Télé et radio

De garde 180 jours

CHRONIQUE / Tout le monde a une opinion sur la compétence des professeurs, sur l’état de nos écoles, sur ce qu’on devrait enseigner. Mais combien d’entre nous avons un réel portrait de ce qui s’y passe au jour le jour, des conditions dans lesquelles les profs doivent enseigner? La série documentaire «180 jours» risque d’avoir sur vous le même effet que «De garde 24/7», si vous avez suivi cette excellente série à Télé-­Québec, au point de changer considérablement votre vision du milieu scolaire.

Diffusée à partir de jeudi à 20h sur la même chaîne, la série de 12 épisodes, de la même équipe de production que De garde 24/7 chez Avanti, s’étend sur les 180 jours d’une année scolaire, de la rentrée au bal des finissants, à l’école secondaire Gérard-Filion à Longueuil. Dans cette première polyvalente au Québec, les élèves, de 65 nationalités différentes, proviennent souvent de milieu défavorisé. Le taux de décrochage y est élevé. De façon extrêmement sensible et respectueuse, la réalisatrice Mélissa Beaudet nous permet vraiment de saisir l’intensité de ce qui se vit dans une école chaque jour.

Comme d’autres problématiques scolaires, l’intimidation est l’un des sujets les plus sensibles. Et pas seulement celle qui se passe à l’intérieur des murs, mais aussi après les classes, notamment sur les réseaux sociaux, terreau fertile d’intimidation. Quand une élève reçoit des messages tels que «grosse pute, tu devrais pas vivre» et «fais-toi frapper par une voiture», l’école n’a pas le choix d’intervenir, de concert avec la police. Même collaboration quand un souteneur s’introduit dans la cour pour recruter des jeunes filles. Déjà dans les premiers jours, une altercation survient dans le couloir; un élève vient de dire à une autre de «niquer» sa mère. Un conflit que doit régler avec le plus grand tact une des directrices adjointes.

Imaginez, en cette rentrée, plusieurs postes de professeurs n’ont pas encore été comblés. Un enseignant engagé il y a à peine deux semaines doit à son tour former un suppléant. C’est si récent que, dans les documents remis aux élèves, Hugo Ladéroute n’est pas identifié. «Le pas de nom, c’est moi!» dit-il aux élèves qui cherchent leur classe de français. Attendez de voir la prof d’ECR (éthique et culture religieuse). Avec elle, la matière devient soudainement intéressante.

J’ai été particulièrement touché par la classe de Celso C. Leduc, composée d’élèves aux prises avec des troubles de communication. Une scène du cinquième épisode, particulièrement émouvante, montre ces élèves exprimer toute leur reconnaissance envers leur professeur et leurs camarades, avant le congé des Fêtes. Une démonstration éloquente de ce que peut changer l’école dans les vies d’enfants au bord de décrocher.

J’ai eu un coup de cœur pour la directrice, Sylvie Dupuis, elle-même une ancienne élève de Gérard-Filion. Humaine, attachante, investie. Les directeurs d’école peuvent passer pour des durs, c’est tout le contraire pour Sylvie Dupuis, qu’on sent tout à fait sincère dans ses rapports avec le personnel et les élèves.

Ce n’est pas vrai que les jeunes n’ont pas d’opinion, qu’ils n’ont rien à dire. Et ce, même si personne ne lève la main quand le prof demande qui connaît Michel Tremblay. Fred Pellerin? Deux mains se lèvent. Rachid Badouri? Tout le monde le connaît. Bien que certains visages soient brouillés dans les situations les plus délicates, la majorité des élèves se montrent à la caméra. Sachez qu’il a fallu expédier par la poste 1500 demandes de consentement aux parents afin d’y arriver, un travail titanesque.

C’est fou comme plusieurs séries offertes sur nos chaînes cet automne réveillent en nous tant d’admiration. Pendant que la téléréalité célèbre l’insignifiance, il y a au moins les Infractions, Classe à part, Pinel : au cœur de la maladie mentale, L’unité des naissances et 180 jours qui nous font voir le travail essentiel d’une multitude d’individus, motivés par le cœur et le dévouement. De la télé qui fait du bien, dont notre monde a cruellement besoin.

