Rick Pagano sera en spectacle au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco le 18 janvier.

Rick Pagano: expérience et spontanéité [VIDÉO]

Trois-Rivières — Rick Pagano roule sa bosse depuis qu’il a 16 ans. La musique le porte, le fait vivre et est intrinsèquement liée à son être. C’était comme ça avant son passage remarqué à La voix et ça l’est après aussi. Cette aventure, qui l’a mené jusqu’en demi-finale, a été une étape de plus pour l’auteur-compositeur-interprète qui tire le meilleur de cette expérience.

Bien sûr que La voix lui a donné un élan inespéré mais il n’était pas question d’y perdre son identité durement modelée au fil des succès et des échecs. Rick Pagano ne sortait pas de nulle part. Il avait étoffé son CV musical avec son groupe Final State qui s’est effrité quelque temps avant son passage au populaire concours télévisé. Il songeait à lancer sa carrière solo et La voix arrivait à point.

«C’est plus facile d’attirer des gens à des spectacles quand il y a deux millions de personnes qui t’ont vu à la télé. Ça change beaucoup de choses. J’ai pris beaucoup d’expérience à travailler avec des artistes de carrière. Ça change aussi un peu la crowd avec qui tu te tiens. Se tenir avec Marc Dupré, Éric Lapointe, Alex Nevsky et Corey Hart... ce sont des gars qui ont beaucoup de bagage. Ce sont des personnes qui font ça depuis un bout et ce n’est pas le métier le plus facile du monde. Ça prend beaucoup de jus et il faut être discipliné. C’est ce que je répète depuis le début. Ça m’a apporté beaucoup de discipline et de structure dans ma vie. Ç’a vraiment décollé pour vrai», lance celui qui a laissé tomber l’école et qui ne regrette rien aujourd’hui. «Je me considère chanceux de pouvoir faire ça et surtout que ça ait débloqué.»

Parmi les opportunités qui lui donnent des ailes, il y a les deux chansons sur l’album de Marc Dupré, On entend la nuit et Tiens ma main jusqu’à la mort. «On est vraiment plus pareil que j’aurais pensé. Je n’ai jamais eu de mentor dans la musique avant et c’est le cas de le dire, c’est un bon mentor. C’est une belle bromance!», rigole-t-il.

Onze ans donc que la musique est le carburant qui lui permet d’avancer. Depuis ses débuts, il en a vécu des hauts et des bas, des salles pleines et des salles vides, des victoires et des revers. «Ça travaille l’ego et la patience mais je n’aurais jamais arrêté de faire de la musique.»

Rick Pagano sera en spectacle au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco le 18 janvier.

Les embûches lui permettent de jeter un regard reconnaissant et prudent sur tout ce qui se passe dans sa vie actuellement. «C’est important de garder de bons amis autour et de rester focus. Ces temps-ci ça va bien. I got my shit together», lance-t-il en rigolant. «L’important, c’est de se souvenir que c’est une chance dans la vie de faire ce métier. Tant qu’il y a des gens qui vont être intéressés... pis même s’il n’y en a plus...», laisse tomber celui qui privilégie la théorie des petits pas pour l’avancement de sa carrière.

En plus de sa voix au timbre distinctif et de son amour viscéral pour la création musicale, il possède un atout qui lui permet de rejoindre un plus grand bassin de fan: son bilinguisme. «C’est un cadeau, j’imagine. Je ne sais pas si je suis plus anglais ou français, je suis comme les deux. J’aime les deux. Je pense qu’instinctivement il y a plus de tounes qui me viennent en anglais mais quand je m’assois et que je veux écrire une toune en français, je n’ai pas de misère. Comme Clone, j’en suis vraiment fier», raconte celui qui a eu une éducation anglophone au primaire et francophone au secondaire. Bien qu’il ne se campe ni d’un côté ni de l’autre, il veut utiliser à bon escient cet héritage. «Je ne veux plus faire comme dans le passé où on faisait du franglais. Maintenant, je regarde en arrière et je ne catch pas. Je n’ai pas envie de faire les choses à moitié», tranche celui qui avoue par contre entremêler les deux langues dans son parler. «Je suis d’un bord et de l’autre. Je suis assez difficile à suivre», admet-il. «C’est l’avantage des tounes, ce n’est pas très long et j’ai le temps de dire ce que j’ai à dire.»

Créer: la respiration de l’inspiration

Alors que Rick Pagano brosse un portrait de son inspiration et de ses habitudes de création, son gérant, Mathieu Bibeault, l’interrompt. «Il faut comprendre qu’il crée tout le temps!» Le principal intéressé fait un sourire en coin avant d’ajouter: «il y a des soirées que ça donne moins grand-chose que d’autres mais j’essaie tout le temps. C’est spontané. J’attrape ma guitare et je m’en vais dans un coin, j’essaie de trouver du reverbe. Souvent dans les cages d’escaliers. Ça sonne bien dans les cages d’escaliers.»

Pour marquer cette quête, il illustre la fois où ils ont enregistré, au lendemain du quart de finale de La voix, la reprise de Somewhere only we know de Keane qui compte plus de 335 000 vues sur YouTube. Dans leur recherche d’un lieu idéal pour enregistrer une vidéo rapidement, ils ont abouti dans un lieu à l’acoustique recherchée: la piscine de l’hôtel. «Geneviève Jodoin (une autre concurrente de La voix) s’y trouvait avec ses enfants et ils ne pouvaient pas se baigner le temps qu’on tourne. Ils ont été super gentils avec nous!», se rappelle en riant son gérant.

Même lors de son passage au Nouvelliste, il était à la recherche d’un endroit qui permettrait au son de rebondir gaiement et force est de constater que, dès qu’il a sa guitare entre les mains, l’inspiration y voit un signe. «D’habitude c’est le feeling, une bonne toune ça se fait vite. Si tu passes beaucoup de temps sur un morceau... ça arrive mais c’est vraiment pour les petits détails. En général, la toune sort instinctivement. Les incohérences, tu les retravailles vers la fin. C’est dur à expliquer... ça sort comme ça. À force de faire ça tout le temps, c’est devenu mon truc. Si c’est spontané, ça veut dire que c’est bon.»

Simple comme ça... ou presque. Rarement le doute fait ombrage, rarement l’ego bloque le chemin. «Idéalement, il faut triper. Si tu tripes, c’est certain que d’autres vont triper avec toi. Si tu es sur le stage et que tu ne t’amuses pas, les autres ne s’amuseront pas c’est certain. Je pense que c’est une façon de laisser les gens se libérer. Les gens s’en foutent que ce soit parfait. Ça m’arrive de me tromper en show, plus qu’une fois. Le monde veut juste se détendre et penser à autre chose. C’est comme écouter un film ou prendre une marche.»

Ce sont donc des moments uniques que Rick Pagano offre à ses fans avec qui il vit une relation pour le moins intense. «C’est une belle gang de malades! Un peu comme moi. Il y a beaucoup de monde qui ne lâche pas son fou dans la vie. Ça fait tellement longtemps que je fais ça, je m’en fous d’avoir l’air ridicule. Je veux juste m’amuser. C’est comme une thérapie. Il faut que tout le monde s’accroche à quelque chose dans la vie et il y en a plusieurs qui s’accrochent à la musique. Pour moi, c’est ma religion», affirme celui se donne la peine de rencontrer toutes les personnes qui le désirent après les spectacles. «Connecter avec les gens, c’est mon truc préféré. Plus que le studio, plus qu’écrire ou peu importe... c’est chanter devant du monde.» Rick Pagano sera en spectacle au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco le 18 janvier.