Chronique

1res fois, la deuxième chance de Véro

CHRONIQUE / On le sait, le retour de Véronique Cloutier à la télé l’hiver dernier n’a pas été celui qu’elle aurait espéré. Le concept de «Votre beau programme» a fait bien des mécontents et le public n’était pas au rendez-vous. Rencontrée hier sur le plateau de «1res fois», sa nouvelle émission de variétés diffusée à partir du jeudi 18 janvier à 20h sur ICI Radio-Canada Télé, l’animatrice part cette fois beaucoup plus confiante.

Pourtant, elle n’a pas dit oui d’emblée à 1res fois, un concept que Pierre-Louis Laberge lui a soumis alors qu’elle sortait à peine de Votre beau programme et qu’elle pansait ses plaies, le printemps dernier. Mais le producteur et concepteur s’est montré convaincant. Chaque semaine, deux invités vedettes reviennent sur leurs premières fois: leur arrivée au pays, leur première lettre d’amour, leur premier amour, etc. Un concept parfait pour l’animatrice, qui retrouve le studio 42, sa maison depuis 20 ans à Radio-Canada.

Mais 1res fois ne concerne pas que le passé. On permettra aussi aux artistes de vivre une première fois dont ils rêvent depuis longtemps. Rémi-Pierre Paquin souhaitait chanter devant un grand public dans un aréna. On a profité d’un spectacle de Gregory Charles et Marc Hervieux pour lui bander les yeux et l’emmener sur la scène du Centre Bell, où il a pu réaliser son rêve.

Véronique tenait à ce que 1res fois se distingue de La vraie nature à TVA, où les vedettes reviennent aussi sur leurs premières fois, qui ne sont pas toujours de bons souvenirs. À 1res fois, on veut rire et sourire, même si les larmes viendront par moments. Et si on revient sur des cas humiliants, on s’assure que l’artiste soit capable d’autodérision et qu’il ait fait la paix avec l’incident. On n’est pas non plus aux Enfants de la télé, et on ne sortira qu’au besoin des extraits télévisuels du passé. Par contre, les vidéos d’enfance et d’adolescence seront courantes.

Au début de chaque émission, Véronique sortira d’un coffre des objets qui ont compté pour ses invités. Pour la suite, ce sera chaque fois des surprises. Parmi les invités prévus: Pierre-Yves Lord, Christian Bégin, Mariloup Wolfe, Ricardo, Pierre Hébert, Julie Bélanger, Fabien Cloutier, José Gaudet et Phil Roy. 1res fois ne sera pas en direct, ce qui permettra de tourner un peu plus long et d’élaguer le moins intéressant au montage. Un orchestre mettra de l’ambiance sur le plateau. Coproduites par Notre Compagnie de Production et KOTV, 13 émissions d’une heure sont prévues.

Un an après l’aventure Votre beau programme, Véronique Cloutier n’est pas du tout dans le même esprit. Avec le recul, elle reconnaît que l’émission avait des défauts, que tout n’était pas clair dans le concept. «Mais j’ai fait la paix avec ça», dit-elle. Habitée par le stress l’an dernier à l’approche de la première en direct, elle se sent beaucoup plus d’attaque et rassurée par 1res fois. Un pilote et deux émissions ont déjà été tournées. «Je suis ravie du résultat», affirme Véro.

Télé et radio

Dans l’engrenage de Fugueuse

CHRONIQUE / Fugueuse, la nouvelle série de TVA, illustre bien comment tout peut basculer du jour au lendemain pour une adolescente au portrait familial presque parfait. L’œuvre de 10 épisodes d’une heure, sur l’exploitation sexuelle des jeunes filles, affrontera Les pays d’en haut le lundi à 21h, dès le 8 janvier 2018.

