En présentant aujourd’hui une exposition de Guy Langevin, la directrice du Centre d’exposition Raymond-Lasnier Marie-Andrée Levasseur fait un clin d’œil au passé puisqu’il avait été le premier artiste à y exposer après les grandes rénovations de 2003.

Retour au bercail

TROIS-RIVIÈRES — La toute première exposition qui a été présentée au Centre d’exposition Raymond-Lasnier après les rénovations dont il a fait l’objet en 2003 en était une de Guy Langevin.

«Je ne cacherai pas que pour l’année de notre cinquantième anniversaire il y a un clin d’œil au passé dans la décision de présenter une exposition de Guy, explique la directrice du centre Marie-Andrée Levasseur. Par contre, il n’aurait pas été question de simplement reprendre une expo qu’il aurait présentée ailleurs. Ça tombait bien puisqu’il nous proposait quelque chose de tout nouveau.»

Pour le principal intéressé, on peut parler de quelque chose qui ressemble à un retour au bercail. «Je me suis installé à Trois-Rivières en 1974 et le centre d’exposition était presque neuf. Je me souviens d’avoir exposé dans la salle avec le mur en crémage à gâteau! C’est assurément l’endroit où j’ai essayé le plus de choses dans ma carrière, rigole-t-il. En 1989, j’avais installé une piscine. En 1994, j’avais 50 chandelles qui devaient rester allumées dans l’exposition. Aujourd’hui, on ne pourrait plus faire quelque chose comme ça avec les consignes de sécurité. Ç’a été un magnifique terrain de jeu pour moi.»

Pour l’exposition Voile de peau, il a trouvé les salles aux dimensions idéales pour ce qu’il cherchait à faire. «On entre et les installations prennent toute la place. On ne peut voir la globalité du corps présenté. Je montre le corps en entier mais on ne peut en voir que des portions. La salle ici a exactement la dimension pour permettre ça. C’est une salle magnifique que j’aime vraiment beaucoup.»

Ces corps féminins nus qui défient la gravité constituent une indéniable récurrence dans l’œuvre de Guy Langevin qui assume pleinement cette analyse. «Je m’y suis arrêté il n’y a pas si longtemps et c’est parfaitement vrai qu’il y a dans ma carrière une cohérence folle. En 40 ans, j’ai souvent fait les mêmes choses, tourné autour des mêmes idées et encore aujourd’hui. Je ne le vois pas comme un problème mais comme la manifestation que j’ai toujours été fidèle à ce qui m’habitait profondément. Pour moi, une carrière n’est pas linéaire. S’il fallait l’illustrer, je verrais la carapace du colimaçon. On tourne autour du cœur pendant toute sa vie et plus on tourne, plus on se rapproche de soi.»

Les visiteurs au Centre d’exposition Raymond-Lasnier se verront offrir un petit document qui permet d’avoir accès plus profondément à l’approche et au travail de l’artiste. L’outil de médiation a été conçu avec l’originalité et l’intelligence qu’il faut bien reconnaître à l’équipe du centre. Il se présente comme un abécédaire des termes qui définissent le travail de Guy Langevin. On l’a appelé L’encyclopé...Guy. C’est bien fait, pertinent, sympathique et fort utile.

Et gratuit!