***

Les quatre chefs chez Guy A.

Philippe Couillard, François Legault, Jean-François Lisée et Manon Massé seront de la première de Tout le monde en parle, dimanche à 20h sur ICI Radio-Canada Télé. Pour leur permettre de participer au Face à face Québec 2018 à TVA jeudi soir, l’émission sera exceptionnellement enregistrée vendredi. Aussi sur le plateau de Guy A. Lepage et Dany Turcotte : Louis-José Houde pour le Gala de l’ADISQ, Paul Arcand, qui a reçu un Gémeaux pour Conversation secrète, de même que Pénélope McQuade et Hugo Latulipe pour le documentaire Troller les trolls.

Télé et radio

«XOXO», chest, bras

CHRONIQUE / Si «XOXO» représente la nouvelle ère de la téléréalité, ce n’est pas sur l’apparence de ses candidats qu’on verra la différence, croyez-moi. Les cinq mâles de la nouveauté de TVA, qui commence mercredi à 19h30, pourraient tous danser au 281. Et les 26 filles qui les convoitent pourraient à peu près toutes travailler comme mannequins.

Même si le genre m’indiffère totalement, j’étais curieux de voir à quoi rimait cette réplique de TVA à Occupation double. Compliqué, XOXO? Il faut admettre qu’une fois la première terminée, on comprend assez bien le concept. Sachez que les trois conseillers, l’artiste peintre et ex-lofteuse Elisabetta Fantone, M. Beachclub, Olivier Primeau, et le styliste Cary Tauben auront chacun leur équipe de filles, qu’ils appuieront dans l’organisation d’événements pour appâter les mâles. Des conseillers, il est clair que Tauben se démarquera par son exubérance et sa spontanéité. En français, l’artiste anglophone s’exprime en peu de mots et rappelle étrangement le chroniqueur artistique de l’époque disco Coco Douglas Léopold. «Je t’aime et je veux toi dans mon groupe!» dit-il à une candidate. Jamais un mot méchant, toujours adorable. Chaque conseiller a un penthouse, décoré à son goût, qui sera habité par les filles. Dans celui de Cary Tauben, les armoires sont léopard, à l’image du personnage.

Télévision et radio

«Révolution», plus qu’un gadget

CHRONIQUE / Je craignais le gadget, la bébelle qui ne sert qu’à flasher ou attirer l’attention. Mais ce qu’on appelle «le moment Révolution», créé par 128 caméras qui filment un mouvement de danse à 360 degrés, constitue réellement une valeur ajoutée à l’expérience que vivront sans doute plus d’un million de télé­spectateurs cet automne à TVA.

J’ai beaucoup aimé la première de Révolution, que vous pourrez voir dimanche à 19h30. Et je suis curieux de voir comment le public recevra cette compétition de danse, où les vedettes ne sont pas invitées. Que des talents purs, qu’ils aient sept ans jusqu’au début de la soixantaine, dans tous les styles. L’effet wow est réussi.

La série commence dimanche avec les auditions. Trente-six places sont disponibles en vue des face-à-face. La formule du levier qu’on actionne pour approuver la chorégraphie rappelle inévitablement le bouton rouge de La voix. Sauf que les juges, qu’on appelle les maîtres, peuvent l’activer pendant ou même après la fin du numéro, question de faire durer le suspense. Trois leviers actionnés signifient que le candidat ou le groupe passe directement à la prochaine étape, alors que deux l’envoient au ballottage.

Bien que Sarah-Jeanne Labrosse assure la narration et qu’on la voit beaucoup encourager les danseurs, les maîtres prennent une place vraiment importante dans l’émission. Ma révélation est Lydia Bouchard, qui rayonne dans cette formule. J’adore sa façon de réagir aux prouesses des danseurs, mais aussi à leurs faiblesses. Bien sûr, vous connaissez Jean-Marc Généreux, peut-être un peu moins exalté qu’on l’a déjà vu, mais pas moins passionné. Les Twins, Larry et Laurent Bourgeois, complètent admirablement ce quatuor original. Et vous verrez que, bien que jumeaux, ils ne sont pas toujours d’accord. Je n’ai pas senti que les maîtres avaient appris des phrases choc qu’ils lanceraient aux candidats durant la production. Leurs réactions sont naturelles.

