C’est au quatuor trifluvien QW4RTZ qu’est revenu l’honneur de relancer les arts de la scène à la salle Thompson vendredi dans un spectacle en personne profondément réjouissant.
C’est au quatuor trifluvien QW4RTZ qu’est revenu l’honneur de relancer les arts de la scène à la salle Thompson vendredi dans un spectacle en personne profondément réjouissant.

Réouverture de la salle Thompson: du QW4RTZ absolument étincelant

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
Trois-Rivières – Le coup d’envoi de la saison culturelle d’automne COVID a été donné vendredi soir de jubilatoire façon à la salle Thompson. Si le spectacle de QW4RTZ est le moindrement un indice de ce qui s’en vient dans les prochaines semaines, ce sera carrément jouissif de reprendre le chemin des salles de spectacle.

Entendons-nous bien : c’est un retour profondément réjouissant, d’accord, une fête, bien sûr, mais ce n’est certainement pas un retour à ce que les spectacles étaient avant la COVID. C’est une reprise sous conditions : il est impérieux de respecter les normes sanitaires. L’équipe de Culture Trois-Rivières a mis en place un protocole rigoureux : limite de 250 spectateurs répartis sur le parterre et le balcon, déplacements régis par des sens imposés, port du masque dès qu’on se déplace, deux mètres minimum de distance entre les individus. Cette dernière contrainte implique qu’une rangée sur deux peut être occupée et que trois sièges séparent latéralement individus ou ménages différents.

Soyons honnête : ça dégarnit une salle. Il y a cependant un antidote à la potentielle froideur: un spectacle comme celui de QW4RTZ. Toujours d’un professionnalisme exemplaire, le quatuor a conçu pour l’occasion une offre originale, inspirée et brillante pour marquer son propre retour sur scène et celui de son public dans la salle emblématique de sa ville d’origine. Une grosse grimace à la COVID, ce spectacle. Pas pour la nier : pour l’apprivoiser, se faire du fun malgré tout, dans les limites dictées par la sécurité et le bon sens.

On a beau suivre le groupe chouchou d’assez près, on n’a pas le recul pour mesurer son évolution au cours de ses dix ans d’existence. Avec Quatre gars, quatre micros, deux mètres ils y ont pensé et fait l’exercice pour nous. Le spectacle de 60 minutes débutait avec The Lion Sleeps Tonight, leur tout premier numéro d’abord présenté en une parodie d’eux-même à leurs débuts pour se terminer avec la spectaculaire progression qui marque la version 2020.

L’idée de base étant de célébrer son 10e anniversaire, le groupe a notamment proposé au public de choisir certaines chansons du spectacle par l’intermédiaire d’un sondage en ligne et en direct. Au son d’un jingle de son cru, un choix de chansons apparaissait sur deux écrans géants et les gens votaient en direct via leur téléphone. Dit comme ça, ça n’a l’air de rien mais c’est une idée formidable. C’était irrésistiblement drôle et sympathique de voir l’évolution du vote s’afficher par des graphiques en temps réel.

L’évolution de QW4RTZ, c’est aussi l’imposition d’un humour irrésistible. Badin, plein de candeur mais efficace et de plus en plus sophistiqué avec les années qui passent. Ce mélange d’humour assumé et franchement rafraîchissant qui se mêle à une musique de mieux en mieux interprétée, c’est l’identité QW4RTZ. Avec des surprises, des invités comme le Choeur Claude-Thompson absolument magnifique en support choral pour deux chansons, des idées, un contact simple et vrai avec le public, du charme, leur spectacle de vendredi, c’était du QW4RTZ 24 carats.

Est-ce qu’on utilise les carats pour parler du quartz? Peut-être pas, mais je m’en fous, j’aime ma phrase.

Du 24 carats donc, et Dieu que ça faisait du bien. Non seulement de retrouver le spectacle vivant mais une vie qui nous a échappé pendant quelques mois. Rire, s’émouvoir, s’éclater en compagnie d’artistes qui nous touchent et partager l’expérience avec 249 autres personnes aussi heureuses que soi de sentir vibrer une corde intérieure silencieuse depuis trop longtemps.

Une ovation debout et émue au terme de Hallelujah de Leonard Cohen, vous n’avez pas idée comme c’est beau. À 250, quand ça vient directement des tripes, c’est comme à 50 000. Exactement pareil. C’est juste moins fort pour les oreilles, mais c’est quoi les oreilles en comparaison du cœur?

C’était le spectacle parfait dans les circonstances. QW4RTZ a été le premier vaccin incontestablement efficace pour supplanter la COVID le temps d’une soirée. Ou peut-être plus, on verra.

Cela dit, il y en aura d’autres, des spectacles. «C’est un retour des arts vivants à la salle J.-A.-Thompson avait expliqué la directrice des arts de la scène Mélanie Brisebois, en après-midi, vendredi. C’est une soirée exceptionnelle de fébrilité et de fierté pour toute l’équipe qui a travaillé vraiment très fort. C’est une super journée.»

À l’heure actuelle, quatre spectacles sont prévus dans la série On célèbre le retour en salle sur scène. En plus de QW4RTZ qui reviendra en novembre soit dit en passant, on a le spectacle d’humour Projet parallèle, la lecture théâtrale de Bang et le spectacle Les Trifluviennes arrivent en ville. D’autres spectacles qui n’avaient pas été annulés dans d’autres salles de Trois-Rivières vont aussi être présentés à la salle Thompson au cours des prochaines semaines.

«On a plusieurs choses pour septembre et octobre mais on continue de travailler à bonifier l’offre. On y va mois par mois parce que les mesures gouvernementales peuvent changer tellement rapidement et on ne veut pas se retrouver à reporter de nouveaux des spectacles en réaction à de nouvelles mesures. Les ventes vont très bien mais j’ai hâte que les gens vivent cette première expérience de ce soir et découvrent tout ce qui a été mis en place pour assurer leur sécurité.»