nos visiteurs au cours de la fin de semaine. On se croise les doigts.»

On parle bien volontiers de lecture dans le cadre du Salon mais il ne faudrait pas oublier la rémunération des auteurs. Il se pourrait que les visiteurs au Salon du livre remarquent des gens portant au cou une carte d’identification avec le nom Copibec inscrit dessus. Les représentants de cette société de gestion collective des droits de reproduction commerciale, une OBNL, militent pour une modification à la loi sur le droit d’auteur votée sous le gouvernement fédéral conservateur en 2012. Depuis son adoption, les établissements d’enseignement hors Québec peuvent reproduire massivement des œuvres sans la moindre autorisation et, bien sûr, sans avoir à rémunérer les auteurs.

La pertinence de cette démarche, c’est que la loi est présentement en examen à Ottawa puisqu’un de ses articles stipule qu’elle doit faire l’objet d’un réexamen aux cinq ans. «Ce qu’on demande, dit Annie Massicotte, conseillère juridique pour la société, ce sont des modifications simples pour que la loi ait un peu plus de dents et puisse mieux protéger les titulaires de droits dont on reproduit et distribue une partie des œuvres. Ce que coûteraient aux institutions d’enseignement les licences de reproduction au Québec, c’est 13,50 $ par étudiant à temps complet par année scolaire, et ce, pour toutes les reproductions dans les recueils de cours et en numérique. On ne pense pas que ça mette la santé financière des universités en péril mais ça va faire une grosse différence pour les détenteurs de droits.» Il s’agit là du morceau prioritaire sur lequel insistent les opposants à la loi actuelle qui ont un certain nombre d’autres revendications mineures.

Quelques chiffres donnent du poids à leurs revendications: le revenu médian des auteurs au Québec pour leur travail de création est inférieur à 3000 $ par année. La redevance annuelle payée aux auteurs par les universités a chuté de 50 % depuis 2012 et de 20 % au collégial. Dans le reste du pays, la situation est pire: la chute des redevances est de 80 % depuis l’adoption de la loi. Les gens de Copibec proposent au public et, bien sûr aux auteurs, de s’assurer que la personne pour laquelle ils vont voter à la prochaine élection fédérale soit en faveur des modifications qu’ils proposent.