Vue aérienne du village de Saint-Élie de-Caxton.

Saint-Élie-de-Caxton, un village créatif et dynamique

SAINT-ÉLIE-DE-CAXTON — Le mythique village de Saint-Élie-de-Caxton... Le conteur Fred Pellerin l’a peut-être mis sur la carte au cours des années 2000, mais cela n’aura pas empêché les gens de la place de créer à travers les années un village à leur image, à la fois dynamique et totalement créatif.

Loin d’être ordinaire, le village de moins de 2000 habitants est la preuve bien vivante qu’il est possible pour une petite municipalité de devenir un bouillonnant repère de créativité et de dynamisme lorsque tous mettent la main à la pâte pour y parvenir.

«Il y a toujours quelque chose qui se passe à Saint-Élie. C’est un village très dynamique et on sent vraiment qu’il y a de la vie. En tant qu’artisan, c’est une belle vitrine pour aller rencontrer les gens», souligne Raphaëlle Vincent Dionne, propriétaire de la savonnerie Bulles & brindilles.

Évidemment, il serait faux de dire que l’effet du célèbre conteur Fred Pellerin n’a rien à voir avec l’affluence de nombreux touristes chaque année et le dynamisme de ce joyau de la Mauricie. Les artisans du village en sont bien conscients, mais surtout reconnaissants.

«À Saint-Élie, on sent qu’il y a une effervescence tant au niveau des commerçants que des artisans. Ça me donne le sourire de voir tous les gens qui passent nous voir chaque année. D’ailleurs, le village m’a permis de faire plusieurs rencontres marquantes au fil des ans. Je me trouve chanceuse d’avoir choisi la place et d’avoir saisi l’opportunité de m’installer au village pour vivre de mon art», avoue la joaillière qui contribue également à la magie de Saint-Élie-de-Caxton, Judith Picard.

Il suffit d’ailleurs de se balader dans les rues de l’endroit pour comprendre cette effervescence. On peut notamment déambuler sur la rue Principale pour admirer les jolies maisons colorées, l’église qui trône fièrement au cœur du village, ou encore pour découvrir les fiertés locales.

En passant par le magasin général Chez Méo, la boulangerie du village Du bon pain croûte que croûte, le Rond coin, la joaillière Judith Picard, le potier ou encore la peintre du village Carmen Colbert, il suffit de chercher un peu pour y découvrir des petits trésors bien gardés.

«Les touristes, quand ils viennent chez nous, ils ont plein de choses à voir. Ils peuvent d’ailleurs passer une journée ou deux sans problème pour tout visiter», souligne la peintre Carmen Colbert.

Un accueil qui fait toute la différence

Ce qui fait la renommée de Saint-Élie-de-Caxton est évidemment l’accueil qui est réservé aux touristes par les commerçants, mais également par Fred Pellerin qui prend souvent un joyeux plaisir à aller à leur rencontre. Mais l’accueil est également un point fort de la petite localité lorsque vient le temps d’accueillir de nouveaux habitants.

D’ailleurs, certains choisissent même d’y emménager afin de vivre l’expérience unique qu’offre le village. «Lorsque moi et mon conjoint avons fait le choix de partir de Montréal pour aller vivre en campagne, on a regardé en Mauricie et le choix de Saint-Élie était évident pour nous, puisqu’il y a de la vie ici. C’était important pour nous de sortir de la ville, mais ne pas se retrouver isolés et avec tout ce qui se passe à Saint-Élie, ça nous a vraiment attirés. On a d’ailleurs été très bien accueillis dans la communauté», avoue d’emblée le couple d’artisans Raphaëlle Vincent Dionne et Julien Granger.

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Un terreau fertile pour la culture

À Saint-Élie-de-Caxton, l’effervescence artistique et culturelle est palpable. En effet, de nombreux artistes et artisans aux talents aussi variés les uns que les autres y ont pignon sur rue et contribuent au dynamisme du village.

Au fil des ans, c’est d’ailleurs un véritable réseau d’artisans qu’a vu naître la petite municipalité.

«Saint-Élie est effectivement un village axé sur la culture. Pour ma part, en 2010, quand j’ai installé mon atelier-boutique en plein cœur du village, j’étais parmi les premières à le faire. Plusieurs artistes sont par la suite venus me voir quand ils sont arrivés au village pour avoir mes impressions. Maintenant, plusieurs d’entre eux se sont installés et ça fait un milieu qui est consistant en culture. C’est très intéressant», souligne l’artiste joaillière Judith Picard, qui travaille notamment les métaux et les pierres précieuses par la technique de la mosaïque.