Les adeptes de Danser pour gagner, la production de Julie Snyder diffusée l’hiver dernier à V, reconnaîtront deux troupes de Québec : les filles de QMDA et les garçons de MARVL. Mais mon coup de cœur parmi les candidats s’appelle Rahmane, 22 ans, aussi de Québec, dont le style très saccadé rappelle un peu celui des Twins. Vous le verrez danser sur Seul au monde de Corneille, une chanson qui rappelle sa propre solitude après avoir perdu contact avec sa famille. Outre ce léger rappel à la vie privée de Rahmane, j’ai beaucoup apprécié qu’on ne fasse pas intervenir le passé malheureux des candidats. Pas de vidéo de présentation sur eux, on entre directement dans la danse, on nous montre ce qu’ils ont dans les jambes et le cœur.

Contrairement à Danser pour gagner, rien n’est en direct. La production est beaucoup plus léchée. Même la finale sera enregistrée, parce que le public ne sera pas invité à voter pour ses danseurs préférés. La danse est un art trop complexe et précis pour qu’on laisse la décision finale au feeling du public. Les candidats jouent gros parce que le gagnant remportera 100000$ à la 11e et dernière émission.

La production a voulu s’assurer que le français soit bien présent dans les chansons choisies par les danseurs. Mais c’est sûr que vous entendrez de l’anglais, comme The Show Must Go On de Céline Dion. La claquette ne vous dit rien? Attendez de voir le jeune Mathieu s’exécuter sur la pièce dance How Deep is Your Love de Calvin Harris & Disciples, vous n’aurez jamais rien vu de tel.

Depuis trois ans qu’ils y travaillent, Québecor Contenu et Fair-Play ont conçu ce format expressément pour le vendre à l’étranger. Ils souhaitent rien de moins que de conquérir le monde avec leur système de caméras 360, et tenteront de convaincre les producteurs et diffuseurs au prochain Mipcom à Cannes.

***

LES GÉMEAUX EN HAUSSE

Le Gala des prix Gémeaux défie la tendance et voit son auditoire augmenter d’année en année. Dimanche, 1291000 téléspectateurs ont regardé la soirée animée par Jean-Philippe Wauthier sur ICI Radio-Canada Télé, comparativement à 1065000 en 2016 et 1 140000 en 2017. Coanimé par Claudine Prévost et Herby Moreau, le tapis rouge a aussi connu une légère hausse, suivi par 796000 curieux, comparativement à 736000 l’an dernier. L’après-gala a quant à lui suscité moins d’intérêt, vu par 164000 téléspectateurs, alors que 213000 étaient au rendez-vous en 2017.

RICHARD THERRIEN

Gémeaux: il ne manquait que «Fugueuse»

CHRONIQUE / On attendait un triomphe de «Fugueuse», on a eu droit à celui de «Plan B» et de «District 31». L’Académie des Gémeaux ne s’est pas laissée impressionner par le raz-de-marée créé par la série de TVA, couronnant l’oeuvre de Séries+, aussi encensée par la critique. Ainsi, personne de «Fugueuse» n’est monté sur la scène de ce 33e gala, mené en solo par Jean-Philippe Wauthier, qui a su prouver qu’il n’avait besoin de personne pour bien performer.

La première surprise a eu lieu en début de gala, alors que Magalie Lépine-Blondeau a été préférée à Ludivine Reding (Fanny) pour sa convaincante interprétation dans Plan B. On avait visiblement sous-estimé les chances de la série, probablement parce qu’elle remontait à un an et demi. Une formidable publicité en vue de la deuxième saison, qui apparaîtra sur l’Extra d’ICI Tou.tv et ICI Radio-Canada Télé, cet automne.

