Léo (Fabien Cloutier) entreprend la quarantaine en menant une vie pathétique, sans but, se laissant aller avec le courant. Il décide de se prendre en main et de faire quelque chose de sa vie.

Mon nouvel ami Léo

CHRONIQUE / En visionnant les quatre premiers épisodes de «Léo», la nouvelle comédie de Fabien Cloutier sur le Club illico, je sentais que nous vivions quelque chose. Un peu comme lorsqu’on avait vu «Les Bougon» la première fois. Léo nous montre des gens qu’on préfère tenir loin de la télé, un monde loin du raffinement des villes et de ce qui est à la mode. Et ça fait franchement du bien.

Remarquez, l’excellente série Faits divers est allée dans cette talle depuis deux saisons, l’emballant dans une enquête policière. Dans Léo, une production Encore Télévision, ce sont eux qu’on raconte, tout cru, sans le prétexte d’une grande histoire. Un récit qui n’est pas si loin du conte, avec ses personnages entiers, bien définis, francs et sincères. N’y cherchez pas de deuxième ou de troisième couche, ils nous apparaissent tels qu’ils sont.

Léo, un personnage que Fabien Cloutier avait créé au théâtre, entreprend la quarantaine sans jamais avoir eu d’emploi, dans le village fictif de Walton, qu’on imagine à trois heures de Mont­réal. Au premier épisode, il mène une vie pathétique, sans but, se laissant aller avec le courant. Quand son meilleur ami Chabot (Steve Laplante, aussi coauteur) décide de se ranger en se mariant et en fondant une famille, Léo se retrouve fin seul, avec ce grand vide qui lui apparaît soudainement immense. Plutôt que de continuer à jouer au Monopoly contre lui-même, Léo décide de se prendre en main et de faire quelque chose de sa vie.

La suite est enthousiasmante. On vit avec lui tous les obstacles qui se dressent sur son chemin, quand il se lance à la recherche d’un job, alors qu’il n’a pas complété son 3secondaire. Sa rencontre avec la propriétaire d’une «cour à scrap» (Brigitte Poupart) est absolument hilarante. Et on le suit aussi quand il se cherche une blonde. Aussitôt engagé dans une usine de gâteaux, il n’a d’yeux que pour Cindy (Marie-Laurence Moreau), l’adjointe administrative, qui lui ferait une parfaite compagne. On ne perd pas de temps avec Léo, qui lui fera savoir bien assez vite ses intentions.

Les acteurs sont fabuleux, y compris les enfants, tous justes. D’ailleurs, quelle distribution. Anne Dorval, dans le rôle de la mairesse et coiffeuse, est truculente et d’une vérité sans nom. Marc Labrèche fait un patron macho irrésistible. Et que dire des «Vainqueurs», l’ancienne gang de Léo, quatre mal engueulés auxquels il ne veut surtout plus ressembler. Vincent Leclerc, Sébastien Dubé, Hubert Proulx et Luc Boucher forment ce quatuor grossier et indésirable. Pour eux, Léo n’est qu’une «moumoune» de vouloir sortir de son quotidien paisible.

Léo n’est pas une série sage. On y sacre, le pot qu’on y fume ne vient pas de la SQDC, et la représentation qu’on y fait des régions est presque folklorique. J’ai demandé à Fabien Cloutier, lui-même originaire de Sainte-Marie en Beauce, s’il craignait que le monde rural n’apprécie pas la façon dont il le dépeint et qu’il crie au stéréotype. «J’ai pas peur. Ils sont beaux, ces personnages-là», me répond-il. Et on le sent qu’il aime chacun d’entre eux, tout au long de la série. «Et puis, on joue partout avec les stéréotypes», plaide-t-il. À l’inverse, l’auteur affirme croiser des gens beaucoup plus stéréotypés, qu’il serait impensable de décrire à l’écran.

À la réalisation, Jean-François Chagnon, ex-Appendice, accomplit un travail admirable, vraiment. Le ton un peu décalé, juste assez amplifié, qu’il donne à Léo est franchement réjouissant. Jamais je n’ai regardé ma montre durant les quatre épisodes, qui passent trop vite. Il m’en reste sept, j’en voudrais plus. Une deuxième saison est en préparation, mais en attendant, les 11 premiers épisodes d’une demi-heure sont sur le Club illico jeudi vers 10h.

V: fini le talk-show

V abandonne la formule du talk-show de 22h, et va plutôt de l’avant avec une quotidienne de variétés humoristique, diffusée du lundi au jeudi à 21h, dès février prochain. Cette nouveauté de 30 minutes sera produite par Julie Snyder chez Productions Toros, mais ne sera pas animée par celle-ci. L’émission n’a pas encore de titre, n’aura pas d’animateur unique, et sera plutôt portée par plusieurs humoristes, désignés dans les prochaines semaines. C’est parce que la formule de talk-show à 22h n’attirait pas le groupe cible des 18-49 ans que V a choisi d’abandonner cette case, et opte plutôt pour celle de 21h, actuellement occupée par des séries américaines. Celles-ci seront décalées à 21h30. V a décidé il y a quelques semaines de ne pas renouveler Le show de Rousseau, le talk-show qui avait succédé à En mode Salvail depuis mars dernier, mais qui obtenait des cotes d’écoute décevantes.

Josélito Michaud avec Pierre-Yves Lord

J’apprends que c’est à Josélito Michaud qu’a été confiée la réalisation de la nouveauté de Pierre-Yves Lord, dont une émission pilote a été enregistrée mercredi dernier. La direction d’ICI Radio-Canada Télé n’a voulu donner aucun détail sur ce concept, et préfère ne pas se prononcer avant d’avoir vu le montage final de cette émission, bâtie autour d’histoires de vie de personnalités connues et de parfaits inconnus.