Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Si vous aimez l’esthétique de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, vous serez servi avec <em>Hollywood</em>; les rutilantes voitures, les tenues chics et colorées, la musique de l’époque, tout est parfait.
Si vous aimez l’esthétique de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, vous serez servi avec <em>Hollywood</em>; les rutilantes voitures, les tenues chics et colorées, la musique de l’époque, tout est parfait.

Un Hollywood fantasmé

CHRONIQUE / Le Hollywood de l’après-guerre que vous verrez dans la série du même nom sur Netflix n’est pas cette usine à rêves que l’on connaît, mais bien celle qu’elle aurait pu devenir. Sulfureuse, intrigante, clinquante, Hollywood mêle fiction et réalité en se permettant de corriger l’histoire.

Créée par Ryan Murphy (Glee, American Horror Story) et Ian Brennan (Glee), et en ligne depuis le 1er mai, cette minisérie de sept épisodes se promène entre la comédie et le drame, soulignant à gros traits les travers homophobes, sexistes, racistes de cette Hollywood de la fin des années 1940. Et de montrer toute cette humiliante docilité, bien souvent sexuelle, à laquelle doit se prêter tout ce beau monde, pour espérer accéder à la célébrité. Plus ça change...

Ancien militaire dans la vingtaine, Jack Castello (David Corenswet) rêve de voir son nom sur les grandes affiches, mais ne parvient même pas à décrocher des rôles de figurants. Un propriétaire de station-service (Dylan McDermott) le recrute, non pas pour ses talents de pompiste, mais pour sa beauté et son charme; après le plein d’essence, les employés vendent leurs corps à certaines clientes, et aussi certains clients, un lieu qui aurait réellement existé. Sans le sou, le jeune marié accepte de jouer le jeu, et y prend même un certain plaisir. Après sa rencontre avec un scénariste afro-américain (Jeremy Pope), et surtout avec une cliente particulièrement influente dans le monde du cinéma, Jack s’imagine déjà donner la réplique aux plus grands.

Au fil des épisodes, certains noms connus font leur apparition et se greffent à la fiction, dont Vivien Leigh, et surtout Rock Hudson avant qu’il devienne Rock Hudson (Jake Picking) – il s'appelait en réalité Roy Scherer –, homosexuel refoulé, timide et mal dans sa peau, en plus d’être un acteur minable. Vulnérable au point de répondre au chantage sexuel de Henry Willson, son gérant détestable et méprisant, du moins en apparence. Un total contre-emploi pour Jim Parsons, le Sheldon de Big Bang Theory.

Actrice afro-américaine, Camille Washington (Laura Harrier) est pour sa part réduite à jouer les bonniches; jamais une femme de couleur ne sera considérée pour un rôle principal. Il se trouve que son époux, Raymond Ainsley (Darren Criss), est réalisateur et s’apprête à tourner Peg, long métrage inspiré d’une actrice, Peg Entwistle, qui s’est réellement suicidée en se jetant de la lettre «H» du célèbre panneau Hollywood, sur le mont Lee. Et si Raymond changeait le scénario pour lui confier le rôle-titre?

Si vous aimez l’esthétique de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, vous serez servi; les rutilantes voitures, les tenues chics et colorées, la musique de l’époque, tout est parfait. Mais cette révision de l’histoire, un brin trop cynique, m’aurait fasciné davantage si le scénario n’était pas si éparpillé. Excellent en assassin dans L’affaire Gianni Versace: American Crime Story, Darren Criss campe un Raymond Ainsley d’avant-garde, attachant et digne de confiance, comme s’il y avait de l’espoir dans ce monde ultra corrompu. L’industrie du doublage ayant accumulé du retard en raison de la pandémie, vous devrez vous contenter de sous-titres français.

Actrice afro-américaine, Camille Washington (Laura Harrier) est pour sa part réduite à jouer les bonniches; jamais une femme de couleur ne sera considérée pour un rôle principal.

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LA TÉLÉ EN HAUSSE

Il y a longtemps que je ne vous avais pas parlé de chiffres. Sachez que les audiences de la télé ne sont pas en difficulté, loin de là. Depuis qu’elle est présentée en direct, Tout le monde en parle attire en moyenne 1 262 000 fidèles le dimanche soir sur ICI Télé. Mais le progrès le plus impressionnant appartient à Infoman, suivie par 1 141 000 accros, selon les données confirmées de Numeris, pour les six dernières semaines. Bonsoir bonsoir! n’a jamais aussi bien scoré, retenant 601 000 adeptes, alors que Les chefs! obtiennent une moyenne de 752 000. À TVA, Ça va bien aller rallie 978 000 habitués, alors que Si on s’aimait se contente de 686 000 curieux.