Même pour le prix du public, Fugueuse s’est fait coiffer par District 31, l’autre phénomène en fiction cette année, qui a vu sa vedette masculine, Vincent-Guillaume Otis, monter sur scène. Par contre, Fugueuse a eu droit au seul segment variétés, franchement un des beaux moments de la soirée. Des survivantes d’exploitation sexuelle portant des pancartes «J’étais Fanny» se sont avancées sur scène, pendant la chanson d’Isabelle Boulay.

La série de Michelle Allen aura tout de même eu trois prix: celui du rôle de soutien à Claude Legault, remis l’après-midi sur ICI ARTV, et ceux du meilleur montage et de la meilleure distribution, remis jeudi, hors d’ondes. On sentait Ludivine Reding déçue, et nous l’étions aussi pour elle. C’était son année. En même temps, ce n’est pas gênant pour Magalie, incomparable dans Plan B. Bien sûr, le jury n’a pas à récompenser les œuvres les plus populaires, le Gala Artis s’en charge. Mais quand même, un trophée des pairs, ne serait-ce qu’un, aurait été bienvenu.

On se demandait bien comment Jean-Philippe Wauthier allait se débrouiller à l’animation, maintenant seul. À aucun moment, on n’a senti qu’il aurait eu besoin d’un acolyte. Le numéro d’ouverture à la façon d’En audition avec Simon, pour trouver un coanimateur, était tout à fait réussi. On entendait d’ailleurs la salle crouler de rire à chaque gag, particulièrement quand Gilbert Sicotte est apparu pour lancer: «Pas obligé de crier!» Et quand France Beaudoin, complètement furieuse, lançait une chaise à bouts de bras à ceux qui l’auditionnaient.

Puis, Wauthier nous a servi un monologue plus inégal, tout ce qu’il y a de plus cinglant, qui n’épargnait personne. On sentait qu’il y avait du Serge Denoncourt, metteur en scène du gala, là-dessous. L’animateur a aussitôt évacué l’absence d’Éric Salvail, se disant touché, «contrairement aux dernières années, où ce qui me touchait beaucoup, c’était mon coanimateur.» Un an, ça passe vite. «Guylaine Tremblay annonçait encore des voyages, Jean-Claude s’appelait encore Giovanni [Apollo] et le harcèlement sexuel était encore un style de gestion», a rappelé un Wauthier efficace dans sa livraison.

La salle est restée plus froide à ce moment. Les gags qui ont suscité le plus de grincements de dents concernaient Julie Snyder et les départs successifs des animateurs des Francs-tireurs. «Ça fait 20 ans et Richard [Martineau] a pas encore compris le message.»

Rien à redire sur les remerciements. Discours inspirant de Fabien Cloutier, l’unique Mike Pratt dans Faits divers, qui méritait son trophée du rôle masculin dans une série dramatique est venu les larmes aux yeux en parlant de ses enfants. Même émotion en voyant Magalie Lépine-Blondeau recevoir l’équivalent féminin pour Plan B.

Le roi des remerciements, Antoine Bertrand, l’a fait cette fois «en rimant». «Oui, je l’avoue, ce Gémeaux est bien beau, mais c’est pas lui qui me rend heureux. Il a sa place sur le manteau, et toi, dans mon cœur amoureux», a-t-il envoyé à sa douce, Catherine-Anne Toupin, après avoir gagné pour Boomerang.

Accueillie chaleureusement, Anick Lemay, qu’on voyait pour la première fois depuis l’annonce de son cancer, a profité de sa présence pour déplorer qu’on ne récompense pas les auteurs au gala du soir, en présence de l’auteure Caroline Allard.

Après avoir été récompensée pour ses textes et sa réalisation, Unité 9 a été sacrée meilleure série dramatique annuelle pour la quatrième année consécutive. La présence de District 31 n’a finalement pas brouillé les cartes autant qu’on le croyait. La série a néanmoins reçu le précieux prix du public et Vincent-Guillaume Otis, le prix du rôle masculin. Dans cette catégorie, Céline Bonnier a toutefois battu Magalie Lépine-Blondeau pour son rôle dans L’heure bleue.