TVA souhaite faire œuvre utile avec ce sujet très d’actualité, comme il l’a fait pour les jeunes et l’alcool au volant avec Pour Sarah, du même trio, composé de l’auteure Michelle Allen, le réalisateur Éric Tessier et le producteur Louis Bolduc chez Encore Télévision. Fugueuse, une idée originale de Québecor Contenu, risque en effet d’interpeller bien des gens, particulièrement les parents d’adolescentes, et de provoquer des discussions dans les chaumières. Parce que ça peut arriver à tout le monde.

Pas besoin de vivre une situation familiale difficile pour être attiré par ce que font miroiter les prédateurs aux victimes. Fanny (Ludivine Reding), 16 ans, vit avec sa famille dans une maison de banlieue, avec son père Laurent (Claude Legault), sa mère Mylène (Lynda Johnson), son frère Mathias (David Poirier) et sa petite sœur Anabel (Mayssa Resendes). Une famille normale, qui n’a ni plus ni moins de problèmes que les voisins.

Mais Fanny veut plus. Plus d’argent, plus de liberté. Quand les sous lui manquent pour accompagner son chum Fred et ses deux meilleures amies à New York, la frustration s’empare d’elle. Son adorable grand-mère Manon (Danielle Proulx) accepte de lui prêter l’argent, mais son père le lui refuse catégoriquement. Par un concours de circonstances, Fanny décide de quitter sa chambre, alors plongée dans un monde attirant, les belles fringues, les beaux gars, les belles voitures, le traitement VIP.

Télé et radio

Face au mur : et quel mur!

CHRONIQUE / En 22 ans de métier, j’en ai vu des plateaux de télévision. Sur celui de «Face au mur», le nouveau grand jeu de TVA, je me sentais comme un enfant qui entre à Disney World. Hallucinant est le seul mot que j’ai trouvé en voyant ce gigantesque mur, pièce maîtresse de cette adaptation d’un concept américain, «The Wall», qui fait fureur sur NBC depuis un an, et exporté dans une douzaine de pays.

À TVA, seul le studio G pouvait contenir ce mastodonte, qui a la taille d’un immeuble de quatre étages. Encore qu’il a fallu décrocher des pièces du plafond pour que ça entre. La construction de cette réplique du mur original est entièrement québécoise. On s’est d’ailleurs inspiré des murs des adaptations américaine, française et polonaise, auxquelles on a ajouté des écrans incrustés au plancher et une caméra aérienne. Rien de trop beau.

«Au début, j’avais le mal de mer sur le plateau», m’a confié l’animatrice Maripier Morin, en m’invitant à vivre l’expérience d’en bas, à moins d’une semaine du début des enregistrements. À l’émission pilote, quand il fut question d’Alcatraz dans une question, elle a vu les flots de la baie de San Francisco s’ouvrir sur les écrans au sol devant elle. Assez pour étourdir l’animatrice, dont la carrière ne cesse de prendre de l’ampleur.

Face au mur prendra la relève de Lâchés lousses dans la case du mardi à 19h, dès le 23 janvier prochain. Les participants, qui viennent en duos, ne sont pas là par hasard, mais ont été sélectionnés pour leurs accomplissements. «Des gens d’exception qui se sont démarqués par leurs bonnes actions», résume la directrice principale chaînes et programmation du Groupe TVA, Suzane Landry. Ça peut être un duo d’enseignants qui ont le feu sacré, impliqués dans de nombreux projets, ou encore des gens qui ont parrainé une famille de réfugiés syriens venus s’installer au Québec. «On veut inspirer les gens à faire une différence autour d’eux», explique Maripier Morin.

Pour accumuler de l’argent, les participants doivent répondre correctement à des questions de connaissance générale, jouer de stratégie et compter sur le hasard. Le mur est construit un peu sur le principe du Plinko, un des jeux les plus populaires de The Price is Right. Au lieu des pastilles, ce sont des balles qu’on laisse tomber au sommet du mur, et qui atterrissent dans une des 15 cases contenant des montants d’argent, de 1 à 200 000 $. Si la réponse est bonne, les balles deviennent vertes et on empoche, sinon, tout devient rouge, et on perd de l’argent. Plus d’un million de dollars peuvent être attribués chaque semaine.

