Laurie Babin, Adam Moussamih, Alexandre Perreault, Lowik Drouin, Emma Bao Linh Tourné et Élizabeth Tremblay-Gagnon vous attendent pendant le congé des Fêtes dans «Le 422».

«Le 422»: un Noël fantastique à Télé-Québec

CHRONIQUE / Les thrillers fantastiques ne sont pas légion à la télé québécoise, forcée de garder les pieds sur terre en raison de ses budgets modestes. Il y a bien eu «Grande Ourse», mais il y a combien d’années? Aussi bien en profiter avec celui que nous proposera Télé-Québec durant les Fêtes.

Rien de ce que vous découvrirez derrière la porte du 422 de la rue Sauvé ne vous sera familier, même si la prémisse veut vaguement rappeler Stranger Things, le succès de Netflix.

Présentée en rafale à 18h à partir du lundi 23 décembre, Le 422 servira chaque soir de préambule à Ciné-cadeau. Dès le premier soir, on déposera l’intégrale des 13 épisodes sur telequebec.tv. Un test pour cette première saison, alors que les habitudes d’écoute évoluent.

C’est durant les Fêtes que Télé-Québec obtient ses meilleurs auditoires de l’année. Le diffuseur compte ainsi réunir les familles sur leurs divans à ce moment propice. Parce que Le 422 n’est pas tout à fait une série jeunesse comme on l’entend habituellement. Oui, les 9-10 ans y accrocheront, mais on souhaite que leurs parents soient aussi captivés.

En général, les amateurs de séries fantastiques n’ont pas peur des histoires compliquées, même qu’ils adorent ces détails discrets, plantés ici et là, comme autant d’indices pour découvrir la vérité. Et il y en a un tas dans Le 422, d’une étrange sphère dont il vaut mieux ne pas s’approcher, jusqu’au tableau d’un grand peintre, truffé d’indications.

Trois adolescents, Lou, Sacha et Luc (Alexandre Perreault, Adam Moussamih et Lowik Drouin), cherchent un endroit pour s’amuser en paix. Le 422, rue Sauvé, un bungalow de banlieue en apparence désaffecté, serait le lieu idéal. Tout un mystère entoure l’endroit, qui abritait jadis une enfant disparue, et dont les parents, partis à sa recherche, n’auraient jamais plus été revus.

Pris en flagrant délit d’invasion de domicile par deux sœurs, Sophie et Lucie (Élizabeth Tremblay-Gagnon et Emma Bao Linh Tourné), les garçons découvriront une mystérieuse porte cadenassée qu’ils finiront par ouvrir. De l’autre côté, un trou noir, ou ce qu’on appelle «la huitième dimension». Là commence leur périlleuse aventure.

Tout un monde existe au-delà de cette porte, dominé par la méchante reine Holka (Mylène Mackay), prête à sacrifier des vies humaines pour mettre la main sur un trésor inestimable. Le seul moyen de s’y retrouver : suivre les indications d’une précieuse carte, sur laquelle le valeureux Lou mettra la main. Kevin Houle, l’infâme Tristan Rabeau des Honorables, joue ici un autre méchant, Kazimir, bras droit de la reine.

Dans le monde des humains, les Guerriers de l’ombre tentent de fermer le dernier passage donnant accès à cet univers parallèle, avec à leur tête Ray (Normand D’Amour). Mais l’harmonie ne règne pas entre ses trois fils, joués par Marc Beaupré, Mathieu Baron et Noah Parker. Et il y a bien sûr les parents des enfants disparus, qui cherchent à retrouver leur trace.

Avec Le 422, Blachfilms produit sa première série télé, après avoir donné dans la websérie, notamment avec Marc-en-peluche. Les deux cerveaux derrière ces 13 épisodes, Benoît Lach et Vincent Lafortune, y travaillent depuis 2015, avant la sortie de Stranger Things, qui met aussi en scène des enfants, dont un nerd, et un univers parallèle. Le duo mise davantage sur les enjeux psychologiques que sur les effets spéciaux, même si Le 422 en contient plusieurs.

On est à des années-lumières de la série de Netflix en termes de budget; il ne faut pas s’attendre au même calibre visuellement, mais l’histoire met en scène des personnages d’ici, en qui le public pourra se reconnaître.

Les auteurs ont pris le pari de faire parler les jeunes personnages comme les ados parlent aujourd’hui, quitte à irriter les pauvres oreilles des défenseurs de la langue française. Les man, nice et chill se glissent au travers de toutes les conversations pour que les plus jeunes se reconnaissent le plus possible, ce qui jure nettement avec le langage châtié de la reine et de ses sujets. Les jeunes acteurs, qui ont de 10 à 15 ans, sont d’ailleurs très crédibles et attachants.

Au fait, combien font 4 + 2 + 2? Huit, comme dans huitième dimension. «Tout est dans tout», et rien n’est laissé au hasard dans cette histoire.