Plusieurs artistes ont vécu leur baptême de Gémeaux dimanche, François Morency récompensé pour son animation du Gala Les Olivier, et Paul Arcand pour sa Conversation secrète avec Guy Lafleur. Premier Gémeaux amplement mérité pour Jean-Marie Lapointe, dont la très touchante série Face à la rue dépasse le cadre télévisuel. Son père Jean lui avait dit un jour: «T’as deux oreilles et une bouche. Écoute donc deux fois plus que tu parles.» Sage conseil qu’il suit avec cœur. Deuxième chance, une autre émission très émouvante, a remporté le prix de la série documentaire de société.

Plusieurs beaux moments dans cette soirée, dont celui offert par Véronique Béliveau, qui a repris le fameux thème de Radio-Québec, à l’occasion des 50 ans de l’antenne, devenue Télé-Québec. La chanteuse n’avait perdu ni de son charme, ni de sa voix. Je réclame un retour.

Neuf statuettes sont allées à des productions d’ICI Radio-Canada Télé, quatre à TVA, dont un à Moi et cie, deux à Séries+. J'ai bien aimé ces pubs de séries doublées, un beau flash à reprendre. L’équipe a eu le formidable clin d’oeil de demander à Mme Chagnon, célèbre depuis le débat des chefs, de conclure la soirée avec son néanmoins célèbre «pas tellement». Une soirée qui s’est donc déroulée rondement, mais qui aura peut-être laissé un goût amer aux fans de Fugueuse.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

Télé et radio

«Clash»: fraîcheur et nouveaux visages

CHRONIQUE / Comment se relever d’un grave accident qui nous laisse de lourdes séquelles? Quatre jeunes autour de la vingtaine l’apprendront à la dure dans la nouvelle quotidienne «Clash», signée Martine D’Anjou et produite par Fabienne Larouche et Michel Trudeau. Quarante-huit épisodes totalisent la première saison, un défi pour VRAK, qui souhaite fidéliser son public de jeunes adultes.

L’action se situe en grande partie dans un centre de réadaptation pour patients ayant subi de graves traumatismes. Deux coéquipiers de soccer sont en fauteuil roulant après un accident de voiture, qui transportait aussi la blonde de l’un d’eux, sortie indemne. On passera la première partie de la saison à en apprendre au compte-gouttes sur ce qui s’est vraiment passé le soir où Robin (Alexandre Nachi) a perdu la maîtrise du véhicule et heurté une autre voiture, laissant son ami Christophe (Alex Godbout) handicapé comme lui. Dans le déni, celui-ci s’obstine néanmoins à s’inscrire à un camp d’entraînement de soccer, n’écoutant personne autour de lui.

ARTS ET SPECTACLES

« Faits divers » chez les nudistes

J’avais adoré la première saisons de Faits divers, mais je sens que je vais aimer encore plus la deuxième. Une histoire qui mêle meurtre sordide, mafia italienne, camp de nudistes et juifs hassidiques. Du solide boulot pour Constance Forest (Isabelle Blais) et toute son équipe du bureau régional de Mascouche.

L’action se transporte donc dans un camping naturiste, tenu par un couple original, joué par Luc Senay et Chantal Baril, qu’on avait très peu vue depuis Km/h, mais qui fait beaucoup de doublage. Les deux courageux comédiens se montrent souvent dans leur plus simple appareil. Bien qu’on voie souvent les seins de Chantal Baril, la caméra ne montre pas tout, juste assez. Quoique j’ai vu plus de pénis dans un seul épisode de Faits divers que dans deux saisons de Cheval-Serpent!

C’est un réel fait divers, la découverte de trois cadavres dans un camping naturiste de Sainte-Brigitte-des-Saults en 2017, qui a donné cette idée à l’auteure. La productrice Sophie Deschênes chez Sovimage raconte qu’elle a dû changer le lieu de tournage de ces scènes, en raison des tiques, qui auraient pu incommoder sérieusement les acteurs. Les risques du métier vont parfois très loin.

La deuxième saison se déroule un an après la première. Bien qu’on change complètement d’enquête, on retrouve nos deux enquêteurs principaux, Constance et Fred (Émile Proulx-Cloutier), qui vivent désormais sous le même toit, avec toute la famille. Guy Nadon est toujours formidable dans le rôle du père de Constance, qui arbore le kilt lorsqu’il fréquente le camp de nudistes. Constance est toujours appuyée par son fidèle partenaire, Jonas (Maxime Mailloux).