Cinq questions sont posées dans la première manche. Dans les deux suivantes, les duos sont séparés, un devant le mur, l’autre est isolé. Tout se joue dans la troisième manche, alors que le candidat dans la cabine insonorisée doit décider s’il signe ou s’il déchire le contrat, sur lequel apparaît un montant d’argent garanti. Et ce, sans savoir s’il a répondu correctement aux questions, et combien d’argent a été accumulé. «Le mur peut tout donner, mais aussi tout reprendre», résume Maripier Morin, dont le frère Mathieu tourne les vidéos de présentation des candidats.

L’émission est coproduite par TVA Productions et Deux L Productions (Nathalie Laberge et Jean-Marc Létourneau), en collaboration avec Québecor Contenu. Il a fallu 12 semaines et l’expertise de Scène Éthique, Softbox et des ateliers scéniques de TVA pour construire et monter ce mur, qui nécessite 9 millions de lumières LED. Quinze caméras nous retransmettront sa magie, dont une au plafond offrant une vue à donner le vertige.

Comme elle ne croyait jamais faire du cinéma, Maripier Morin n’avait pas planifié animer un jeu télévisé un jour. Mais c’était elle que voulait TVA. Par insécurité, elle n’était d’ailleurs pas certaine d’être la personne désignée pour animer l’émission. «Je me trouvais trop jeune. J’avais peur de brûler des étapes, et je me disais que ce show-là revenait plutôt à quelqu’un qui avait du métier. Aujourd’hui, je suis convaincue que c’est moi qui devais l’animer.» Elle croit que son empathie et son exubérance sont ses meilleurs atouts pour cette expérience.

Contrairement à d’autres jeux, les participants ont le choix de conserver l’argent pour eux ou de le remettre en tout ou en partie à des œuvres de bienfaisance. Porte-parole de la Fondation des étoiles, Maripier Morin souhaite créer un mouvement de générosité à travers l’émission. «Si jamais le mur décide de ne pas être généreux avec les duos, j’ai l’impression que les gens vont vouloir compenser en faisant des dons pour leurs œuvres.»

Autant le jeu est excitant, autant il peut être cruel et laisser les participants repartir avec rien du tout. «C’est comme une série dramatique, avec des courbes émotives hyper intenses. À la fin, c’est l’euphorie ou le scénario catastrophe!»

Chronique

Cette colère qui gronde

CHRONIQUE / Tout le monde a une opinion, partout, tout le temps. Et qui passe trop souvent par la violence verbale. Il en a été souvent question, dimanche, à Tout le monde en parle. Une émission dans laquelle il devait aussi être question d’intimidation et de suicide, sujets qui ont dû être évacués pour des raisons d’enquête en cours.

Pour cette dernière avant les Fêtes, l’étoile du match va sans hésitation à Catherine-Anne Toupin, aussi éloquente que passionnée. La Shandy d’Unité 9 s’inquiète de la surabondance d’agressivité et de défoulement dans l’espace public. «On a perdu le contrôle sur le discours ambiant. J’ai l’impression qu’il y a une violence qui est en train de s’immiscer de manière pernicieuse partout dans nos vies.» L’actrice et dramaturge parle d’«un magma dangereux, qui nous change collectivement et individuellement.»

La réaction négative des téléspectateurs à la colère de Marie Lamontagne dans Unité 9 lui a inspiré sa prochaine pièce à La Licorne, La meute, précisément sur la colère, et réservée à un auditoire de 16 ans et plus. «Ça prend une certaine maturité pour digérer tout ça», admet l’auteure, encensée par la critique britannique pour sa pièce Right Now, adaptée depuis dans plusieurs pays.

