Isabelle Racicot sera l'animatrice de l'émission «Je suis chef» cet automne à V.

Vrais et faux chefs à V

CHRONIQUE / Trois chefs cuisiniers se mesurent à trois cuistots amateurs. Lesquels sont professionnels, lesquels le font par plaisir? C’est ce que devra deviner le public de «Je suis chef», une compétition culinaire animée par Isabelle Racicot, qui s’inscrit dans la nouvelle vague d’émissions qui apparaîtront cet automne à V.

J’ai déjà annoncé dans cette chronique deux autres concepts qui s’ajouteront à l’offre du diffuseur, Vendeurs de rêve, sur des agents immobiliers de propriétés de luxe, et Moment décisif, avec Kim Rusk et Serge Beauchemin. Deux ans après Ma mère cuisine mieux que la tienne, qui n’aura survécu qu’une saison, V donne le go à cette autre nouveauté, produite chez Pixcom, et dont la première saison prévoit 13 émissions d’une heure.

Contrairement aux Chefs!, où la compétition s’étend sur toute la saison, chaque émission de Je suis chef sera bouclée, avec un gagnant par émission. Six candidats s’affronteront chaque semaine. Trois d’entre eux auront la particularité d’œuvrer déjà dans le domaine, que ce soit comme sous-chefs ou traiteurs, alors que les trois autres seront de simples apprentis. Ni l’animatrice, ni les juges, ni le public ne sauront qui est professionnel et qui ne l’est pas jusqu’à la toute fin de l’émission, ce qui ajoutera au suspense. «On aura beaucoup de plaisir à deviner si untel est vraiment chef ou ne l’est pas», affirme Isabelle Racicot, emballée par ce projet. Évidemment, un amateur qui l’emportera aura d’autant plus de mérite de pouvoir proclamer «je suis chef».

L’émission, tournée en une demi-journée, se découpera en trois portions. D’abord, la compétition express de 15 minutes, où on demandera aux six candidats de préparer une entrée, comme un potage aux légumes. Déjà, un candidat sera éliminé après cette première étape. Puis, dans la seconde, de 30 minutes, on imposera un ingrédient mystère aux candidats, comme par exemple du foie gras pour accompagner un hamburger gourmet. Après quoi, un second candidat devra quitter la compétition. Enfin, le dernier quart opposera les quatre meilleurs pour la préparation d’un plat ultime, qui pourrait être un mac and cheese. Les juges n’en verront rien, et devront décider du gagnant à l’aveugle, uniquement en goûtant à leurs plats. Le meilleur d’entre tous remportera la somme de 2000 $. Parmi l’équipe de juges en rotation: Bob le chef et Danny Smiles.

La production insiste: on parle de plats simples à préparer, de sorte que même les amateurs pourront les réaliser. Pas de risque qu’on impose aux candidats de cuisiner une longe d’agneau en croûte de sel, mais plus de plats de style bistro. En plus d’animer, Isabelle Racicot se permettra de taquiner les candidats, de commenter leurs performances et de goûter à leurs plats, bien entendu. L’émission sera enregistrée devant public dans un décor chaleureux de style comptoir-bar. «On s’éloigne des émissions de cuisine plus stériles», affirme la vice-présidente au contenu de Groupe V Média, Brigitte Vincent. La période d’inscription est lancée sur noovo.ca, si le défi vous intéresse.

Pour l’instant, V compte inscrire l’émission à sa grille le lundi à 20h, contre les grandes fictions des autres réseaux. Une contre-programmation légère aux lourdeurs dramatiques de nos séries. Isabelle Racicot, qui a quitté son poste de reporter à Flash il y a déjà 12 ans à TQS, a l’impression de revenir aux sources chez V. Ce projet arrive à point pour elle, qui vient tout juste de perdre La belle gang, retirée de l’horaire à Canal Vie. En ondes depuis l’automne dernier, le magazine quotidien coanimé avec Kim Rusk et Patrick Langlois n’a pas atteint le public escompté.

On souhaite la meilleure des chances à cette nouveauté, bien que les compétitions culinaires n’ont pas toutes été couronnées de succès. Même l’auditoire des Chefs! s’essouffle ce printemps, avec une moyenne en direct de 570 000 téléspectateurs le lundi soir sur ICI Radio-Canada Télé, ce qui est en dessous des attentes. Sur la même antenne, Un chef à l’oreille avec Ricardo Larrivée avait eu des auditoires très décevants, malgré d’excellentes critiques. Même contre-performance pour La relève à TVA, déprogrammée après une seule saison. Groupe TVA s’est néanmoins porté acquéreur de la chaîne Zeste, entièrement consacrée à la gastronomie, plus tôt cette semaine, en combo avec Évasion.

JEAN PELLETIER À LA RETRAITE

Le premier directeur des affaires publiques télé à Radio-Canada, Jean Pelletier, part à la retraite, après plus de 25 ans au service de l’information du diffuseur public. Avant Radio-Canada, M. Pelletier a oeuvré au Devoir, à CKAC et à La Presse. Chez le diffuseur public, il a contribué à la relance de l’émission Le Point en 1992, et à la mise en place d’Enquête. Il s’agit du deuxième départ important en quelques mois. En mars, le directeur général information des Services français de Radio-Canada, Michel Cormier, annonçait aussi qu’il prendrait sa retraite en juillet.

LABEAUME ET SCHEER CHEZ GUY A.

Pour la dernière de la saison, Tout le monde en parle recevra le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, et le maire de Québec, Régis Labeaume, avec qui il sera principalement question du projet de tramway. C’est la première fois qu’un chef conservateur accepte l’invitation de Guy A. Lepage, Stephen Harper ayant toujours refusé de s’y présenter. Aussi sur le plateau: Denys Arcand, Maripier Morin, Jean-Philippe Dion, la boxeuse Marie-Eve Dicaire et l’auteure Helen Antoniou.