Quelques-unes des vedettes de la seconde saison de Saint-Élie-de-légendes étaient réunies vendredi pour le visionnement de la série à Saint-Élie. Autour d’Hélène Tremblay, assise, on retrouve, de gauche à droite, le scénariste Fred Pellerin, la réalisatrice Patricia Beaulieu, Gaétan Thériault, Lovik Gélinas et Jean «Rocker» Garceau.

Saint-Élie-de-légendes: l’art très délicat d’être vrai

Saint-Élie-de-Caxton — Les téléspectateurs retrouveront lundi soir la série Saint-Élie-de-légendes mais avant que le village ne s’ouvre à l’ensemble du réseau de ICI Radio-Canada, une étape indispensable devait être franchie: faire voir les quatre épisodes aux gens du village. Le visionnement a eu lieu vendredi soir à la Station touristique Floribell.

Il devait y avoir une cinquantaine de Caxtoniens sans doute moins fébriles que quand on avait procédé au même rituel avant la diffusion de la première série en 2015 mais néanmoins excités à l’idée de se retrouver à nouveau au petit écran. D’autant que personne n’avait vu les nouveaux épisodes, pas même les différentes vedettes de ceux-ci, en l’occurrence: Rocker Garceau, Lovik Gélinas, Hélène et Daniel Tremblay ainsi que Gaétan Thériault.

L’épisode de lundi sera celui consacré à Rocker Garceau, maestro de la pelle, une émission qui a beaucoup fait rire l’assistance vendredi soir. Derrière les éclats de rire se cachaient une fierté fort compréhensible et aussi, une tendre affection des concitoyens pour leurs héros de tous les jours. Les fans de la première série, et ils ont été nombreux, seront heureux d’apprendre que plusieurs personnages de la première mouture se retrouvent de nouveau devant la caméra comme s’ils y avaient pris goût. Pour tendre de nouveau le lien après deux ans d’absence, on revoit notamment Mme Garceau la jardinière, le regretté Jack, Léo le garagiste ainsi que Maurice et son rire aussi singulier qu’irrésistible.

Ce n’est briser aucun secret que de révéler que la magie opère toujours malgré l’approche minimaliste et d’une exemplaire sobriété de la production résolument à contre-courant de ce dont la télévision nous gave. «Je dirais que c’est un peu de la ‘‘slow TV’’, illustre la réalisatrice Patricia Beaulieu. Le secret, pour moi, c’était de croire en ce que Fred voit des personnes qu’il côtoie au quotidien. Tu te mets ses lunettes et tu essaies de voir les traits magnifiés des personnages. Comme on a pu tourner la série sur quatre saisons, on est aussi allé chercher des forces différentes chez chacun selon les saisons. On se demandait toujours au départ si on en aurait assez pour faire un épisode et sur une année, on se retrouve avec le problème d’en avoir beaucoup trop à montrer.»

«Cette capacité à voir les choses comme lui, ça tient à vingt ans d’amitié qui nous unit, Fred et moi. Il m’est arrivé d’écrire du texte de narration que Fred a cru avoir lui-même rédigé. J’avoue que ça m’a fait profondément plaisir mais ça prouve aussi à quel point je le connais.»
De son côté, le conteur admettait qu’il était impensable que la série soit mise en onde sans que ses concitoyens l’aient vue. «C’est obligé! Il faut qu’on ait le filtre d’approbation de notre monde. Mais c’est quand même moins fébrile que la première fois, il y a deux ans: ils sont rassurés sur notre approche et nous aussi.»

Au départ, Fred est arrivé avec une liste de noms pouvant justifier une histoire à développer mais cette fois, on cherchait des personnages différents de la première série. «On est allé avec un garçon de douze ans, un professeur de 50, un couple alors que Rocker vient faire un lien avec la saison 1. Comme des personnages de la première saison reviennent, on a encore plus l’impression d’un village en retrouvant des gens familiers.»

«De notre côté, avec une saison dans le corps, on a appris pas mal de choses. On sait que nos gens ne sont pas payants à rester assis et à jaser. C’est dans l’action qu’ils sont les plus intéressants. On a aussi été plus efficaces à provoquer des choses pour obtenir plus rapidement ce qu’on espérait.»

Il reste que la matière première de cette série à nulle autre pareille, ce sont les personnages. Comme Rocker, un talent naturel. «Je suis content d’avoir participé et je ne suis pas inquiet même si je n’ai pas vu l’épisode encore, racontait-il avant la projection. Je suis seulement honoré que Fred et Patricia m’aient fait confiance. Je n’ai pas hésité une seconde quand ils m’en ont parlé: ce sont des amis. J’aime la vibe qu’il y a avec Fred: c’est un gars sincère, direct, simple et vrai.»

Sa participation à la première série a entraîné des retombées inattendues qui l’ont beaucoup amusé. «Je suis resté surpris. Beaucoup de gens l’ont vu et ils m’ont pas mal aimé. Y’en a même qui m’ont appelé à la maison pour me rencontrer ou d’autres qui voulaient que je leur fasse visiter le jardin de ma mère. Ce sont des moments qui m’ont touché. C’est extrêmement spécial. Je vis bien ça: je rencontre toutes sortes de gens et ça m’aide à avoir confiance en moi.»

Lui qui s’est révélé par son naturel à l’écran se montre tout aussi à l’aise dans la seconde mouture. «Comme j’aime le dire, les entrevues dans l’émission, ce ne sont pas des entrevues Botox. C’est du direct, du naturel. Je n’ai jamais eu le réflexe d’essayer de parler autrement que je le fais dans la vie. Moi, je parle vite et je ne réfléchis pas trop avant de répondre et c’est un côté que les gens ont aimé de moi.»
Saint-Élie-de-légendes prendra l’affiche les lundis soirs, à 20 h, jusqu’au 11 décembre.