Appelant à une certaine prudence, la comédienne a néanmoins défendu le choix de l’équipe d’Unité 9 de montrer la violence telle qu’elle est dans la scène du double viol de mardi dernier. La série se déroule en milieu carcéral, où des femmes sont victimes de violence. «Pour rendre justice à ce milieu-là, on n’a pas le choix [de le montrer]», croit-elle.

Non seulement François Morency n’évitera pas l’affaire Gilbert Rozon au Gala Les Olivier dimanche prochain, mais il compte arracher «le Band-Aid» dès le numéro d’ouverture. «Il y aura un éléphant dans la pièce, il faut que je le tue vite», dit-il. L’humoriste, qui devait animer le prochain gala hommage au Festival Juste pour rire, espère que l’entreprise sera vendue «au PC». «Je ne vois pas comment ils peuvent faire un festival comme on a toujours connu.»

Une question qu’on lui pose beaucoup, à travers toutes les chicanes et controverses du milieu: «Eille les humoristes, pouvez-vous juste faire des jokes?» Il a écrit cinq épisodes d’une série inspirée de son livre Discussion avec mes parents, dans laquelle il jouerait son propre rôle, mais qui reste à l’étape du projet.

Dans la portion consacrée à Patrick Bourgeois, décédé la semaine dernière à 55 ans, il a beaucoup été question de son sens de l’humour, qu’il a cultivé jusqu’à la fin. Son amie Geneviève Borne l’a accompagné durant ses traitements. «C’était des fous rires, même en chimiothérapie! […] Il était très moqueur. Et sa cible préférée, c’était lui-même», relate l’ancienne VJ de MusiquePlus, qui a vécu la BBmania.

Ses deux comparses des BB étaient là. Alain Lapointe pensait que son ami allait au moins passer les Fêtes pour voir la maison qu’il venait de faire construire. François Jean, qui avait lancé une poursuite contre lui il y a deux ans, ne lui parlait plus depuis. Patrick avait accepté de le revoir dernièrement, mais la rencontre n’a pas eu lieu. Le duo s’est rappelé des grands moments du groupe, dont ces retrouvailles de 2008 aux FrancoFolies devant 100 000 spectateurs. «La musique de Patrick va continuer à travers Ludovick [son fils]», affirme Geneviève Borne.

Il a été question de couples libres avec Martin Matte et Mélissa Désormeaux-Poulin, venus promouvoir leur nouvelle comédie, Le trip à trois. On a senti Mélissa très prudente lorsqu’il a été question du réalisateur Sylvain Archambault, qui l’a dirigée durant les trois premières saisons de Mensonges et une partie de la quatrième. «Ça s’est toujours fait dans le respect et dans l’humour», dit-elle, en ce qui la concerne, tout en donnant de l’importance aux témoignages de chaque victime. «On n’a pas le choix de l’écouter, de la croire et d’agir.»

Concernant le nouveau Festival du rire de Montréal, Martin Matte est aussi demeuré prudent. En gros, il appuie ses collègues moralement. «Juste pour rire est un joyau pour Montréal, et je ne souhaite pas que ça s’éteigne», dit-il aussi. Matte s’ennuie du temps où les humoristes pouvaient ne pas avoir d’opinions sur tout.

Fidèle d’Occupation double Bali, Yves P. Pelletier est venu à la rescousse de Jay Du Temple, que les autres s’amusaient à taquiner. Il prédit à Joanie une carrière à la Maripier Morin. «Une chance qu’elle était là», affirme l’ancien RBO. Arrangé avec le gars des vues, le sauvetage perpétuel de Sansdrick et Joanie? «Tu connais la télé Guy A.!» a répondu Jay Du Temple, avant d’ajouter, à propos des revirements de la téléréalité de V: «C’est la 11e saison, faut brasser la soupe un peu.» L’animateur et humoriste se surprend qu’on ait souligné le faible score de l’émission à la télé, alors qu’elle s’adresse aux 18-34 ans, qui n’ont pas de télé et qui la regardent sur les plateformes numériques.

