C’est encore à TVA qu’on a eu la couverture la plus vivante, la plus dynamique, de la soirée électorale.

Élections à la télé: avantage TVA

CHRONIQUE / Depuis déjà plusieurs années, on a l’impression que les élections sont devenues l’affaire de TVA. Lundi, c’est encore à ce réseau qu’on avait la couverture la plus vivante, la plus dynamique, de cette soirée bleu pâle. Et des résultats qui déboulaient à une vitesse parfois étourdissante.

On investit peu dans le décor, on place le chef d’antenne et les analystes très près les uns des autres, dans un cadre intime. Tout s’anime, et ça marche. Mario Dumont est toujours très bon et pertinent les soirs d’élections, n’attendant pas qu’on lui donne la parole pour la prendre. Paul Larocque avait annoncé une «soirée électorale excitante», il ne s’est pas trompé. Emmanuelle Latraverse venait briser le boys club des élections précédentes à TVA.

ICI Radio-Canada Télé avait un plus beau et vaste décor, mais aussi plus froid et distant. Heureusement qu’il y avait Sébastien Bovet pour mettre un peu de vie dans tout ça, très bon aux résultats devant un tableau qui passait du rouge au bleu pâle. Patrice Roy a fait mieux qu’à l’habitude, laissant quand même passer des silences. Par moments, on l’entendait chuchoter, alors qu’on est en pleine soirée électorale. Un peu plus et on partait les bruits de criquets. J’aurais aimé entendre davantage Chantal Hébert et Michel C. Auger, placés trop en retrait. En faisant l’exercice de passer d’un réseau à l’autre, on sentait un réel changement de rythme, à l’avantage de TVA.

Qu’en est-il de la clarté des graphiques? Je préférais le bandeau de TVA, avec les logos des partis, à celui d’ICI Radio-Canada Télé. TVA a été le premier à annoncer la victoire de la CAQ, à 20h14, suivi cinq minutes plus tard par Radio-Canada. Il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour que TVA annonce, à 20h32, un gouvernement majoritaire, alors que concurrent l’a imité à 20h34.

Après 20h30, nos yeux restaient rivés sur la bataille entre le Parti québécois et Québec solidaire, voyant parfois le premier passer sous le deuxième, une image surréaliste. Dans le déni, un des rares députés du Parti québécois, Pascal Bérubé, refusait de répondre à Patrice Roy, qui lui demandait d’expliquer ce résultat désastreux pour son parti. Il a fait le même coup à Pierre Bruneau, s’obstinant à féliciter ses bénévoles. Il aurait mieux fait de dire non à l’entrevue. Dominique Anglade, une ancienne de la CAQ, a été à peine plus bavarde, s’engageant à rester quatre ans comme députée du Parti libéral. «C’est toute qu’une sensation», s’est exclamé Éric Caire à TVA, en voyant l’ascension rapide de la CAQ. En effet.

Gabriel Nadeau-Dubois, les bras dans les airs, tel le Messie, semblait planer avec ces gains historiques pour Québec solidaire. À voir l’euphorie qui régnait à son rassemblement, plus intense qu’à celui de la CAQ, on aurait pu croire à une victoire de QS. Depuis quand diffuse-t-on les discours des députés? Québec solidaire a eu ce privilège lundi, notamment pour Vincent Marissal. «S’il est vrai que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, je vous annonce que je suis immortel», a lancé le nouveau député, dont l’absence de modestie n’a certainement pas irrité seulement les analystes de TVA, sévères à son endroit.

Le son a joué des tours à TVA, notamment pour le discours de Philippe Couillard, enterré par de la musique au début, et décalé par la suite, sonnant la boîte de conserve. Radio-Canada avait eu le même problème plus tôt avec Catherine Dorion dans Taschereau. Le diffuseur public aimait beaucoup tendre ses micros aux partisans, alors qu’on préfère entendre les candidats.