Dans la salle Thompson qui l'a vue chanter officiellement pour la toute première fois dans une comédie musicale conjointe CMI/STR, Fabiola Toupin retrouvera jeudi son public trifluvien et les chansons d'Aznavour.

Retrouver Aznavour et les siens

On imagine Fabiola Toupin anxieuse à quelques jours de son spectacle La Bohème: Fabiola chante Aznavour à la salle Thompson ce jeudi. C'est une fausse impression. Elle est fébrile, bien sûr, mais elle est confiante, sûre d'elle et de son spectacle.
Rencontrée au lendemain d'une représentation à Sainte-Dorothée, l'interprète y avait obtenu précisément ce qu'elle souhaitait: l'assurance que le spectacle est bien intégré et solide.
«Je n'ai pas à me poser de questions quant aux paroles des chansons ou comment je les amène, explique-t-elle. En fait, la grosse inconnue, c'est de savoir à quel point je vais être dans le moment présent pour bien m'imprégner des réactions de la salle et y réagir. Et ça, on ne peut pas le savoir avant une représentation.»
Fabiola n'en sera qu'à un second spectacle complet à son nom à la salle Thompson. Et encore, la première fois, elle partageait la scène avec l'OSTR.
«D'une certaine façon, c'est comme ma première fois. Des gens me disent que c'est gagné d'avance, mais je ne le vois pas du tout comme ça. Je ne mise même pas sur une connivence particulière avec le public. Non pas que les gens ne sont pas enthousiastes, mais la salle Thompson est impressionnante pour les artistes comme elle l'est pour le public.
On ne peut jamais tenir pour acquis qu'un spectacle va marcher. Le rythme particulier d'une représentation, il se bâtit sur place, dans l'énergie du moment. Une chose est sûre cependant, c'est que j'ai très hâte.»
Une autre semble incontestable: le public sera au rendez-vous puisqu'à trois jours du spectacle, il ne restait de paires de billets qu'au balcon. 
Ne reste plus aux chansons d'Aznavour qu'à opérer leur séduisante magie. «J'ai présenté le spectacle une douzaine de fois déjà et ma relation à Aznavour est bien intégrée: je la sens de plus en plus légère et faite de plaisir.
Si Aznavour était dans la salle, ce serait autre chose: j'aurais une pression qui me dérangerait. Mais là, je n'ai qu'à me laisser habiter par ses chansons. Le plaisir est bien là. Même pour les chansons plus fantaisistes, je les connais bien et je sais jusqu'où je peux aller pour bien les rendre.»
La chanteuse a choisi la pureté: elles seront offertes dans une version piano-voix ou guitare-voix, sans plus. «C'est comme ça que j'arrive le mieux à leur donner ma couleur, justifie Fabiola. Il n'y aura pas de grosse scénographie, de grosse machine alors, je pourrai aller là où me porte mon plaisir.»
Seule fantaisie, ou presque, elle accueillera trois invités spéciaux qui viendront la seconder pour trois chansons. Elle réserve la surprise de leur identité au public.
«J'aurais pu en profiter, puisque c'est mon spectacle à la salle Thompson, pour faire intervenir plein d'invités, mais non: je ne veux pas que ça vienne briser le rythme naturel du spectacle. Pour éviter ça, ils vont venir dans un moment précis de la soirée avec trois chansons regroupées.»
Ce qu'elle accepte de dévoiler, c'est que c'est son ami Baptiste Prud'homme qui assumera la première partie du spectacle avec trois chansons tirées de son spectacle Chansons de papier
Au-delà d'une simple promotion pour son spectacle, c'est avec une inattaquable conviction qu'elle défend l'idée même du spectacle en salle, vivant.
«Plusieurs connaissent mon album sur Aznavour sorti à l'automne, mais un spectacle, c'est forcément autre chose. Il n'y a pas un équipement technique qui peut reproduire le son en direct dans la salle, les intonations particulières de l'interprète. Rien ne se compare à la chanson vivante. Depuis que le spectacle tourne, mes interprétations ont évolué. Et puis, il y a les enchaînements: j'adore parler avec les gens. Mon humour se révèle, aussi, en spectacle.»
«La musique se diffuse beaucoup à travers les écrans d'ordinateur et de téléphones, mais quand les gens viennent voir des spectacles, ils renouent avec quelque chose de fondamental: les rencontres humaines avec les surprises, les imperfections. C'est ça qui rend la musique vivante et belle.»
Les billets sont toujours disponibles par l'intermédiaire de la billetterie de la salle Thompson ou du site de la chanteuse au www.fabiolatoupin.com.