À l’approche de la soirée d’ouverture du FestiVoix le 27 juin, le directeur général Thomas Grégoire s’active avec toute son équipe à superviser la mise en place des installations et à voir à tous les détails qui feront que le public connaîtra une belle expérience lors de l’événement.

Rester à la hauteur

Trois-Rivières — On ne s’arrête pas très souvent à penser que derrière son rôle de directeur général du FestiVoix, Thomas Grégoire est, en fait, le maître d’œuvre d’une dynamique PME qui, ces jours-ci, tourne à plein régime.

Mine de rien, l’organisation compte une dizaine d’employés permanents, dont deux seuls hommes. À l’approche de la tenue de l’événement, on compte une équipe de quelque 28 personnes pour assurer le montage des infrastructures auxquels s’ajoutent, dès le début du FestiVoix, une centaine d’employés sans compter quelque 430 bénévoles. Et on ne compte pas les employés dans les bars.

Ainsi armé et avec le succès que connaît le festival qui, rappelons-le, a écoulé ses 16 500 passeports en un temps record cette année, on se dit que Grégoire peut voir venir la 26e édition avec sérénité. Ce n’est pourtant pas le cas. Le directeur général est fébrile et habité par le désir d’être à la hauteur de la confiance que manifeste le public à l’endroit du grand rassemblement populaire de l’été à Trois-Rivières. «C’est une année de défi, confiait-il en entrevue plus tôt cette semaine en gardant un œil sur le boulot de ses équipes d’installateurs. Évidemment, être complet pour la vente des passeports, c’est magique et ça nous procure l’énergie nécessaire pour affronter le défi mais voilà: il faut être à la hauteur de cette confiance.»

Comme c’est le cas à chaque édition, on a revu les plans des installations pour offrir davantage de confort et plus de places aux spectateurs. De nouvelles infrastructures s’ajoutent également chaque année. En 2019, l’Espace Castel situé dans la cour de l’église St. James attirera l’attention et ajoutera un volet supplémentaire à L’expérience des festivaliers tout comme le Quai Sun Life aménagé sur le bord du fleuve à la Place d’accueil la où la radio FestiVoix a déjà ses quartiers. «Ce sera un espace où les gens pourront venir s’asseoir tranquillement pour prendre un verre avant ou après les spectacles et certains soirs, on y entendra un DJ», explique le grand manitou de l’événement. On note que les gens ont de plus en plus tendance à arriver tôt sur nos sites pour prolonger l’expérience et on veut répondre à cette volonté.»

«Encore là, c’est un défi: on n’aura pas le luxe de tester nos installations avant pour s’assurer que ça réponde pleinement aux envies des visiteurs. On y va avec notre expertise et le souci de toujours améliorer l’expérience que les festivaliers vont vivre. C’est aussi ça, le FestiVoix. D’où notre désir de mettre en scène le magnifique patrimoine bâti et naturel dans lequel nous nous inscrivons. Ce sont seize sites différents qu’on offre aux visiteurs et nous nous devons d’occuper chacun au mieux selon son cadre tout en trouvant la musique qui s’y intègre le mieux.»

«Le FestiVoix, ce n’est pas qu’une exceptionnelle programmation musicale: c’est toute une ambiance, dit le directeur général dont l’implication va jusqu’à travailler au design du mobilier mis à la disposition de ses visiteurs. On parie de plus en plus sur l’excellence de l’expérience culinaire. Il y a d’une part les différents restaurants du centre-ville où énormément de festivaliers vont manger mais également le site du Jardin des Ursulines où on retrouvera Fouquet Morel, le Castel, YUZU Sushis, Banh Thai, la Boulangerie de Trois-Rivières ou le Déli-Candy sans compter le BBQ de la Maison de débauche sur le site du Trou du Diable dans la cour de la vieille prison. Et tout ça dans un coin de la ville où les voitures ne circulent plus et où les vélos-taxis emmènent les gens d’un endroit à l’autre.»

«Pas question de se contenter de planter une scène sur un site et d’y mettre de la musique sinon, les gens pourraient aller n’importe où ailleurs pour obtenir la même chose. Tous nos sites doivent avoir une âme et on fait le maximum pour donner à toutes nos infrastructures non permanentes une esthétique la plus chouette possible; c’est important ce que les gens voient en plus de ce qu’ils entendent.»