Les téléspectateurs qui attendaient Yan England et Karine Dufour, la soeur de Simon Dufour, l’adolescent qui s’est enlevé la vie, ont dû être déçus. Après avoir été contactée par le Service de police de l’agglomération de Longueuil, l’équipe de l’émission a décidé de retirer ce segment. «Des développements dans l’enquête depuis jeudi rendaient l’entrevue complètement caduque», m’a expliqué Guy A. Lepage, tout juste avant la diffusion. Ce n’est pas la première fois qu’un invité est coupé au montage, comme c’était arrivé pour Tanya St Arnauld, la jeune femme qui avait été aspergée d’acide par son ex-conjoint.

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Chronique

Trop violent, Unité 9?

CHRONIQUE / L’épisode particulièrement violent d’Unité 9 de mardi dernier a fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, si vous ne l’avez pas vu, ne pas lire ce qui suit. Plusieurs ont jugé la violence de certaines scènes excessive, entre autres celle d’un double viol dont a été victime le personnage de Jeanne (Eve Landry). Des images crues qui ont choqué.

L’auteure Danielle Trottier s’attendait à des réactions, mais justifie sa décision. «Ma job, c’est de prendre des risques. Ce risque-là, je l’ai pris pour les victimes d’abus sexuels», dit-elle. L’auteure a voulu dépeindre cette cruelle réalité, ayant rencontré elle-même plusieurs victimes. «Je savais bien que je touchais à quelque chose de sensible, mais je savais aussi que c’était un sujet trop important. Il faut que ces femmes, qui sont des survivantes, sachent qu’elles ne sont pas seules à vivre ces situations.»

Dans d’autres scènes, elle souhaitait aussi donner une voix aux femmes autochtones, avec le personnage d’Eyota Standing Bear, joué par Natasha Kanapé Fontaine. Lors d’une scène de fouille à nu, presque insoutenable, la caméra s’est attardée sur les inscriptions «Fuck Door», tatouées sur le corps de la nouvelle détenue, terrifiée.

Au moment d’écrire ces lignes, Radio-Canada avait reçu 33 plaintes et commentaires, tous négatifs, de téléspectateurs. Aux communications, on juge que la scène en question n’était pas gratuite, étant donné qu’Unité 9 se déroule dans un milieu de vie difficile. On précise aussi qu’on verra comment Jeanne survivra à cet abus dans la deuxième portion de saison, dès janvier. Notons que des avertissements sont apparus au retour des pauses publicitaires, de même qu’une pastille indiquant que l’épisode s’adressait aux 16 ans et plus.

APPARENCES ADAPTÉE EN FRANCE

Au tour des Français de chercher Manon : le tournage d’une adaptation d’Apparences, la série de Serge Boucher, commence là-bas la semaine prochaine. L’œuvre sera diffusée au cours de l’automne prochain sur la chaîne France 3 et produite chez Samka Productions. Voilà quatre années que la maison de production Pixcom planchait sur ce projet, qui a d’abord été développé par TF1 avant d’être repris par France Télévisions. Pour la France, les 10 épisodes seront réduits à six, mais la série reprend sensiblement la même histoire, celle d’une actrice populaire dont la sœur jumelle, Manon, disparaît mystérieusement. Le rôle de Nathalie, joué ici par Geneviève Brouillette, est attribué en France à l’actrice belge Helena Noguerra, aussi chanteuse et romancière, d’origine portugaise. Comme pour l’œuvre de Michel Tremblay, l’écriture de Serge Boucher semble universelle. «Les drames familiaux fonctionnent partout à travers la planète», remarque le président de Pixcom, Nicola Merola. Trois auteurs signent l’adaptation en France. Par ailleurs, la série Vertige, également de Pixcom, intéresse aussi les Français. Une version doublée de l’œuvre québécoise a été diffusée en Espagne il y a quelques mois. Chez nous, la série mettant en vedette Fanny Mallette avait été présentée à Séries+.

