Déjà bien connue pour ses livres sur le yoga et la croissance personnelle, Nicole Bordeleau présente aujourd’hui son tout premier roman intitulé: S’aimer malgré tout.

S’aimer malgré tout de Nicole Bordeleau: une plongée au plus profond de soi

Trois-Rivières — Nicole Bordeleau est très connue et très suivie par de très nombreux fans qui se passionnent pour ses conseils et enseignements tant en yoga que dans ses cours de méditation ou encore dans le cadre de ses conférences; à moins que ce ne soit dans l’un ou l’autre des cinq livres de développement personnel qu’on lui doit. Ils seront probablement plus nombreux encore à lire son tout premier roman intitulé S’aimer, malgré tout.

Le besoin, puisqu’on ne parle pas ici de simple envie, d’écrire un roman s’est manifesté dès 2015. Après avoir écrit une cinquantaine de pages, l’auteure n’a pas senti qu’elle avait le souffle pour mener son projet à bien. Elle l’a laissé mûrir pour le reprendre l’année dernière quand elle a retrouvé, par hasard, son histoire inachevée dans son ordinateur. «Je me suis dit pourquoi pas? et j’ai poursuivi l’écriture, raconte l’auteure. Quand j’ai eu environ 150 pages, j’ai envoyé le manuscrit à mon éditeur et il m’a enjoint de continuer.»

Selon ses propres dires, elle a tiré sur le fil de son histoire sans plan préalable. Elle s’est laissée entraîner par Édith, son personnage principal, une trentenaire brillante et ambitieuse dont la carrière au sein d’une firme montréalaise de relations internationales la promet à un succès exceptionnel. Cependant, ce parcours de rêve a un prix excessivement élevé puisque sa progression se fait au détriment de sa vie personnelle et de son bonheur, carrément. Il lui faudra se buter à des épreuves pour en arriver à revoir son mode de vie.

L’intérêt de l’auteure pour la psychologie est manifeste dans ce premier roman et bien que la trame narrative soit tissée serrée et que Nicole Bordeleau arrive à soutenir l’intérêt, cette narration touffue est essentiellement prétexte à plonger dans la psyché humaine.

«Comme je n’avais pas de plan, c’est mon personnage qui m’a entraînée où elle le voulait. Je me suis abandonnée à elle. J’ai compris en cours de route que pour en saisir l’essence, il était essentiel que je comprenne d’où elle venait alors, j’ai été amenée à explorer son ascendance.»

C’est ainsi que le roman s’étale sur plusieurs générations. Pas pour enrichir la trame historique de l’histoire, mais pour étayer l’assise psychologique du personnage principal qu’on perd pourtant pendant une bonne partie des 440 pages du récit. «J’aborde beaucoup de sujets mais le titre révèle l’essence de ce roman, explique l’auteure. Édith est une femme brillante mais qui manque foncièrement de confiance en elle et c’est ce qui la trahit. À travers sa vie, ce qu’elle apprend, c’est d’abord et avant tout à s’aimer elle-même en vertu d’une fondation que son père a mis en place par l’amour qu’il a eu pour elle.»

«Il reste qu’elle est carencée au niveau affectif et que cela tient justement à ce que lui ont légué ses parents et leurs parents avant eux. Seulement, elle possède en elle l’espèce de force vitale qu’il faut pour mettre fin à un cycle de dépendance qui se transmet de génération en génération.»

«En écrivant, je ne savais même pas que je serais amenée à être aussi intimement confrontée à des thèmes aussi déstabilisants. Je me présentais à mon ordinateur tous les matins en demandant à mes personnages ce qu’ils avaient à me raconter. Ça me surprend encore puisque mon personnage d’Édith et moi avons très peu de choses en commun. Mais cet exercice de l’écriture m’a permis de comprendre beaucoup de choses de moi-même. J’ai mieux compris comment mes parents m’avaient éduqué et pourquoi. En m’intéressant aux parents d’Édith, j’ai fait la démarche de ne plus les considérer exclusivement comme des parents mais comme des adultes, d’abord et avant tout, avec leurs faiblesses et leurs qualités qui ont forcément influencé leur enfant. Tout cela m’a permis de mieux me comprendre moi-même.»

Elle se réjouit particulièrement d’avoir abordé la forme romanesque. «Je ne voulais pas écrire ce que les Américains appelleraient un feel good book. J’ai eu la chance de toucher à des zones d’ombre humaines; j’ai moi-même connu la dépendance. Je retiens particulièrement ce passage du livre où l’amie d’Édith lui dit que ce qu’elle exprime à travers sa dépendance à l’alcool: c’est une façon de demander aux gens de l’aimer, et ce, malgré ses faiblesses, ses limites, ses défauts, son manque d’estime, ses chutes et ses rechutes.»

«Je pense que le roman m’a forcée à affronter une part d’inconscient, des émotions que je n’aurais pas abordées autrement. Ça m’a assurément fait sortir de ma zone de confort pour mon plus grand bien. C’était un très gros risque: je me suis lancée dans cette expérience introspective sans savoir comment ce serait reçu par les lecteurs. Pour l’instant, les réactions sont bonnes et de toute façon, je suis prête à tout assumer parce que je m’y suis complètement abandonnée et j’en suis très fière.»