Nous connaissions Sylvain Lauzon (Patrick Hivon), l’ex de Constance, nous connaîtrons maintenant sa famille, qui fraie dans des affaires pas trop catholiques. D’abord, son père Maurice (Roger Léger), propriétaire d’un concessionnaire de voitures usagées. Puis, sa sœur Rachelle (Rachel Graton), qui compte prendre la relève de son père à sa retraite. Or, tout tourne au vinaigre quand Maurice désigne plutôt Jimmy (Alexandre Goyette), le chum de l’autre sœur de Sylvain.

Pour des raisons que vous découvrirez, la mafia sera impliquée dans l’enquête à venir. Parce que Rachelle n’aime pas beaucoup que Tony Cozzolino (Tony Calabretta), chef de la mafia italienne des Laurentides, empiète sur ses plate-bandes. Beaucoup de nouveaux visages dans le clan italien, dont celui de Roman Pagliaro, oui, oui, le fils de Michel Pagliaro, qui forme un duo d’hommes de main pas très futés avec Virgil Serban, les Orsini. Et vous verrez Claudia Ferri, sortie de Lietteville l’an dernier, dans le rôle de leur soeur.

Et pour ajouter à la diversité, on a affaire à une communauté de juifs hassidiques, mécontents de voir des nudistes se promener dans le voisinage. Encore plus de devoir répondre aux questions des enquêteurs – et surtout des enquêteuses! – sur une affaire de meurtre sordide en plein restaurant, la trame principale de cette deuxième saison.

Cette seconde saison, qui commence ce soir (mardi) à 21 h, est encore meilleure que la première. Ceux qui étaient rebutés par l’ambiance glauque et le rythme lent rappelant Fargo préféreront aussi ce nouvel opus. Ça bouge plus, on rit énormément même si on parle de meurtres, et les textes de Joanne Arseneau sont savoureux. Même Stéphane Lapointe a vivifié sa réalisation et aime surprendre le téléspectateur. Tous les acteurs sont bons, mais j’ai un faible pour Rachel Graton, très différente de son rôle de Laurence dans Les Simone, et Alexandre Goyette, impayable en beau-frère innocent.

Vous n’avez pas besoin d’avoir vu la première saison pour apprécier la deuxième, puisqu’il ne s’agit pas vraiment d’une suite. D’ailleurs, ne comptez pas sur le retour de Mike Pratt et de l’avocate au congélateur, Anne Dupuis, qu’on imagine derrière les barreaux. Réjouissons-nous: une troisième saison est en préparation.

Chefs, dragons et squelettes de retour

Les émissions Les chefs! et Dans l’oeil du dragon seront de retour au printemps prochain sur ICI Radio-Canada Télé. L’immortel jeu Des squelettes dans le placard, qui a célébré cet été sa 1000e émission, a quant à lui obtenu son passeport pour une 14e saison l’an prochain. Radio-Canada n’a toutefois pas encore confirmé le retour des talk-shows Les échangistes et Le beau dimanche, mais il est encore bien tôt.

Isabelle Richer quitte Enquête

La journaliste Isabelle Richer quitte l’émission Enquête, qu’elle coanimait depuis trois saisons avec Marie-Maude Denis. Elle conserve sa quotidienne de 11h30 sur ICI RDI, en plus d’occuper désormais les fonctions d’analyste judiciaire dans les bulletins de l’antenne. Dans un communiqué, Radio-Canada explique que la décision a été prise d’un commun accord avec la journaliste, qui dit « manquer de temps ». Marie-Maude Denis reprendra quant à elle l’animation d’Enquête en solo, le jeudi 20 septembre à 21 h, sur ICI Radio-Canada Télé.

Télé et radio

«Ruptures»: Ariane sous haute tension

CHRONIQUE / Je me disais qu’elle ne pourrait tenir à ce rythme encore longtemps. Eh bien, Sainte-Ariane Beaumont va craquer cette saison. Un quatrième chapitre de «Ruptures», ma série préférée d’entre toutes, commence sous haute tension, dans la nouvelle case horaire du lundi à 21h, dès le 10 septembre.