Chronique

Ruptures: balance ton porc!

CHRONIQUE / Si j’avais besoin d’une boule de cristal fiable, j’emprunterais celle de Daniel Thibault et Isabelle Pelletier, les auteurs de Ruptures. Bien avant la vague de dénonciations qui a marqué notre automne, le duo avait imaginé la chute de Jean-Luc de Vries (Normand D’Amour), pire salaud du moment à la télé, dénoncé par des femmes, victimes du prédateur sexuel. Un coup de théâtre qui a poussé Ariane (Mélissa Désormeaux-Poulin) à rappeler à son ancien patron qu’il l’avait violée.

De Vries n’a pas fini d’en baver, mais le croire vaincu serait sous-estimer sa vilenie. Et Claude Boily (Isabel Richer) pourrait bien en payer le prix, dans cette troisième saison tout à fait d’actualité, diffusée dès le lundi 8 janvier à 20h, sur ICI Radio-Canada Télé. Les trois premiers épisodes, montrés aux journalistes, donnent furieusement envie de voir la suite. Voilà une série qui tient en haleine, aux rebondissements efficaces, aux percutantes répliques, et portée par des comédiens et, surtout, des comédiennes, tous des plus convaincants. François Camirand a aussi coécrit quatre des 12 épisodes, réalisés pour la deuxième année par François Bouvier. Le droit de la famille est toujours au centre de l’oeuvre, inspirée de la longue expérience de l’avocate Suzanne Pringle.

On reprend donc au lendemain de ce fameux gala où des femmes ont dénoncé publiquement leur agresseur. De Vries devient à ce jour persona non grata à son grand cabinet d’avocats, et même Marie Rousseau (Catherine Trudeau), qui lui fut loyale jusqu’à ce jour, veut s’en débarrasser au plus vite. À contrecœur, Anne Lemieux (Geneviève Brouillette) redeviendra l’épouse au bras de son mari, le temps d’un éventuel procès. En parallèle de cette histoire, très présente cette saison, une autre risque de troubler Ariane encore plus : l’enquête sur le meurtre de son père a été rouverte. Un policier joué par Paul Doucet mènera l’enquête.

D’autres causes occuperont le cabinet d’Ariane, qui doit temporairement se départir des services de Claude, toujours accro à l’alcool et aux antidouleurs. On imagine facilement l’avocate impitoyable perdre patience en assistant à des rencontres de Dépendants anonymes. «Lève ton gros cul! […] Appeler sa mère à 40 ans pour chialer, grow up!» dira-t-elle à un homme déjà à terre. Chère Claude.

Chronique

Shania, en français s'il vous plaît!

CHRONIQUE / Je savais qu'elle se débrouillait en français. Mais qu'elle le parlait avec autant d'aisance? C'est dans cette langue, qu'elle a perfectionnée durant ses années en Suisse, que Shania Twain, Ontarienne d'origine, a charmé le public de «Tout le monde en parle» dimanche soir. Et une étoile du match pour Shania.

La reine du country pop, qui a lancé son cinquième album, Now, son premier en 15 ans, a dû réapprendre à chanter. La maladie de Lyme dont elle est atteinte a endommagé ses cordes vocales, mais certainement pas son charisme.

Il a été question de son divorce très médiatisé, et de l'histoire d'amour qui a suivi avec l'ex-mari de sa meilleure amie, qui l'avait trompée son propre ex-mari. «Alors, vous êtes perdus? Vous êtes toujours là?» a-t-elle blagué après l'explication de ce scénario digne des soaps américains.

