Voulant expliquer la malédiction dont il est victime, Jonathan (Félix-Antoine Duval), à gauche, se tournera en désespoir vers les sciences occultes. Il s’y prêtera par l’entremise d’une étrange collègue (Laetitia Isambert) très insistante. Simon Lacroix, incarne l’ami et le voisin de travail immédiat de Jonathan.

Mourir d’amour

CHRONIQUE / Les thrillers fantastiques ne sont pas légion à la télé québécoise. Quand on en voit, ce sont souvent des productions étrangères à gros budget. Sûrement par crainte de n’atteindre qu’un public très niché, ou encore de souffrir de la comparaison, il ne s’en produit que très peu pour les adultes chez nous, si ce n’est de Grande Ourse, qui date déjà de plusieurs années.

La malédiction de Jonathan Plourde, une minisérie que diffusera Super Écran dès le lundi 12 novembre à 21h, puis que VRAK reprendra l’automne prochain, fait donc figure d’exception. À mi-chemin entre le drame et la comédie romantique, la série est coproduite par une boîte québécoise, Avenue Productions (Marche à l’ombre), et par une boîte ontarienne, Slalom (Toi & moi ). D’ailleurs, les six épisodes d’une heure ont été entièrement tournés dans la région d’Ottawa, avec une équipe majoritairement ontarienne. Des acteurs locaux héritent surtout de rôles secondaires, aux côtés de collègues québécois dans les personnages principaux.

Le Jonathan Plourde du titre est un jeune homme de 23 ans, joué par Félix-Antoine Duval (Xavier dans L’Échappée). Sa vie est devenue un enfer depuis que, chaque fois qu’il tombe amoureux d’une fille, elle meurt tragiquement. Ludivine Reding fait une apparition éclair dans le rôle de l’une d’elles. La chose le trouble énormément, de sorte qu’il met tout en œuvre afin de ne plus tomber amoureux de personne, se contentant d’entretenir une relation platonique avec une livreuse de poulet. Ça se complique quand une séduisante gestionnaire (Kalinka Petrie) fait son apparition au bureau.

Bien entendu, la police soupçonne Jonathan de causer ces décès en série. Dans le noir total, celui-ci se tournera, par désespoir, vers les sciences occultes pour expliquer cette malédiction. Table qui bouge, croisement de Scrabble et de Ouija, lecture dans les chakras et conversations avec les plantes; il se prête à tout ça, par l’entremise d’une étrange collègue (Laetitia Isambert) très insistante. Simon Lacroix, la moitié du couple gai de Lâcher prise, incarne l’ami et le voisin de travail immédiat de Jonathan, alors que Sonia Vachon joue sa mère. Jean-Nicolas Verreault apparaît au quatrième épisode, dans un rôle mystérieux qui surgit du passé.

L’idée provient de Stéphane Lapointe, qui a oeuvré surtout comme réalisateur ces dernières années, notamment pour la première saison de Lâcher prise et les deux saisons de Faits divers. Cinéaste et scénariste, il a d’abord voulu en faire un film avant de se tourner vers la télé. Lui-même d’Ottawa, le réalisateur Martin Cadotte (Motel Monstre) offre une belle vitrine à la capitale nationale, superbement filmée. Les textes de La malédiction ont été confiés à Pierre Marc Drouin (Le siège), Marie-Sissi Labrèche et Philip Rodrigue.

La série surfe constamment entre le fantastique et la comédie. Si vous aimez les séries ultra réalistes, ce n’est pas pour vous. On n’a pas affaire ici à la série du siècle, mais on rit souvent, et les quelques effets spéciaux sont étonnamment crédibles. On insiste beaucoup sur les cauchemars et les visions de Jonathan, hanté par un personnage portant un «kangourou», et qui se trouve chaque fois là où les drames se produisent. Au moins, la série ne se prend pas au sérieux, particulièrement quand il est question de spiritisme et de surnaturel. Et Félix-Antoine Duval porte bien la série, crédible dans le rôle principal. On reste souvent pour lui, parce que l’œuvre souffre parfois du jeu plus faible de certains acteurs de soutien.

Comme VRAK, qui se cherche depuis quelques années, on ne sait pas trop à quel public on s’adresse, entre l’adolescence et l’âge adulte. La chaîne de Bell Média souhaite toutefois atteindre un auditoire plus âgé qu’avec Jérémie et Le chalet. Au fait, VRAK diffuse à partir de lundi à 19h30 la fiction quotidienne Clash, sur les jeunes patients d’un centre de réadaptation pour personnes accidentées.