Rappelez-vous la finale au printemps, quand ce père fou furieux joué par David Savard a menacé de tout faire sauter, briquet à la main, serrant contre lui l’enfant qui n’est finalement pas le sien. On reprend là où on avait laissé, avec une Ariane (Mélissa Désormeaux-Poulin) complètement paniquée, incapable de raisonner son client. Dose intense de stress dans ce premier épisode, dont notre avocate préférée sortira vidée.

Le drame agit comme un véritable électrochoc sur Ariane, qui voit rejaillir des souvenirs du meurtre de son père. La santé ne suit plus et le diagnostic tombe : elle fait de la pression artérielle. Parce que, oui, elle a des failles. Au point d’être incapable de reprendre le boulot après la prise d’otages, dont je tairai bien sûr l’issue. Entre en scène un nouveau personnage joué par Vincent Leclerc (Séraphin), Me Marc Dalpé, qui prendra le relais à moitié durant sa convalescence. Un être charismatique, qu’elle a connu à l’université, sur qui elle pourra compter, en plus de sa fidèle employée Gabrielle (Dominique Laniel). Mais vous savez bien qu’Ariane ne pourra jamais quitter complètement. À ses risques et périls.

Marie Rousseau (Catherine Trudeau), elle, est dans sa meilleure forme. Vous assisterez à une querelle épique entre Ariane et elle, un échange au cours duquel elles se diront leurs quatre vérités. Et ça fera mal. Hélas, on n’est pas près de voir Claude (Isabel Richer) plaider à nouveau de sitôt. En cure de désintoxication, elle tente de se reconstruire, pendant que l’infâme Jean-Luc de Vries (Normand D’Amour) rêve d’obtenir sa vengeance contre elle. Claude pourrait aussi avoir à ses trousses le truculent détective Alain Grimard (Serge Postigo), qui n’a toujours pas pris d’avoir été berné par elle.

Une des premières causes de droit familial abordées dans la série concerne une femme dont le conjoint, un homme marié, n’a pas donné signe de vie depuis des mois. Brigitte Paquette, qu’on voit trop peu à notre écran, jouera un rôle important dans cette intrigue. On abordera l’histoire d’un enfant transgenre avec Émilie Bibeau et Gabriel Sabourin, alors que Salomé Corbo et Guy Nadon seront d’une autre intrigue.

Sachez que l’histoire entourant l’épouse d’Antoine (Guillaume Lemay-Thivierge) se conclura cette saison. Ça ne veut pas dire pour autant qu’Ariane et lui pourront enfin vivre leur amour. Au fait, Étienne (Vincent-Guillaume Otis), son ex, refera surface et pourrait brouiller les cartes. On saura tout également de l’enquête sur la mort du père d’Ariane, et sur ce que cache Mireille (Sylvie Léonard) à ses enfants. Une cinquième saison est en développement. La directrice générale de la télévision de Radio-Canada, Dominique Chaloult, souligne que la série a conservé sensiblement le même auditoire, malgré ses changements d’horaire. La saison dernière, 943 000 fidèles étaient au rendez-vous.

L’arrivée du talentueux Rafaël Ouellet (Nouvelle adresse, Fatale-Station) à la réalisation pour prendre la relève de François Bouvier donne un nouvel élan à la série, plus soignée. Aux textes, Isabelle Pelletier, Daniel Thibeault et François Camirand font encore un travail remarquable. Il est absolument incroyable que Mélissa Désormeaux-Poulin et Isabel Richer ne soient pas en nomination aux Gémeaux pour leur interprétation, avec le talent qu’elles ont. David Savard récolte la seule nomination de la série, méritée, pour son rôle de soutien.

Télé et radio

«Discussions avec mes parents»: sympathique, mais drôle?

CHRONIQUE / «Discussions avec mes parents», la nouvelle comédie de François Morency, est très certainement sympathique. Mais drôle? Pas assez à mon goût. J’ai ri seulement à quelques reprises en voyant les trois premiers épisodes, qui ont quand même quelque chose de réconfortant.