Come On Over reste l'album le plus vendu de tous les temps par une artiste féminine avec 40 millions d'exemplaires. La chanson That Don't Impress Me Much lui avait entre autres été inspirée par Brad Pitt, qui se montrait dénudé dans les magazines. «Où sont les limites de la vie privée? J'ai trouvé ça triste. Et c'était ça qui était pas impressionnant!» dit-elle.

Les influenceurs de la série de VRAK, Marc Fitt, Elisabeth Rioux et Alicia Moffet, font carrière avec leur image sur le Web. Ceux-ci se font offrir de promouvoir des shakes, du thé pour maigrir et des agents blanchissants pour les dents, mais disent non pour préserver leur crédibilité. Très active sur Instagram, Elisabeth demande néanmoins de 10 000 à 12 000$ pour une publication payée. Après sa participation à La voix, Alicia Moffet a eu une «écoeurantite» du chant. En tournée, des côtés de l'industrie l'ont «turnée off», dit-elle, avant d'avoir repris goût au chant et à son rêve de faire carrière.

Fascinant personnage que le cinéaste des fonds marins, Mario Cyr, qui vulgarise à merveille sa passion. Lors de ses nombreux voyages en Arctique, le Madelinot a constaté les effets de la fonte des glaces sur les déplacements des animaux, à tel point qu'il devient difficile de planifier les tournages. Mario Cyr, qu'on verra durant les Fêtes dans la série documentaire Un homme à la mer à ICI Radio-Canada Télé, a frôlé la mort en 2010, sous la banquise en observant les bélugas. Plongé dans le coma en raison d'une valve gelée, il a été sauvé in extremis.

«Grâce à lui, on pourra enfin se faire les ongles dans l'avion», a dit Guy A. Lepage pour présenter Marc Garneau. Une première visite du ministre des Transports du Canada, qui a défendu la loi permettant d'apporter une lame d'au plus six centimètres en avion, y compris les kirpans. Le ministre plaide que cet objet cérémonial est porté sous le vêtement. Il affirme que coupe-ongles, tire-bouchons et couteaux suisses ne représentent pas une menace, et que la France, l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne et l'Espagne les admettent déjà dans les avions.

Au sujet des migrants, Marc Garneau affirme que le gouvernement déploie des ressources aux États-Unis pour leur expliquer les règles. Seulement 10% des migrants haïtiens ont été admis comme réfugiés au Canada, rappelle-t-il. La carte du fou du roi: «Lors de votre prochain vol, si vous ressentez la furieuse envie de vous curer les ongles, les petits coins de cette carte sont parfaits.»

Après un cancer des ovaires, Mélanie Renaud est en reconstruction. On la sent fragile et confiante à la fois. La révélation de l'ADISQ en 2002 n'avait pas fait d'albums depuis neuf ans. Des années à se rouler plusieurs joints par jour. Même qu'elle ne se souvient de rien de son expérience «Notre-Dame de Paris» en France, qu'elle a passée gelée. «Je fume encore parce que j'aime ça, mais j'ai trouvé l'équilibre, parce que sinon, je serais pas ici», admet-elle.

Elle n'est plus l'être égocentrique qu'elle a été, de son propre aveu. «J'ai fait de l'abus de pouvoir avec les gens. […] Astheure, j'ai peur des compliments.» Elle préfère finalement que sa carrière en France n'ait jamais levée. «J'aurais tout fait foirer».

Très éloquent, le chroniqueur et animateur Christian Page a réduit en pièces plusieurs théories du complot, dont celle de l'orchestration des attentats du 11 septembre par le gouvernement Bush. Il évite habituellement de se prononcer à la radio sur ce sujet, qui lui vaut souvent des menaces de la part d'auditeurs. L'une des théories les plus farfelues est celle des «chemtrails», ces traînées blanches laissées par les avions, qui seraient en réalité des gaz neurotoxiques envoyés pour rendre les populations malades. Assurément le segment le plus amusant de la soirée.