La croissance

Tout le monde convient que le FestiVoix a connu une croissance enviable, particulièrement au cours des dernières années. On vend désormais tous les passeports, dont on a d’ailleurs augmenté le nombre de 15 000 à 16 500, et ce, avant même la fin de la période de prévente. Logiquement dans les circonstances, le budget a considérablement augmenté. «Tout ça est dû au travail des équipes dans les années précédentes mais c’est un enchaînement: plus les gens nous font confiance, plus on est en mesure d’investir. Dans la programmation, bien sûr, mais aussi dans l’aménagement des sites et dans le travail de toute l’équipe. Oui, on connaît une croissance importante par contre, ce n’est pas arrivé comme une surprise. Sans prétention, je peux dire que nous avions planifié cette progression mais elle est survenue plus rapidement qu’on l’avait prévu.»

«Nous sommes présentement dans la première année d’un plan stratégique de développement qui s’étend jusqu’en 2021. C’est important de grandir mais en conservant notre identité basée sur l’accessibilité, la valorisation de la ville et une valorisation également d’autres formes artistiques. Je pense aux arts visuels dans le tunnel menant à la scène principale puisque nous y présenterons une nouvelle œuvre inédite cette année.»

Thomas Grégoire est parfaitement conscient que le FestiVoix est non seulement un événement culturel d’importance, mais aussi un événement social. «Pendant neuf jours, un secteur de la ville est un peu différent et c’est un prétexte à créer des rencontres entre gens de classes et d’origines diverses. C’est une fierté pour nous: on travaille avec et pour la communauté. Ça se manifeste de plusieurs façons. D’abord, pendant l’événement, les gens viennent, se retrouvent entre amis, en famille, ils amènent des gens de l’extérieur, etc. Nous avons aussi des partenariats avec beaucoup d’entreprises d’ici qui nous amènent de nombreux bénévoles.»

«Nous sommes super impliqués dans la communauté, à travers des dons de billets, des visites dans les écoles, etc. J’ai toujours cru, et j’espère que le FestiVoix le démontre dans un modèle d’affaires particulier, qu’on pouvait à la fois faire de la culture populaire et pointue, s’impliquer socialement dans la communauté tout en étant performant et rentable économiquement.»

Nouvelles consignes

Il est sans doute pertinent d’indiquer aux festivaliers de nouvelles règles comme l’interdiction de chaises pliantes sur tous les sites pendant l’événement 2019. On a cependant agrandi l’espace réservé pour la location de chaises devant la scène principale. «On a créé beaucoup plus de nouvelles places assises à louer qu’il n’y avait de places pour des chaises pliantes l’an dernier, évalue le dg. Ça va aussi évoluer selon les spectacles présentés puisque pour certains d’entre eux, on n’aura que des places debout.»

La zone 25 demeure mais on en ouvrira l’accès aux bénévoles du FestiVoix de sorte que le grand public y sera bienvenu selon la règle du premier arrivé, premier servi.

Une situation nouvelle est créée par la légalisation du cannabis. La direction du FestiVoix a décidé de se conformer à ce que la loi permet pour la cigarette. En deux mots, on peut fumer du cannabis là où on peut fumer la cigarette. Au Bistro SAQ, par exemple, on ne peut pas fumer. Une signalisation en informera les festivaliers. La légalisation du cannabis n’inquiète nullement Thomas Grégoire qui soutient que la clientèle du FestiVoix s’est toujours caractérisée par son comportement raisonnable et respectueux.

Par ailleurs, comme on a vendu tous les passeports, certains pourraient croire qu’il pourrait y avoir plus de spectateurs sur les sites. Thomas Grégoire ne le croit pas. «La caractéristique de notre événement, c’est de se dérouler sur plusieurs sites et on a constaté que les gens se répartissent sur les différents lieux. Tous les détenteurs de passeports ne se retrouvent pas ensemble sur un même site. On demeure toujours vigilants pour conserver des couloirs de sécurité et assurer une évacuation sécuritaire des sites en cas d’urgence. Dans les cas les plus extrêmes, on se donne la liberté de fermer le site principal si on juge qu’on a atteint la limite sécuritaire. On ne peut jamais prévoir les spectacles les plus courus parce que la météo demeure prépondérante mais les spectacles de Marc Dupré ou de 2 Frères devraient être très populaires et The Offspring va évidemment constituer une énorme attraction. Par contre je soupçonne qu’un bon nombre de festivaliers vont venir jeter un coup d’œil au spectacle mais comme ça ne conviendra pas à tous, plusieurs vont quitter rapidement assurant un constant mouvement de public. Et puis, on a de plus en plus de zones avec écrans géants pour ne rien rater.»

«Ce serait une erreur de ne regarder le FestiVoix qu’en fonction de sa scène principale. C’est devenu tellement plus que ça.»