Parce que j’ai reconnu bien des parents, dont les miens, dans ceux de l’humoriste. Quand ils lui demandent de l’appeler une fois arrivé chez lui, ça me rappelle mon père. Et j’ai aussi reconnu en Jean-Pierre (Vincent Bilodeau) le même patenteux, bricoleur, qui installe un interphone dans la maison pour éviter qu’on crie au lieu de se déplacer. Eh oui, on en avait un chez nous.

J’ai tout de même ri en voyant Rollande (Marie-Ginette Guay) brasser sa bouteille de ketchup, un geste qui rappelle tout de suite la masturbation. Ou lorsqu’elle sort des titres de chansons d’Elvis à son gendre anglophone, parce qu’elle ne connaît pas un mot d’anglais. Rollande est aussi une fidèle lectrice de Danielle Cuivre — ça ne vous rappelle pas une certaine Danielle Steel? —, auteure de titres aussi farfelus que Les caresses de la comtesse agricole et Le rotoculteur de l’amour.

Télé et radio

ICI la continuité

CHRONIQUE / Alors que TVA renouvelle son offre en variétés, ICI Radio-Canada Télé ramène cet automne la plupart de ses succès de l’an dernier, et offre en soirée quatre nouvelles séries dramatiques originales, dont deux cet hiver seulement. La directrice générale, Dominique Chaloult, n’était pas peu fière de nous dire que le diffuseur public avait connu sa meilleure saison depuis 14 ans dans les sondages d’écoute. Les titres qui ont le mieux marché sont de retour, de «District 31» à «Tout le monde en parle», en passant par «Unité 9» et «1res fois».

De retour le lundi 10 septembre à 19h, District 31 reste certainement la série la plus attendue. Le nouveau lieutenant (Geneviève Brouillette) n’a pas seulement l’air bête, elle a un passé pas clair avec Laurent Cloutier (Patrick Labbé). Le fait qu’il n’y ait pas d’enquête sur le meurtre de Phaneuf interpelle le journaliste Jean Brière (Jeff Boudreault). Au fait, vous apercevrez Patrick (Vincent-Guillaume Otis) reconfirmer qu’il a bien pris congé de la police.

Télé et radio

TVA: le plein de nouveautés

CHRONIQUE / Quoi regarder à TVA cet automne? À vous de faire vos choix parmi les nombreuses nouveautés de l’antenne. «Face au mur, La voix junior, Au secours de Béatrice» et d’autres ont tiré leur révérence, au tour de «Révolution, XOXO, Le jeu» et «Tout le monde aime» de se lancer à votre conquête.

Sur fond de menace de conflit de travail de la part des employés, qui ont voté dimanche à 86,5 % pour des moyens de pression allant jusqu’à la grève, TVA entreprend son automne, fort de ses 24 % de parts de marché, ce qui est plus qu’ICI Radio-Canada Télé et V réunies. Le réseau se vante aussi d’avoir une portée mensuelle supérieure à YouTube et Facebook, et d’être la chaîne à susciter le plus d’écoute en direct.

Plusieurs œufs du panier sont déposés le dimanche soir. On a mis le paquet pour l’émission de danse Révolution, branchée sur le 220 comme Jean-Marc Généreux, l’un des quatre juges. On avait sorti les images les plus spectaculaires au lancement de presse lundi, levant le voile sur une technique de tournage à 360 degrés, point central du concept. Ainsi, 128 caméras filmeront les danseurs pour les montrer de tous les angles, y compris ceux qui échappent habituellement aux spectateurs. Si le mouvement n’est pas tout à fait réussi, vu d’un angle en particulier, ils perdront des points.

Au lieu d’un gros bouton comme à La voix, les juges pourront activer un levier pour montrer leur intérêt. Et comme à l’émission de Charles Lafortune, on consacre les premières semaines aux auditions. Sarah-Jeanne Labrosse agit comme égérie de cette émission, qui sera lancée le dimanche 23 septembre à 19h30.

Le retour de Sonia