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Télé et radio

La fin pour Formule Diaz

CHRONIQUE / On le sait : les magazines culturels ont une durée de vie très limitée à la télévision. Sébastien Diaz aura su durer neuf ans dans ce créneau à Télé-Québec, cinq à Voir et quatre à Formule Diaz. Mais voici qu’il annonce vouloir passer à autre chose à la fin de la présente saison en mars prochain.

«Je sentais que j’avais été suffisamment loin dans l’exploration de ce projet et qu’il était temps pour moi d’affronter de nouveaux défis», a-t-il écrit sur sa page Facebook. L’animateur ne quitte pas pour autant Télé-Québec. Il souhaite d’ailleurs que le magazine Format familial, qu’il coanime avec sa femme Bianca Gervais, soit renouvelé, précisant que la décision n’a pas encore été prise par le diffuseur. «On se croise les doigts», écrit-il.

Maintes fois récompensées aux Gémeaux, Voir et Formule Diaz ont permis à Télé-Québec de maintenir une case horaire culturelle durant neuf ans en format hebdomadaire, après plusieurs années de quotidiennes, notamment avec Les choix de Sophie. Formule Diaz obtient cet automne une moyenne de 45 000 téléspectateurs le lundi à 21h, et 49 000 pour les rediffusions. Des chiffres modestes, mais pas inhabituels pour ce type de programmation.

Avec la fin de Formule Diaz, y aura-t-il un magazine culturel à Télé-Québec en 2018-2019? Le directeur général de la programmation, Denis Dubois, répond qu’il est dans le mandat du diffuseur d’avoir du contenu culturel à son antenne, et qu’il y en aura. Sous quelle forme? Ça reste à définir.

De son côté, Sébastien Diaz affirme avoir plusieurs beaux projets sur la table, lui qui s’illustre également comme réalisateur, compositeur et producteur. La diffusion du Premier Gala de l’ADISQ à Télé-Québec, qu’il anime depuis deux ans, n’a pas encore été confirmée pour l’an prochain.

ON N’EST PAS COUCHÉ LE DIMANCHE

L’émission a beau s’intituler On n’est pas couché, il faut veiller bien tard pour voir l’intégrale de l’émission de Laurent Ruquier, à TV5 le samedi soir. À la demande du public, le diffuseur déménage le titre de France 2 à une heure plus décente, le dimanche à 19h, dès le 7 janvier prochain. Gros avantage : l’émission ne sera plus diffusée avec une semaine de retard, mais bien le lendemain de la diffusion en France, donc plus collée à l’actualité. Une alternative, mais pas un véritable compétiteur à Tout le monde en parle, qui commence une heure plus tard sur ICI Radio-Canada Télé.

TVA LARGUE LES GALAS JUSTE POUR RIRE

Après mûre réflexion, TVA a décidé de retirer définitivement les Galas Juste pour rire de sa grille horaire, mais de conserver Les gags et les spectacles d’humour dont il détient les droits. La diffusion des galas, interrompue depuis le scandale Rozon, devait originalement se poursuivre jusqu’à l’été 2018. En ce qui concerne Juste pour rire en direct, le talk-show présenté durant le festival, il n’était déjà plus question qu’il soit diffusé à TVA, le diffuseur n’ayant pas renouvelé son entente avec l’entreprise, avant le scandale.

LA VOIX JUNIOR FRÔLE LES 2 MILLIONS

La finale de La voix junior, remportée par Sydney Lallier de Granby, a attiré l’attention de 1997 000 téléspectateurs dimanche soir à TVA, comparativement à 2331 000 l’année dernière. L’émission de Charles Lafortune a rallié 52 % de l’auditoire disponible. Sur ICI Radio-Canada Télé, la présence de Guy Nantel à Tout le monde en parle a intéressé 979 000 curieux. Sur V, Occupation double Bali continue de captiver 559 000 irréductibles — malgré l’insupportable Joanie! —, et OD+ en direct, 158 000.