L’artiste peintre Carmen Colbert.

Être un artisan au village             

On l’imagine, être un artisan à Saint-Élie-de-Caxton n’a rien à voir avec le fait de pratiquer ce même métier dans une autre région du Québec, bien au contraire.

«C’est merveilleux d’être une artiste ici. C’est certain que c’est un plus pour les artistes de venir s’établir à Saint-Élie, puisque Fred a fait son nom un peu partout et évidemment, c’est lui qui amène les touristes», avoue l’artiste peintre Carmen Colbert, qui a désormais sa propre galerie d’art en plein cœur du village.

L’entraide est d’ailleurs palpable entre les artisans qui y voient bien souvent l’occasion de promouvoir le travail de leurs collègues aux touristes.

«J’ai toujours senti l’entraide entre artisans ici. On ne veut pas juste que les gens viennent nous voir, mais on veut aussi qu’ils aillent voir les autres artisans. On se fait donc un circuit pour savoir où envoyer les touristes après leur visite chez chacun d’entre nous», avoue Judith Picard.

«Le bouche-à-oreille est tellement important ici. D’ailleurs, les artisans sont vraiment moins noyés dans la concurrence que dans les grands centres. On se réfère également entre artisans et je ne peux pas dire qu’il y a de la compétition entre nous. Il faut aussi savoir qu’on n’essaie pas non plus de copier les autres avec nos produits, mais on tente plutôt de se démarquer dans notre domaine», mentionne pour sa part la propriétaire de la savonnerie Bulles & brindilles, Raphaëlle Vincent Dionne, qui a quitté Montréal il y a quelques années pour venir s’établir dans la région.

Un son de cloche similaire pour son conjoint Julien Granger, propriétaire de l’entreprise spécialisée dans le travail du métal Granger Fab.Co. «Pour être un artisan, il faut prendre son temps et ne pas trop avoir le stress de performance en lien avec les finances. Pratiquer ce métier à Saint-Élie-de-Caxton, ça aide beaucoup. Pour moi qui le pratiquais à Montréal auparavant, ça change un mode de vie de le faire ici», soutient-il.

Un métier valorisé

Alors que plusieurs artistes et artisans travaillent souvent dans l’ombre au Québec, c’est toutefois tout le contraire qui se produit à Saint-Élie-de-Caxton. Ce métier est plutôt mis de l’avant et est même valorisé. «On m’a bien accueillie ici. On m’a donné la chance de présenter mes toiles au Garage de la culture et j’ai été invitée à peu près partout. De plus, chaque année, on nous demande si nous sommes intéressés à faire telle ou telle chose pour promouvoir notre art. On encourage vraiment notre travail et c’est important, car on est beaucoup d’artisans dans le village. On peut dire qu’on a notre place ici», conclut la peintre Carmen Colbert.

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FOC: Un label 100 % caxtonien

Depuis un an, le village de Saint-Élie-de-Caxton a une appellation qui lui est propre et qui identifie des produits créés et vendus dans le village. Le label porte le nom de FOC, acronyme de Fabrication d’origine caxtonienne.

Logo du label Fabrication d’origine caxtonienne (FOC).

La certification mise sur pied par un comité composé de Fred Pellerin, Isabelle Héroux et Christine Ouellet permet d’identifier les produits locaux par le biais d’un logo créé à cet effet. Ils sont d’ailleurs divisés en quatre catégories: les produits bruts, les produits transformés, les services et les œuvres d’art.

Ainsi, on retrouve notamment dans les produits transformés le gâteau à la mandarine de Josée Beaudoin, de Chez Elle, le cimeterre Dragon des Ateliers Nemesis, le pendentif Cœur mosaïque de la joaillière Judith Picard, la tente Alaskan de Guy Hébert, de l’A.T.U.K., le sel aux herbes, de Michelle Beauregard, les baguettes du boulanger Vincent Vogelé de la boulangerie Croûte que Croûte, les jardinières de tomates cerises de Serge Dupuis, des Serres Serge Dupuis, les tasses du potier Sébastien Houle, potier de Saint-Élie.

Afin d’obtenir cette appellation, certains critères doivent toutefois être remplis, que ce soit pour les produits, les œuvres ou les services. Parmi ceux-ci, on retrouve le fait d’appartenir à l’histoire de Saint-Élie-de-Caxton, d’être reconnu par la population, d’être unique au Caxton, de souligner le savoir-faire d’un artisan du village ou encore d’être nommé comme étant propre à Saint-Élie-de-Caxton.